Amanda Gorman ©Shawn Miller

Derrière Amanda Gorman, une histoire féminine de la poésie et de la musique afro-américaine

Il est de ces images qui font le tour du monde en un instant. Le 20 jan­vi­er dernier, lors de la cérémonie d’investiture de Joe Biden, nou­veau président des États-Unis, il n’aura fal­lu que quelques min­utes pour que l’on découvre le sourire, le vis­age, la prestance, le corps, les mou­ve­ments et surtout la voix d’Aman­da Gor­man, jeune poétesse afro-américaine de 22 ans. « The Hill We Climb » (la colline que nous gravis­sons), son émouvant poème rédigé en forme de dis­cours, appelait ses com­pa­tri­otes et le reste du monde à l’union, l’espoir et l’entraide, venant met­tre un terme sym­bol­ique aux qua­tre ans d’une présidence Trump marquée par le règne d’une virilité oppres­sante, ain­si que par la vio­lence, le mépris et les men­songes, sans oubli­er, in fine, l’invasion du Capi­tole de Wash­ing­ton (siège du pou­voir législatif), par des mil­liers d’extrémistes de droite.

Au-delà de son texte, rel­a­tive­ment clas­sique et bien­veil­lant, et de ses élégantes for­mules poétiques, ce qui a frappé cer­tains et cer­taines d’entre nous, c’est son flow (et ce, quelle que soit notre con­nais­sance de la langue). Aman­da Gor­man possède un sens évident de la musi­calité du texte, du débit et de l’expression vocale. Mots pesés, silences pensés, syl­labes posées, res­pi­ra­tions rythmées et tem­po changeant, com­posent chez elle une parole singulière qui rivalise aisément avec bien des rappeurs et des slam­meurs. Aux États-Unis, l’art ora­toire, l’expression ver­bale, et donc la poésie, occu­pent une place plus avan­tageuse que sur le vieux con­ti­nent, que l’on évoque les pra­tiques religieuses du pays, ses médias ou son enseigne­ment. À ce titre, la jeune Aman­da Gor­man a déjà rem­porté plusieurs prix littéraires et, depuis 2017, elle est régulièrement invitée à don­ner de la voix et à par­ticiper, à l’aide de ses poèmes, à des pro­jets mil­i­tants ou des événements organisés par des ONG ou des insti­tu­tions cul­turelles américaines.

« Où pouvons-nous trou­ver la lumière dans cette ombre sans fin Alors que nous nous étions demandés :
com­ment pourrions-nous sur­mon­ter une cat­a­stro­phe ? Main­tenant, nous affirmons :
com­ment la cat­a­stro­phe pourrait-elle nous dominer ?
Nous ne revien­drons pas à ce qui était
Mais nous nous dirigerons vers ce qui sera
un pays meur­tri mais entier, bien­veil­lant mais auda­cieux, féroce et libre. »

Des pionnières, issues de la révolution des droits civiques

Pour­tant, sa jeunesse et sa fraîcheur ne peu­vent et ne doivent pas faire oubli­er qu’elle appar­tient à une lignée d’autrices et de mil­i­tantes afro-américaines qui, depuis les révolutions des années 1960, ont exercé une grande influ­ence sur la cul­ture anglo-saxonne à tra­vers la forme du spo­ken word, texte lu ou parlé-chanté. À par­tir des années 1960, des poétesses et romancières, volon­tiers per­formeuses, comme Maya Angelou, Sonia Sanchez et Jayne Cortez, suiv­is à par­tir des années 1990 par Ursu­la Ruck­er, ont développé une œuvre à la croisée de la littérature, de la poli­tique et de la musique, sous la forme de livres, de recueils ou d’albums réalisés en col­lab­o­ra­tion avec des musi­ciens, avant qu’une nou­velle génération de com­pos­i­teurs, pro­duc­teurs et DJ ne puisent leur inspi­ra­tion dans leurs mots et leurs vers. Leurs textes, par­fois d’un réalisme cru, par­fois plus métaphoriques, nour­ris par l’histoire de la littérature comme par l’invention langagière de la rue, explorent les ques­tions de race et de genre, et plus particulièrement des thèmes qui évoquent l’identité, la sex­u­alité ou les notions d’émancipation et d’empowerment.

