Extrait de la pochette de "Sang Chaud" par La Fraicheur & Léonard de Léonard

Ça sort aujourd’hui : vendredi 25 octobre

C’est ven­dre­di, c’est jour de sor­tie ! Vu qu’il est par­fois dif­fi­cile de s’y retrou­ver avec tous les dis­ques qui sor­tent chaque semaine, Tsu­gi a décidé de vous faciliter la tâche en vous faisant une petite sélec­tion de galettes – LPs et EPs con­fon­dus – qui vien­nent de paraître et qui nous font vrai­ment envie : voici donc de quoi accom­pa­g­n­er votre week-end avec l’indie pop toute douce de Kon­rad­sen, un come-back d’In­ner City from Detroit, un EP obscur de DJ Richard, la bande sonore créée par Chris­tine Ott & Torsten Böttch­er, le vio­lon féérique du duo Corde, l’acid tech­no de La Fraicheur & Léonard de Léonard ain­si que le LP synth pop de TWINS.

Konradsen — Saints and Sebastian Stories [Su Tissue , INgrooves]

Un piano, une voix douce et quelques couch­es élec­tron­iques, par­fois il ne faut pas plus que ça pour don­ner des fris­sons et trans­met­tre des émo­tions. C’est le cas du pre­mier album de Kon­rad­sen, duo norvégien com­posé de la chanteuse et pianiste Jen­ny Marie Sabel, et du multi-instrumentiste Erik Vild­gren. Saints and Sebas­t­ian Sto­ries est un LP intime. Les inter­ludes “Big Bruce” et “Cos­mic Kid Vibra­tion” exposent des extraits de con­ver­sa­tions famil­iales enreg­istrées et don­nent l’im­pres­sion d’en­tr­er dans l’u­nivers per­son­nel de Kon­rad­sen. L’aspect mélan­col­ique réside dans la déli­catesse du piano asso­ciée à des voix d’amis proches et de sam­ples parsemés au long de l’al­bum. “Nous con­sid­érons vrai­ment cette musique comme une musique com­mu­nau­taire, quelque chose de très intime”, explique Sabel, “Et nous souhaitions partager cet esprit non seule­ment au tra­vers de nos paroles, mais aus­si via les sons et les per­son­nes du groupe.” Le coup de coeur de l’al­bum ? “Warm Wine”. Ce titre est l’en­reg­istrement du pre­mier jet du duo à l’é­coute de ce que leur a envoyé Erlend, un de leur ami bassiste. Ça donne le sen­ti­ment d’as­sis­ter à la ses­sion stu­dio. On déguste le tout avec un choco­lat chaud au coin du feu et on est paré pour l’hiv­er.

Inner City — Believe [Armada Music]

Quand l’un des pio­nniers de la tech­no sort un sin­gle, un EP ou un LP, on se doit d’en par­ler. Kevin Saun­der­son s’al­lie à son fils Santiez et à la chanteuse rock Stef­fanie Christi’an. Le trio annonce “Believe”, un petit sin­gle house à la lim­ite de l’EDM de même pas 3 min­utes. Ce trio a célébré sa (re)naissance (parce qu’In­ner City, ça existe depuis 1987) ain­si que les 30 ans du sin­gle “Good Life” avec une tournée en Europe. Ils sont passés par Le Petit Salon et La Clair­ière en France. Mais Kevin Saun­der­son ne veut pas faire par­tie du passé : “Ma vision pour Inner City n’est pas d’être un influ­ent groupe du passé mais de devenir un groupe d’au­jour­d’hui et qui regarde vers le futur.” Le futur te regarde Kevin, mets des pail­lettes dans nos vies.

DJ Richard — Eraser [Flexxseal]

DJ Richard pro­pose un nou­v­el EP sur le label Flexxseal soit qua­tre titres d’EBM aux influ­ences mul­ti­ples. Le pro­duc­teur ne veut pas se can­ton­ner à un seul style donc il mélange un peu de sonorités tech­no, big beat et post-punk. Toutes ces dif­férences se ressen­tent effec­tive­ment dans les morceaux de l’EP. Il com­mence par “Crit­i­cal Dam­age” avec des gross­es bass­es sat­urées et alterne avec des moments plus doux de nappes un tan­ti­net inquié­tantes. DJ Richard con­tin­ue dans une veine plus tech­no et acid dans “Eras­er”, le rythme, breaké, s’ac­célère. Et il ralen­tit de nou­veau sur “His Thresh­ing Floor”, accom­pa­g­né de vibra­tions obscures. “Cas­ca’s Theme” con­clut l’EP avec ses sonorités dis­tor­dues sat­urées. C’est indus­triel, som­bre et sur­prenant, de quoi vous met­tre une petite claque audi­tive.

