Chronique & écoute : Fort Romeau — Insides

Véri­ta­ble archi­tecte sonore, Fort Romeau s’emploie depuis main­tenant trois ans à con­stru­ire de véri­ta­bles paysages musi­caux. Mais atten­tion, avec ce Bri­tan­nique on est loin de Bri­an Eno et de ses plages de syn­thés aban­don­nées dans un vide sidéral. Adepte du “slow lis­ten­ing”, lit­térale­ment de l‘écoute lente, Fort Romeau est l’un des rares pro­duc­teurs élec­tron­iques à s’épanouir davan­tage sur le for­mat d’un album que dans les empile­ments de max­is. Pour lui, l’attente générée par la con­struc­tion d’un morceau est fondamentale. 

Un album de Fort Romeau ne s’appréhende donc pas comme un enchaîne­ment de tracks qui explosent cha­cun de leur côté au bout de trois min­utes mais plutôt comme un mix, une créa­tion d’ambiances à part entière. Sa dernière sor­tie, Insides, illus­tre par­faite­ment cette philoso­phie et étire sur une cinquan­taine de min­utes une for­mule dont lui seul a le secret, entre house lim­i­naire, abstrac­tions sonores et ful­gu­rances italo-disco. Un bel imbroglio qui invite aus­si bien à l’introspection qu’au déchaîne­ment physique. (Thibault Strzel­czyk)

 

 

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