Coup de pouce : Psychoplasmics

Par­fois, on tombe dans nos mails ou totale­ment par hasard sur un morceau, un artiste ou un clip qui nous colle à notre chaise. Alors on en par­le, tout sim­ple­ment, comme ici avec Psy­choplas­mics et leur album du même nom. Ce sont les “coups de pouce” de la rédac’.

Quand le nom d’un groupe est tiré d’une méth­ode de psy­chi­a­trie fic­tive sor­tie de la tête de David Cro­nen­berg, on se doute qu’on ne va pas tomber sur quelque chose de com­mun. Les Islandais du duo Psy­choplas­mics con­fir­ment cette théorie. Pour leur pre­mier album, Lord Puss­whip et Alfred Drexler délivrent dix morceaux d’un hip-hop élec­tron­ique piochant aus­si bien dans la trap music que dans le screwed and chopped (manière de remix­er des morceaux de rap en ralen­tis­sant le tem­po et en faisant des boucles sur cer­tains pas­sages), mais aus­si dans des sonorités davan­tage exploitées dans la club-music.

Le son est glob­ale­ment lo-fi. Ça grésille, c’est volon­taire et assumé. L’al­bum s’ou­vre avec “107 RVK”, une intro hip-hop qui bas­cule sur un pas­sage accéléré dans l’e­sprit ghetto-house avant de retourn­er sur quelque chose de beau­coup plus ralen­ti. Une entrée en matière qui annonce la moder­nité de l’ap­proche. “Miran­da” sonne ensuite comme un hom­mage à Three Six Mafia, qui s’ac­célère là encore, car­ac­térisant l’ap­pétit du groupe pour le fait de décloi­son­ner le hip-hop. “De Pijp” est un hymne du cloud rap qui n’at­tend plus qu’un gamin plein de tatouages sur la tronche ne vienne y pos­er quelques mots. “Wavey Fri­day” aurait pu être pro­duit par Lil Ugly Mane, et le “Dol­phin’s Delight” en fea­tur­ing avec Indri­di et Nnam­di Umez à des allures d’hom­mage au regret­té DJ Screw. Cinq morceaux plus tard, l’es­sai prend fin sur “Berlin Nights”, track house bien rugueuse façon Del­roy Edwards ou Steven Julien, comme pour con­necter un album de hip-hop mod­erne avec la scène élec­tron­ique alter­na­tive. Si ces passerelles exis­tent déjà, le rôle des Psy­choplas­mics est d’abolir des fron­tières néan­moins per­sis­tantes au tra­vers de ce pre­mier disque tout en relief, où les bass­es grog­nent et les syn­thés pleurent.

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