Contre le harcèlement en soirée, le collectif techno Possession prend des mesures

Com­men­taires inap­pro­priés, har­cèle­ment, agres­sions physiques, les dance­floors ne sont pas tou­jours des zones sans dan­ger pour ses danseurs. Si des asso­ci­a­tions telles que Con­sen­tis, qui promeut la cul­ture du con­sen­te­ment, se bat­tent pour faire chang­er les men­tal­ités et donc com­bat­tre cer­tains com­porte­ments inac­cept­a­bles, il reste encore du tra­vail à faire sur mais aus­si en dehors des dance­floors. Sur les réseaux soci­aux, les témoignages d’a­gres­sions s’y mul­ti­plient, à l’im­age de celui d’une jeune femme, sur le groupe Face­book com­mu­nau­taire Tech­no Flex et Détente, dans lequel elle explique avoir été vic­time d’un “frot­teur” lors de la soirée Pos­ses­sion x Boil­er Room d’il y a quelques semaines.

Une sit­u­a­tion intolérable à laque­lle les pro­fes­sion­nels du monde de la nuit ten­tent de réa­gir. En réponse à cet inci­dent, le col­lec­tif parisien Pos­ses­sion a mis en place une hot­line télé­phonique pour que cha­cun puisse sig­naler tout inci­dent sur­venant au cours de la soirée, vic­time ou témoin.

Con­tac­tée par la rédac­tion de Tsu­gi à ce pro­pos, Mathil­da Meer­schart du col­lec­tif Pos­ses­sion, explique la démarche : “Le but de cette ini­tia­tive est de lut­ter con­tre ces agisse­ments. Plac­ardé sur le lieu de la soirée et com­mu­niqué en amont sur les réseaux soci­aux, il suf­fi­ra d’ap­pel­er le numéro ou d’en­voy­er un tex­to et des mem­bres du staff for­més auprès d’as­so­ci­a­tions comme Con­sen­tis vien­dront pour aider”. Mais que se passe-t-il une fois l’équipe de sec­ours sur place ? Elle répond : ” Si ensuite on est appelé, le but n’est pas d’at­tir­er l’at­ten­tion sur la per­son­ne en tort. Nos bénév­oles for­més pren­dront en charge la vic­time pen­dant que le fau­teur de trou­ble sera rac­com­pa­g­né à la sor­tie de l’événement et sera black-listé de nos soirées”.

Out­re de poten­tiels prob­lèmes de réseau, pour le col­lec­tif, cela n’est pas encore suff­isant et tous dans l’équipe cherchent de nou­velles manières de lut­ter con­tre ces gestes répréhen­si­bles : “Pourquoi pas un QR code ou un fichi­er partagé entre acteurs de la nuit pour que les coupables soient black-listés dans toutes les autres soirées ?”

Le numéro de la hot­line sera com­mu­niqué sur leurs réseaux soci­aux très prochaine­ment et effec­tif dès la prochaine soirée Pos­ses­sion, le 20 décem­bre prochain, ain­si que lors de tous leurs prochains événe­ments.

En France, il existe égale­ment d’autres solu­tions. Comme par exem­ple “Angela”, importée d’An­gleterre en 2017, qui con­siste en un nom de code annon­cé aux bar­mans lorsqu’une per­son­ne se sent harcelée. Elle n’au­ra qu’à deman­der “où est Angela” et l’équipe l’emmènera dans un endroit isolé et calme pour lui pro­pos­er de con­tac­ter quelqu’un, de com­man­der un taxi ou d’ap­pel­er la police. Ce principe est déjà act­if dans plusieurs villes de France comme Rouen, Amiens, Caen ou Reims.

(Vis­ité 799 fois)