Chronique : Congopunq — No Guns More Drums

La pre­mière fois qu’on a enten­du Con­gop­unq, on a pen­sé à un loin­tain cousin de Konono n°1, cet orchestre con­go­lais qui trans­forme des vieux alter­na­teurs de voitures et autres jer­ri­cans en likem­bés élec­triques. Il n’en est pour­tant rien. Con­gop­unq est l’initiative de Cyril Atef, moitié du groupe Bum­cel­lo, que l’on a croisé aux côtés de Cheb Mami, M, Brigitte Fontaine. L’éclectisme du per­son­nage et le nom du pro­jet résu­ment l’orientation du disque. No Guns More Drums, sec­ond album de Con­gop­unq, est une ver­sion mod­erne du “faites la musique pas la guerre”.

Une grosse par­touze musi­cale où la pop se fait dézinguer par des rythmes moyen-orientaux (“Lady Gaza” et son titre bien trou­vé), où les vocodeurs rede­vi­en­nent sup­port­a­bles (“Peep­ing Tom”, sorte de Saint-Michel avec quelques expéri­men­ta­tions), où l’électro syn­thé­tique se paie des chœurs féminins (“Shake It All Out”), où l’on croirait enten­dre la dance punk de Yacht en ver­sion acous­tique (“Take Me With You”), et cætera. L’énergie punk et l’improbable mélange des styles don­nent nais­sance à un album où la blague côtoie des textes sérieux (sans que la fron­tière soit tou­jours iden­ti­fi­able) et à un nom­bre con­sid­érable de bâtards faits dans le dos des gen­res con­cernés. Par­fois sub­limes, par­fois ban­cals, ils sont tou­jours irrévéren­cieux et c’est incroy­able­ment rafraîchissant. 

No Guns More Drums (Underdog/La Baleine)