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18 septembre 2018

Coup de pouce : 2nd Blood

par Corentin Fraisse

Parfois, on tombe dans nos mails ou totalement par hasard sur un morceau, un artiste ou un clip qui nous colle à notre chaise. Alors on en parle, tout simplement, comme ici avec 2nd Blood et son EP « Running Blind ». Ce sont les “coups de pouce” de la rédac’.

2nd Blood : à moins que vous ne soyez fan de Rambo ou de films d’action koweïtiens, ce nom vous est certainement inconnu. C’est surtout le nom du nouveau projet du Danois Silas Tinglef, musicien, auteur et producteur qui n’a plus rien à prouver à la scène de Copenhague. Il fait d’abord ses armes en étant la moitié du groupe Howl Baby Howl jusqu’en 2013 : rock gras, mèches blondes lisses et inspirations australiennes. Plus tard, il enchaîne les tournées avec The Raveonettes, Jacob Bellens, The Asteroids Galaxy Tour et Trentemøller où il joue en tant que batteur et/ou guitariste… Mais Silas Tinglef n’oublie pas de travailler discrètement dans son coin. Virevoltant dans des compositions entre pop, musique électronique habitée et punk grinçant, il vient de dévoiler son premier projet solo depuis 11 ans : l’EP Running Blind signé chez In My Room, le label d’Anders Trentemøller qui a d’ailleurs produit et mixé ce disque de 2nd Blood.

Dès l’ouverture, « Showtime » installe un kick bien lent sur lequel viennent s’installer des choeurs et une guitare bourrée d’écho, jusqu’à la montée furieuse de cris torturés et d’une basse ultra-lourde… De quoi réveiller les derniers qui pouvaient somnoler dans le fond de l’assistance. « Turn It Back » est un morceau post-punk sur un tempo relevé, avec une ambiance générale qui rappelle les premiers albums de Foals. Vient alors l’incroyable « How Far Can The Mountains See », avec ses effets baroques et sa ligne de basse qu’on suivrait jusqu’au bout du monde : c’est sombre et dramatique, simple et complexe à la fois. Pour conclure cet EP, Tinglef mise sur des valeurs sûres avec « Tides » et sa rythmique accrocheuse, puis la pop efficace de « Type 9000 ». Ponctuée par des voix feutrées pratiquement chimériques et par des guitares et de synthés énervés, la chanson s’est même offert un clip fascinant :

Premier disque pour un second sang, Running Blind est un slalom constant entre le punk rock, la pop psyché léchée de Tame Impala, avec la même fougue électronique indé désorganisée qu’on retrouverait chez Quadrupède, Papier Tigre ou Chromb!. C’est assez construit et travaillé pour l’oreille, suffisamment barré et énervé pour retourner le cerveau… Alors on attend déjà la suite.

L’EP est disponible en suivant ce lien. Plus d’infos sur la page Facebook de 2nd Blood

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