Déjà dix ans pour Electrik Park : rencontre avec Joachim Garraud

Parce qu’on est en 2010”. Il suf­fit d’é­couter la chan­son d’Orel­san pour com­pren­dre que, 2010, c’est déjà un peu loin. Une décen­nie se clô­ture, celle du stream­ing, des réseaux soci­aux et des mau­vais albums de Muse (les années 2020 seront-elles plus clé­mentes ?). Dix ans qui ont fait pouss­er une généra­tion de mil­lenials s’a­vançant peu à peu dans l’âge adulte.

Pire pour les nos­tal­giques : partout désor­mais, des gamins qui n’ont jamais con­nu “I Got­ta Feel­ing” souf­flent leurs dix bou­gies et pré­par­ent leur ren­trée en CM2. Elec­trik Park est un de ces enfants. Depuis sa nais­sance en sep­tem­bre 2010 (sous le nom d’I­nox Fes­ti­val), cette “petite” fête a eu le temps de voir pass­er de beaux noms de la scène élec­tron­ique mon­di­ale, comme Sven Väth, Stephan Bodzin ou Boys Noize. Elle revient le 7 sep­tem­bre pour célébr­er digne­ment son anniver­saire, investis­sant comme tou­jours l’Île des Impres­sion­nistes de Cha­tou où elle accueillera — entre autres – Boris Bre­jcha, Dima (pro­jet par­al­lèle de Vital­ic) ou Man­drago­ra. Ren­con­tre avec son papa, le patron Joachim Gar­raud, pour dress­er le bilan d’une décen­nie d’ex­is­tence.

Tu as entamé les fes­tiv­ités en 2010, avec l’I­nox. Dix ans plus tard, qu’est-ce que ça t’évoque ? 

 Si on m’avait dit que j’en serais là en 2019… Quand j’ai com­mencé, je pen­sais sincère­ment organ­is­er une seule édi­tion : l’idée était de réu­nir des copains sur l’ile des Impres­sion­nistes pour faire une fête de midi à minu­it. Au mois de mars, je ren­trais d’une tournée en Aus­tralie, avec notam­ment le Future Music Fes­ti­val, qui avait lieu en journée. En faisant un foot­ing sur l’Île des Impres­sion­nistes de Cha­tou – ville où j’habitais -, j’ai pen­sé à organ­is­er quelque chose de sem­blable en France. Le cadre est idéal : il y a de grands arbres mag­nifiques, des coins pour pique-niquer… Je suis allé voir le maire, qui a accep­té, et c’é­tait par­ti.

Que penses-tu avoir réus­si à créer avec Elec­trik Park ?

Je pense qu’on est par­venus à créer et garder une cer­taine spé­ci­ficité au sein des fes­ti­vals de musique élec­tron­ique. Les fes­ti­va­liers ne vien­nent pas en atten­dant la tête d’af­fiche, ils vien­nent écouter les espoirs, les futures stars de l’élec­tro, et ce dans énor­mé­ment de styles dif­férents. Tu peux pass­er de l’EDM à la tech­no, de la bass house au hard­core. On a réus­si à attir­er un pub­lic curieux et hyper respectueux, alors qu’au com­mence­ment, des gens me met­taient en garde, me dis­aient que c’é­tait dan­gereux d’or­gan­is­er ce genre d’évène­ment, que ça ris­querait de dégénér­er.

 Le fes­ti­val est égale­ment con­nu pour ses déguise­ments en tous gen­res…

C’est aus­si ça que j’aime : les gens ne sont pas seule­ment spec­ta­teurs, mais égale­ment acteurs du fes­ti­val. Ce sont eux qui créent l’i­den­tité d’Elec­trik Park. Chaque année, on tombe sur des déguise­ments de dingue : par exem­ple, je me sou­viens de ce gars venu en Jésus Christ avec une énorme croix en bois, accom­pa­g­né par son pote qui était déguisé en cheval (rires)

 As-tu une anec­dote croustil­lante à nous racon­ter sur le fes­ti­val ?

 En 2011, je suis en tournée à Chica­go, où je ren­con­tre un fou furieux qui s’ap­pelle Skrillex. Le mec joue der­rière moi et c’est la folie. J’at­tends qu’il finisse son set et je lui dis : “T’es vrai­ment un extrater­restre, j’aimerais beau­coup que tu pass­es à Paris, viens au mois de sep­tem­bre à mon fes­ti­val !” Skrillex est super embal­lé, il n’é­tait encore jamais venu en France. J’é­tais donc hyper fier de présen­ter sa musique aux Français, même s’il n’a pas été extrême­ment bien accueil­li au début… Le jour J, Skrillex était telle­ment à fond que, chose rare pour l’époque, il sort du Dj Booth et se jette dans le pub­lic. Les gens jouent le jeu et le por­tent, mais un gars de la sécu­rité croit qu’il y a un prob­lème… Il le ramène donc de force sur la scène, en le tirant par les cheveux. Tu imag­ines la honte que j’ai eue en apprenant ça… D’au­tant plus que j’ai revu Skrillex il y a deux ans et qu’il m’en a repar­lé (rires).

 Le meilleur con­cert dont tu te sou­viens à Elec­trik Park ?

Un sou­venir mémorable, même si c’est assez triste quand j’en par­le main­tenant, c’est le set d’Avicii en 2011. C’é­tait la pre­mière fois qu’il jouait dans un fes­ti­val français, il était tout jeune et débu­tant ; il venait à peine d’être signé. Il était super flip­pé à l’idée de jouer mais quand il est mon­té sur scène, il a vrai­ment mis le feu en jouant son titre “Lev­els”, qui est devenu un tube quelques mois plus tard.

Ton pire sou­venir ?

En 2017, on ouvre les portes du fes­ti­val, et il se met à pleu­voir… comme à Bom­bay (rires). Une pluie dilu­vi­enne ; la pelouse se trans­forme très vite en tor­rents de boue, on se met franche­ment à stress­er. Finale­ment quand j’y repense, c’é­tait super drôle de voir des gens faire du slide à plat ven­tre sur un sol qui ne ressem­blait plus à rien (rires).

Le mot de la fin ?

Très hâte de fêter ce dix­ième anniver­saire…

Pour faire par­tie de la fête, accédez à toutes les infos et à la bil­let­terie via le site d’Elec­trik Park !

(Vis­ité 688 fois)