Le phrasé et le flow de Gor­man s’inscrivent ain­si dans une his­toire féminine de la poésie, de l’oralité et de la musique afro-américaine. Une his­toire méconnue, peu contée, qui s’est longtemps développée dans l’ombre de gen­res musi­caux plus pop­u­laires, comme la soul, le funk, le R&B et bien sûr le rap, dont l’immense succès, et l’écrasante moder­nité, ont hélas fait oubli­er la force et la sin­gu­lar­ité de ces voix. Alors bien sûr, d’autres femmes ont exploré la forme du spo­ken word. Dès les années 1970, des artistes, blanch­es celles-ci, les rejoignent et témoignent d’un même désir d’émancipation et d’expérimentation langagière, que l’on évoque Pat­ti Smith, Lydia Lunch, Cosey Fan­ni Tut­ti, Anne Clark, Lau­rie Ander­son ou, plus près de nous, AGF. Mais, à l’évidence, les artistes afro-américaines qui ont précédé Aman­da Gor­man possédaient un flow et un par­ler bien à elles, que nous explorons ici à tra­vers doc­u­ments, archives, hom­mages, héritages… et sam­ples de la part de la scène électro.

Maya Angelou, mère nourricière

Première influ­ence de la jeune Aman­da Gor­man, Maya Angelou (1928–2014) est cer­taine­ment la première de ces autri­ces et poétesses engagées. Fig­ure du mou­ve­ment des droits civiques et de la vie cul­turelle et poli­tique américaine, elle avait d’ailleurs été invitée en 1993 à lire son poème On The Pulse Of Morn­ing à l’occasion de la cérémonie d’investiture de Bill Clin­ton, les Démocrates ayant inaugurée cette col­lab­o­ra­tion avec les poètes, dès Kennedy en 1961. Réputée pour ses récits, où elle évoque sa vie et sa con­di­tion de jeune femme noire, en par­ti­c­uli­er ses trau­mas issus de l’enfance et la vio­lence qu’elle a subi ado­les­cente, elle débute sa carrière littéraire dès 1969 avec la pub­li­ca­tion d’un pre­mier roman auto­bi­ographique, Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage (1969), qui connaît le succès, suivi en 1974 de Rassemblez-vous en mon nom. En 1969 tou­jours, elle enreg­istre ses pre­miers poèmes sous la forme d’un disque vinyle de spo­ken word, dont les textes témoignent d’une vision singulière qui parvient à lier récits intimes et poli­tique, à l’aide de for­mules par­fois tran­chantes ou provo­ca­tri­ces, comme par exem­ple ici “Let­ter to an Aspir­ing Junkie”, un poème con­té à l’aide d’une voix au swing nonchalant.

En 2014, l’album Caged Bird Songs lui rend hom­mage et mêle cer­tains des enreg­istrements de ses poèmes à une nou­velle pro­duc­tion hip hop/r&b, hélas pas tou­jours très inspirée. Par­mi les dix-huit titres de l’album, la ver­sion musi­cale de « Harlem Hop­scotch » témoigne toute­fois avec justesse du flow de l’autrice et poétesse, sur fond de per­cus­sions syncopées.

