Coup de pouce : 2nd Blood

Par­fois, on tombe dans nos mails ou totale­ment par hasard sur un morceau, un artiste ou un clip qui nous colle à notre chaise. Alors on en par­le, tout sim­ple­ment, comme ici avec 2nd Blood et son EP “Run­ning Blind”. Ce sont les “coups de pouce” de la rédac’.

2nd Blood : à moins que vous ne soyez fan de Ram­bo ou de films d’action koweï­tiens, ce nom vous est cer­taine­ment incon­nu. C’est surtout le nom du nou­veau pro­jet du Danois Silas Tin­glef, musi­cien, auteur et pro­duc­teur qui n’a plus rien à prou­ver à la scène de Copen­h­ague. Il fait d’abord ses armes en étant la moitié du groupe Howl Baby Howl jusqu’en 2013 : rock gras, mèch­es blondes liss­es et inspi­ra­tions aus­trali­ennes. Plus tard, il enchaîne les tournées avec The Raveonettes, Jacob Bel­lens, The Aster­oids Galaxy Tour et Trentemøller où il joue en tant que bat­teur et/ou gui­tariste… Mais Silas Tin­glef n’oublie pas de tra­vailler dis­crète­ment dans son coin. Vire­voltant dans des com­po­si­tions entre pop, musique élec­tron­ique habitée et punk grinçant, il vient de dévoil­er son pre­mier pro­jet solo depuis 11 ans : l’EP Run­ning Blind signé chez In My Room, le label d’Anders Trentemøller qui a d’ailleurs pro­duit et mixé ce disque de 2nd Blood.

Dès l’ouverture, “Show­time” installe un kick bien lent sur lequel vien­nent s’installer des choeurs et une gui­tare bour­rée d’écho, jusqu’à la mon­tée furieuse de cris tor­turés et d’une basse ultra‐lourde… De quoi réveiller les derniers qui pou­vaient som­nol­er dans le fond de l’assistance. “Turn It Back” est un morceau post‐punk sur un tem­po relevé, avec une ambiance générale qui rap­pelle les pre­miers albums de Foals. Vient alors l’incroyable “How Far Can The Moun­tains See”, avec ses effets baro­ques et sa ligne de basse qu’on suiv­rait jusqu’au bout du monde : c’est som­bre et dra­ma­tique, sim­ple et com­plexe à la fois. Pour con­clure cet EP, Tin­glef mise sur des valeurs sûres avec “Tides” et sa ryth­mique accrocheuse, puis la pop effi­cace de “Type 9000”. Ponc­tuée par des voix feu­trées pra­tique­ment chimériques et par des gui­tares et de syn­thés énervés, la chan­son s’est même offert un clip fasci­nant :

Pre­mier disque pour un sec­ond sang, Run­ning Blind est un slalom con­stant entre le punk rock, la pop psy­ché léchée de Tame Impala, avec la même fougue élec­tron­ique indé désor­gan­isée qu’on retrou­verait chez Quadrupède, Papi­er Tigre ou Chromb!. C’est assez con­stru­it et tra­vail­lé pour l’oreille, suff­isam­ment bar­ré et énervé pour retourn­er le cerveau… Alors on attend déjà la suite.

L’EP est disponible en suiv­ant ce lien. Plus d’infos sur la page Face­book de 2nd Blood

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