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9 décembre 2019

Contre le harcèlement en soirée, le collectif techno Possession prend des mesures

par Paul Delahaye

Commentaires inappropriés, harcèlement, agressions physiques, les dancefloors ne sont pas toujours des zones sans danger pour ses danseurs. Si des associations telles que Consentis, qui promeut la culture du consentement, se battent pour faire changer les mentalités et donc combattre certains comportements inacceptables, il reste encore du travail à faire sur mais aussi en dehors des dancefloors. Sur les réseaux sociaux, les témoignages d’agressions s’y multiplient, à l’image de celui d’une jeune femme, sur le groupe Facebook communautaire Techno Flex et Détente, dans lequel elle explique avoir été victime d’un « frotteur » lors de la soirée Possession x Boiler Room d’il y a quelques semaines.

Une situation intolérable à laquelle les professionnels du monde de la nuit tentent de réagir. En réponse à cet incident, le collectif parisien Possession a mis en place une hotline téléphonique pour que chacun puisse signaler tout incident survenant au cours de la soirée, victime ou témoin.

Contactée par la rédaction de Tsugi à ce propos, Mathilda Meerschart du collectif Possession, explique la démarche : « Le but de cette initiative est de lutter contre ces agissements. Placardé sur le lieu de la soirée et communiqué en amont sur les réseaux sociaux, il suffira d’appeler le numéro ou d’envoyer un texto et des membres du staff formés auprès d’associations comme Consentis viendront pour aider« . Mais que se passe-t-il une fois l’équipe de secours sur place ? Elle répond :  » Si ensuite on est appelé, le but n’est pas d’attirer l’attention sur la personne en tort. Nos bénévoles formés prendront en charge la victime pendant que le fauteur de trouble sera raccompagné à la sortie de l’événement et sera black-listé de nos soirées ».

Outre de potentiels problèmes de réseau, pour le collectif, cela n’est pas encore suffisant et tous dans l’équipe cherchent de nouvelles manières de lutter contre ces gestes répréhensibles : « Pourquoi pas un QR code ou un fichier partagé entre acteurs de la nuit pour que les coupables soient black-listés dans toutes les autres soirées ? »

Le numéro de la hotline sera communiqué sur leurs réseaux sociaux très prochainement et effectif dès la prochaine soirée Possession, le 20 décembre prochain, ainsi que lors de tous leurs prochains événements.

En France, il existe également d’autres solutions. Comme par exemple « Angela », importée d’Angleterre en 2017, qui consiste en un nom de code annoncé aux barmans lorsqu’une personne se sent harcelée. Elle n’aura qu’à demander « où est Angela » et l’équipe l’emmènera dans un endroit isolé et calme pour lui proposer de contacter quelqu’un, de commander un taxi ou d’appeler la police. Ce principe est déjà actif dans plusieurs villes de France comme Rouen, Amiens, Caen ou Reims.

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