Christine Ott & Torsten Böttcher — Nanook Of The North [Gizeh Records]

Direc­tion les grands espaces et le vaste nord cana­di­en. Pour ce nou­v­el album, la pianiste Chris­tine Ott (recon­nue pour sa maîtrise des Ondes Martenot) a com­posé avec Torsten Böttch­er une bande orig­i­nale pour le film de Robert Fla­her­ty inti­t­ulé Nanook of the North (1922). Le long-métrage racon­te les joies et les peines du quo­ti­di­en d’une famille Esquimau de la baie d’Hud­son. Ce pro­jet de bande sonore vient d’une com­mande réal­isée en 2013 par le Fes­ti­val Inter­na­tion­al du Film de La Rochelle auprès de Chris­tine Ott. Qua­torze com­po­si­tions néo­clas­siques à l’am­biance très acous­tique obtenue grâce aux dif­férents instru­ments util­isés. Il y a bien évide­ment le piano de Ott mais égale­ment des sonorités plus organiques telles que des bruits de marteaux, de peaux, de vent ou des petites per­cus­sions. Les morceaux col­lent par­faite­ment à l’at­mo­sphère du film et il suf­fit de fer­mer les yeux pour être directe­ment plongé dans le nord polaire, aux côtés de Nanouk et sa famille. Il ne reste plus qu’à bien se cou­vrir.

Le film Nanook of the North de Robert Fla­her­ty est disponible en cli­quant juste ici

Corde — Concorde [Vailloline Records]

Vio­lon et musique élec­tron­ique. C’est le mélange déton­nant que pro­pose le duo lil­lois Corde avec son pre­mier EP inti­t­ulé Con­corde. Les deux musi­ciens dévelop­pent une musique très sug­ges­tive dans laque­lle les envolées de vio­lon sont con­tre­bal­ancées par des beats puis­sants. Il y a une atmo­sphère onirique et mys­térieuse qui s’échappe de ces cinq morceaux, comme si l’on était plongé dans un univers mag­ique. Un choix assumé par le duo qui déclare : “Ce pre­mier Ep, nous l’avons voulu nar­ratif. L’his­toire est per­cep­ti­ble, un per­son­nage partage ses peurs pro­fondes : l’ab­sence d’un être cher, le dés­espoir, et se laisse allé­gre­ment con­sumer par ses pas­sions. Tout se passe au bord de la mer, dans les embruns, la nuit”. Un maxi imagé qui donne une bonne dose de féérie au quo­ti­di­en.

En bonus, le clip rêveur de “Elvis Has Left The Build­ing” est disponible en cli­quant juste ici

La Fraicheur & Léonard de Léonard — Sang chaud [Leonizer Records]

Alors qu’elle a retourné le parc de La Vil­lette ven­dre­di dernier lors de la soirée Arte Mix o Tra­ben­do, la DJ et pro­duc­trice française La Fraicheur est de retour avec son nou­v­el EP ten­drement nom­mé Sang Chaud. En col­lab­o­ra­tion avec pro­duc­teur français Léonard de Léonard, elle pro­pose ce maxi très incisif. Sept tracks tech­no incan­des­cent avec deux mix­es orig­in­aux — “Sang chaud” et “Sang froid” — et cinq remix­es par de beaux noms de la scène élec­tron­ique comme Call­ing Mar­i­an, Modig, Car­avel, Kor­ros & Porteix ou encore 2+2=5. Ama­teurs de bonnes bass­es et d’acid tech­no, vous avez trou­vé votre graal de la semaine.

Pour retrou­ver le set endi­a­blé de La Fraicheur lors de la soirée Arte Mix o Tra­ben­do, c’est ici que ça se passe. 

TWINSNew Cold Dreams [2MR]

Matt Wein­er, plus con­nu sous l’acronyme TWINS (That Which Is Not Said), est de retour avec son deux­ième album inti­t­ulé New Cold Dreams. Un titre bien trou­vé puisque Wein­er était par­ti com­pos­er le disque à Chica­go l’an­née dernière lors de l’épisode de grand froid qui s’est abat­tu sur les États-Unis. C’est donc au chaud sous une pile de cou­ver­ture qu’il a créé tout cet album, alors que le mer­cure extérieur frôlait les ‑45 degrés Cel­sius. Un coup du des­tin par­fait selon Matt Wein­er qui estime que New Cold Dreams est idéal pour “rester au chaud dans un monde froid”. Il pro­pose dix morceaux aux sonorités très 80’s entre élec­tro som­bre et synth pop élec­trisante. De quoi réchauf­fer les coeurs et les chau­mières à l’ap­proche de l’hiv­er.

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