Villa Plages, à la villa Rothschild de Cannes

Covid et festivals : comment se relever quand on est l’un des plus gros orga de France

Pan­da Events, l’ac­teur incon­tourn­able de l’évène­men­tiel sur la Côte d’Azur, compte cet été plus d’événe­ments que de doigts. Une prouesse réal­isée en un temps record et après une année Covid qui a tout boulever­sé. Pour le pire mais aus­si pour le meilleur. Rencontre.

Cela fait 13 années que les équipes de Pan­da Events se démè­nent pour pro­pos­er un max­i­mum d’évène­ments de qual­ité sur des villes comme Nice, Mar­seille, Cannes ou même Essaouira au Maroc. Cette année, la pandémie a boulever­sé cer­tains plans prévus pour l’été, comme l’in­con­tourn­able fes­ti­val des Plages Elec­tron­iques. Mais Pan­da Events – comme beau­coup d’autres fes­ti­vals – ont su rebondir et s’adapter aux restric­tions san­i­taires en pro­posant de nou­veaux for­mats, dans de nou­veaux lieux, se renou­ve­lant au pas­sage et illus­trant le puis­sant pro­pos de Marie Sabot (We Love Green) : “Quand on est pro­gram­ma­teur de fes­ti­val, on n’a pas peur, on agit.”

Des livestreams d’artistes depuis un yacht ou un musée niçois, des après-midis en open-airs dans un cen­tre cul­turel ou encore le con­cept inédit de la Vil­la Plages du 5 au 8 août à la grandiose Vil­la Roth­schild de Cannes, les pan­das ont eu de la suite dans les idées. Matthieu Coro­sine, chargé de développe­ment pour Pan­da Events, nous racon­te com­ment ils ont passé cette dernière année éprou­vante et com­ment est-ce qu’on s’en relève, surtout lorsque l’on est l’un des plus gros faiseurs d’événe­ments de France.

Panda Events

Matthieu Coro­sine, chargé de développe­ment pour Pan­da Events / ©Alexan­dre Macchi

Com­ment s’est passée cette année pour vous ? 

Cette année Covid a été rem­plie de hauts et de bas. Pas mal de bas quand même. Elle a été pleine d’incertitude et rem­plie de fausse joie et d’incompréhension. Les sen­ti­ments étaient très mit­igés. Nous avons eu beau­coup de moments de frus­tra­tion. Nous n’avions pas de réelles indi­ca­tions, nous ne savions pas dans quelles mesures et con­di­tions nous pou­vions repren­dre du ser­vice suite aux annonces gou­verne­men­tale. Nous étions comme des ani­maux dans un labyrinthe. Mais cette incer­ti­tude, c’est notre méti­er ; l’évènementiel et la cul­ture sont tou­jours signe d’incertitude. Il faut man­ag­er des risques en per­ma­nence. Seule­ment là, l’adversité cou­plée à l’incertitude, c’était vrai­ment dur. Mais cette année a aus­si été super béné­fique car nous avons eu le temps de se restruc­tur­er et de réfléchir à plein de projets.

Nous étions comme des ani­maux dans un labyrinthe. Mais cette incer­ti­tude, c’est notre métier.”

Com­ment se relever d’une sit­u­a­tion pareille, où vous passez de tout à rien ?

La pandémie a emmené énor­mé­ment de choses néga­tives dans la vie des gens, mais elle nous a aus­si offert la chose qui a le plus de valeur au monde : le temps. Ce temps, nous avons essayé de le met­tre à prof­it au max­i­mum afin de se restruc­tur­er, repenser notre activ­ité, trou­ver des pro­jets com­pat­i­bles avec le con­texte actuel et se pro­jeter sur l’après Covid. C’est ce qui fait que nous avons réus­si à sor­tir des pro­jets cool pen­dant les péri­odes de con­fine­ment. Nous avons pro­posé un live stream­ing de Folam­our sur un yacht ou encore de Suzane au musée des arts asi­a­tiques de Nice. Andy4000 et Glit­ter ont joué sur le rooftop d’une école d’art niçoise. On a réus­si à con­cevoir plein de pro­jets lorsque per­son­ne ne pou­vait en faire et nous nous sommes pro­jetés sur pas mal de choses, comme le fes­ti­val Belaprem qui a eu lieu du 15 au 17 juil­let, ou encore l’évènement Vil­la Jamel Com­e­dy Club qui aura lieu du 29 juil­let au 1er août.

La recette a été de met­tre ce temps que nous a don­né le Covid à profit.”

On s’est cassé la tête sur com­ment nous allions met­tre en place des évène­ments cet été et nous nous sommes calqués sur le mod­èle des restau­rants. C’est grâce à cela que nous avons trou­vé, via la ville de Cannes, des lieux absol­u­ment splen­dides, la Vil­la Roth­schild et la médiathèque Noailles avec ses plantes trop­i­cales et sa majestueuse bâtisse. Il fal­lait donc com­bin­er le spec­ta­cle vivant aux con­traintes san­i­taires et nous avons eu l’idée de met­tre des nappes à car­reaux sur le gazon, ce qui représente une table de restau­rant. Une petite adap­ta­tion des Plages Élec­tro et ces évène­ments (dont le Vil­la Jamel Com­e­dy Club) auront lieu dans ce for­mat à la Vil­la Roth­schild. Nous avons pu pren­dre du recul et imag­in­er de nou­velles per­spec­tives de tra­vail et de nou­velles approches. La recette a été de met­tre ce temps que nous a don­né le Covid à profit.

Tsu­gi Radio était à Belaprem’

Vil­la Plages, à la vil­la Roth­schild de Cannes

 

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Que devenons-nous atten­dre alors cet été, en ter­mes d’événements ?

Les évène­ments qui arrivent prochaine­ment sont Les Nuits Gui­tares, d’au­jour­d’hui au 23 juil­let dans une oliv­eraie cen­te­naire avec plein de food-trucks. Fin juil­let, on pro­pose pour sa deux­ième édi­tion la Vil­la Jamel Com­e­dy Club. Vil­la Plages Elec­tron­iques aura lieu début août. Puis nous avons beau­coup de petits évène­ments qui sont les Crossover Sum­mer, se déplaçant de ville en ville, à Men­ton, Breil-Sur-Roya, Saint-Paul-de-Vence, Saint-Raphaël. Ce sont des petits évène­ments de 500 à 800 per­son­nes, voire par­fois un peu plus, qui nous per­me­t­tent de faire vivre notre mar­que Crossover et notre ter­ri­toire. Un évène­ment, c’est d’abord ani­mer un ter­ri­toire à tous les niveaux, cul­turelle­ment et sociale­ment. En tout dans l’été, nous avons une trentaine de dates. Nous sommes des pan­das, donc quand on nous met en cage, on devient fous !

Voir tous les événe­ments à venir de Pan­da Events sur la Côte d’Azur

Avec l’équipe, com­ment préparez-vous le futur ?

On se pro­jette beau­coup sur nos gros pro­jets comme les Plages Elec­tron­iques, Crossover, mais aus­si sur nos évène­ments inter­na­tionaux car nous avons deux mar­ques à l’étranger. La pre­mière s’appelle Moga et se trou­ve au Maroc et l’autre se nomme les Dunes Elec­tron­iques, avec le décor de Star Wars dans le désert tunisien, sur laque­lle nous tra­vail­lons pour sor­tir une prochaine édi­tion en 2022.

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