Hormis ces pro­jets qui sont dédiés à ses poésies, l’héritage de Maya Angelou se mesure aus­si à la manière dont ses vers et ses mots, et particulièrement des poèmes comme And Still I Rise et Phe­nom­e­nal Woman (1978), se sont peu à peu répandus à tra­vers la cul­ture pop, sous la forme de repris­es (chez Ben Harp­er ou la chanteuse jazz Yael Nachshon Levin) ou de sam­ples plus frag­men­taires. Dès les années 1990, la cul­ture DJ s’empare de ses mots. Ses incan­ta­tions destinées à différents peu­ples et minorités, ryth­ment par exem­ple « Lift Up Your Faces » (1993) (« dressez la tête »), un titre qui ouvre l’album, plutôt trance, de 030 feat Dr. Motte (célèbre organ­isa­teur de la Love Parade de Berlin), comme une forme d’invitation uni­verselle à la fierté et à l’union.

La même année, l’Américain DJ Shad­ow pub­lie l’un des titres les plus inspirés du genre trip-hop à venir avec « In/Flux », que l’on peut enten­dre comme un hymne, ou un hom­mage, à la cul­ture noire, dans lequel la voix d’Angelou se mêle aux mots et aux accords de Dizzy Gillep­sie, Jim­my Smith, A Tribe Called Quest, les pio­nniers du spo­ken word The Wax Prophets ou le réalisateur star de la Blax­ploita­tion, Melvin Van Peebles.

 

Au cours des vingt années suiv­antes, les DJ et les musi­ciens s’emparent plus encore de sa voix, dont ils puisent en par­tie les sam­ples dans son pre­mier vinyle pub­lié en 1969, qu’il s’agisse de pro­duc­tions tech­no et trance (Ispi­razione, Shi­ba San), jun­gle (LTJ Bukem, Cal­i­bre, Zero Tol­er­ance & Beta 2), hip hop (MK Asante) voire elec­tron­i­ca (James Place). Mais c’est cer­taine­ment dans la house, une musique hédoniste et reven­di­ca­trice, à l’inspiration par­fois spir­ituelle, qui a sou­vent fait appel au spo­ken word (en par­ti­c­uli­er les dis­cours de Mar­tin Luther King) que la voix samplée de Maya Angelou trou­ve son meilleur écrin, comme chez Mike Grant avec « The Strug­gle Of My Peo­ple » (2001), chez Craig Alexan­der avec « Phe­nom­e­nal Woman » (2009) ou plus récemment chez Emi­lie Nana, dont les remix de François K et Dan­ny Kriv­it ont propulsé son titre « I Rise» (2018) sur les dance­floors. Par­mi ces prods, c’est cer­taine­ment Seth Trox­ler, lui-même auteur de nom­breux titres parlés- chantés, qui livre avec « Aphri­ka » (2009), la ver­sion la plus inspirée du célèbre poème féministe et exis­ten­tiel d’Angelou « Phe­nom­e­nal Woman », sur fond de house min­i­mal et tranchante.

Du BAM (Black Arts Movement) au BLM (Black Lives Matter)

Mil­i­tante des droits civiques de la première heure, Maya Angelou, comme ses con­sœurs, doit une par­tie de l’inspiration et de la force de son art, au Black Arts Move­ment, un col­lec­tif d’artistes qui se développe au cours des six­ties et sev­en­ties. Ce mou­ve­ment particulièrement act­if dans le domaine de la poésie, de la littérature, du théâtre et de la musique, explore l’idée d’une « black aes­thet­ic », un mode d’expression qui se veut authen­tique­ment noir. Ces artistes n’en­ten­dent pas rivalis­er avec l’histoire et les formes d’un art insti­tu­tion­nel et blanc, préférant inven­ter une cul­ture et une langue qui leur sont pro­pres, dont l’énergie et la vivacité seraient empruntées à l’argot de la rue, l’oralité du blues et du gospel, tout en puisant dans les racines d’une african­ité lointaine.

Par­mi les nom­breux artistes qui côtoient ou s’associent aux BAM, l’histoire a sou­vent retenu le rôle pio­nnier et fon­da­men­tal de groupes mas­culins comme The Last Poets ou The Watts Prophets, voire la per­son­nalité de Gil Scott Heron, auteurs et interprètes d’un spo­ken word poli­tisé, déclamé et scan­dé, dont le flow et la musi­calité annonçaient avec une dizaine d’année d’avance la nais­sance du rap, ou le renou­veau actuel du slam. Pour­tant, out­re Angelou, ce mou­ve­ment a vu pass­er de nom­breuses femmes, poétesses ou autri­ces, comme Jayne Cortez, Sonia Sanchez, Toni Mor­ri­son ou June Jor­dan, dont l’influence est plus évidente aujourd’hui dans le monde des let­tres que dans celui de la musique, comme si la pop­u­lar­ité du rap et de la pop cul­ture avaient peu à peu évincé la mémoire de la musi­calité, et de la force, de leur expres­sion vocale.

En 1969, au Harlem Cul­tur­al Fes­ti­val, la chanteuse jazz et soul Nina Simone interprète « Are You Ready », un poème-manifeste en forme de brûlot insur­rec­tion­nel, directe­ment inspiré par la rhétorique des Black Panthers.

Les scansions chantantes de Sonia Sanchez et Jayne Cortez

Les autri­ces qui pren­dront part à ce mou­ve­ment reven­di­catif et iden­ti­taire, devront sou­vent à la fois faire face au pou­voir poli­tique et polici­er de l’époque, comme au machisme des mou­ve­ments noirs, la Nation Of Islam en tête. Par­mi elles, Jayne Cortez (1934–2012), mêle l’intime et le poli­tique à l’aide d’un phrasé à la fois suave et scan­dé, dont l’invention s’inspire elle aus­si de la langue du quo­ti­di­en. Elle a sou­vent mêlé sa poésie au blues et au jazz, que l’on évoque sa col­lab­o­ra­tion avec le con­tre­bassiste Richard Davis sur Cel­e­bra­tions And Soli­tudes (1974) ou aux côtés du groupe The Firespit­ters, avec qui elle enreg­istre six albums entre 1982 et 2003.

Autre fig­ure mar­quante de cette his­toire cul­turelle afro-américaine, Sonia Sanchez est une poète et dra­maturge née en 1934, autrice d’une douzaine de recueils de poésie, par­mi lesquels les génialement titrés We a Bad­dDDD Peo­ple (1970) ou Home­girls and Hand­grenades (1984), sans oubli­er de nom­breuses nou­velles, essais cri­tiques ou pièces de théâtre. Elle pub­lie ses pre­miers poèmes dès 1969, avant d’enregistrer deux ans plus tard sur vinyle A Sun Lady for All Sea­sons Reads Her Poet­ry. Cette ving­taine de poèmes frap­pent par leur con­ci­sion, leur inven­tion langagière et la force de leur expres­sion, et plus encore par la voix de Sanchez elle- même, dont le par­ler flu­ide et chan­tant sem­ble toute­fois obéir à une red­outable métrique.

Moins pop­u­laire que sa con­sœur Maya Angelou, on retrou­ve la trace et l’héritage de Sanchez dans le hip hop que l’on dit « con­scient », une musique qui exploite des thématiques poli­tiques et sociales plus affirmées que le rap clas­sique, tout en s’inscrivant dans une fil­i­a­tion plus directe avec l’histoire du jazz et du blues. Sa voix ouvre par exem­ple « Every­thing Man » (2007), pre­mier titre de l’album Eardrum de l’activiste et rappeur Tal­ib Kweli. Et, dans un disque-hommage à Tupac Shakur paru en 2000, elle interprète même, la soix­an­taine passée, « When Ure Heart Turns Cold », un poème désespéré, écrit par le plus trag­ique des gangsta-rappeurs des années 2000. Pour­tant, la plus précieuse des interprétations de Sanchez, on la trou­ve peut‑être sur Don’t Kill, le pre­mier album de Rob (Robin Coud­ert), un musi­cien dis­cret et trop peu con­nu de la scène française. Orfèvre pop, musi­cien pour Phoenix et com­pos­i­teur aujourd’hui recon­nu pour ses musiques de films et de séries, il habil­lait de chœurs, de cuiv­res et de claviers le poème « Catch The Fire » de Sanchez, appor­tant à ce texte pub­lié en 1994, une dimen­sion spir­ituelle et élégiaque particulièrement émouvante.

Ursula Rucker, douce violence

En 2006, on retrou­ve la voix de Sonia Sanchez en duo sur « Hum­bled »(« humiliée »), un titre qui ouvre le 3e album de Ursu­la Ruck­er, une musi­ci­enne et poétesse de quar­ante ans sa cadette. Un texte sin­guli­er, dont la sig­ni­fi­ca­tion ambiguë, qui sem­ble hésiter entre poésie, vio­lence, sex­u­alité et fait divers, est à l’image d’une par­tie de l’œuvre de Ruck­er, sans doute l’héritière la plus directe et inspirée des grandes dames du Black Arts Move­ment à qui elle voue une admi­ra­tion sans faille (elle par­le de Sonia Sanchez comme d’une « men­tor » ou d’une « soul mother »).

Orig­i­naire de Philadel­phie, Ruck­er débute sa carrière en 1995 avec une par­tic­i­pa­tion sur le pre­mier album de The Roots, groupe local emblématique du hip hop con­scient. « The Unlock­ing », dévoile une jeune femme aux mots crus, au ton intran­sigeant mais à la voix suave, capa­ble de s’attaquer avec force, mais aus­si avec une ironie cinglante, aux vio­lences machistes et sex­uelles dont elle et ses sœurs sont par­fois la vic­time. Toute la (douce) puis­sance de son écriture se trou­ve ain­si dans sa capacité, grâce à une voix charmeuse, à trou­ver un équilibre entre des thématiques particulièrement dures (drogue, viol, racisme…), d’autres plus hédonistes et émancipatrices (elle chante beau­coup l’empowerment par le sexe), et d’autres encore plus cul­turelles et politiques.

Si elle abor­de ces sujets au fil de cinq albums solos et divers fea­tur­ing publiés dans les années 2000, sur fond de musique swinguant entre nu-jazz, bro­ken beat et trip hop (par exem­ple avec King Britt, 4 Hero, Jaz­zano­va ou le français Wax Tai­lor), Ruck­er sem­ble toute­fois avoir choisi, au fil de ces dix dernières années, d’exprimer sa poésie sous une forme plus per­cu­tante et fragmentée, à tra­vers des fea­tur­ings résolument house et tech­no. Tout d’abord avec Josh Wink, issu comme elle de la scène de Philadel­phie, à qui elle prête sa voix sur « Sixth Sense », un titre qui, pub­lié en 1997, est réédité en 2019 avec un puis­sant et ténébreux remix de Shlo­mi Aber.

Plus récemment, ses par­tic­i­pa­tions se sont multipliées aux côtés de musi­ciens et de pro­duc­teurs comme Zoo Brazil, 2pole, Qess, Mason May­nard, Louie Vega ou plus récemment Daniel Rateuke, avec qui elle a signé « Or Stay Alive », pub­lié au print­emps dernier.

Car on l’oublie sou­vent, une grande par­tie de l’histoire de la house et de la tech­no s’est bâtie sur la puis­sance émotionnelle, non pas du chant, mais du spo­ken word, explo­rant, loin de la tra­di­tion­nelle pop song, des formes d’expression basées sur la force du slo­gan, du man­i­feste, du récit intime, du ser­mon ou du dis­cours. Ces dernières années, toute une série de speechs poli­tiques, aux ambi­tions sou­vent uni­ver­sal­istes, ont ain­si trou­vé un écho naturel sur les dance­floors, à tra­vers des tracks qui invi­taient leur pub­lic à l’union ou à la tolérance. Il est ain­si très prob­a­ble que dans un futur proche, « The Hill We Climb », le récent dis­cours d’Amanda Gor­man, y trou­ve lui aus­si sa place.

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