Artwork de la compilation

Électro, écolo, rigolo : Music For Commercials, ce nouveau label qui recycle vos disquettes

La nais­sance réjouis­sante du label Music For Com­mer­cials, ou la preuve qu’écologie et busi­ness musi­cal gag­n­eraient à être davan­tage liés. Ren­con­tre avec cette nou­velle mai­son française qui veut remet­tre la dis­quette au goût du jour à des fins écologiques et esthétiques.

« On voulait se don­ner le plus de lib­erté pos­si­ble avec le label tant artis­tique­ment qu’en terme de lib­erté de parole et de reven­di­ca­tion, on voulait pou­voir aller de car­i­ca­tur­er Jeff Bezos, partager un mon­tage de tun­ing, pro­pos­er quand même de la musique sérieuse (ou pas du tout), par­ler d’un sujet poli­tique, ven­dre des dis­quettes chez Lidl… Notre fil con­duc­teur réside dans cette car­i­ca­ture du monde qui nous entoure, d’où le nom “Music for Com­mer­cials” : Musique pour la pub­lic­ité », affirme Pierre, co-fondateur de ce nou­veau label français promet­teur, dédié à la préser­va­tion de l’en­vi­ron­nement dont “tous les béné­fices seront rever­sés à des asso­ci­a­tions pour la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­nement et des actions anti-publicitaires”.

On voulait utilis­er ce que l’homme avait créé de plus malé­fique pour en faire des œuvres d’arts belles et détournées.”

Music For Commercials

Dédié à la cause envi­ron­nemen­tale, le label qui oscille entre IDM et pop déstruc­turée promet de faire don de ses prof­its à des asso­ci­a­tions engagées dans la pro­tec­tion de l’environnement, et actives dans ce même sens. Plus que pour faire joli sur le papi­er, leur pat­te éco­lo se pour­suit jusqu’à leur pro­duc­tion musi­cale qui a la par­tic­u­lar­ité d’utiliser des dis­quettes obsolètes (oui, ça existe encore) mais re-conditionnés. « On avait envie d’avoir un vrai sup­port. Le sup­port, c’est un peu ce qui fige dans le temps une créa­tion, c’est une chose con­crète qui fait exis­ter l’œu­vre physique­ment. Cepen­dant dans notre démarche “engagée” on ne voulait pas utilis­er des matières pre­mières sou­vent très pol­lu­antes (le plas­tique pour les cas­settes, du poly­chlorure de vinyle…). Alors on a eu l’idée des dis­quettes… Une flop­py, c’est com­plète­ment désuet ; c’est, je pense, l’un des pires out­ils de stock­age de don­nées, mais l’humanité en a pro­duit des mil­lions qui dor­ment aujourd’hui dans des caves, plac­ards de col­lège, étagères d’informaticiens à la retraite… On a donc entre­pris d’en récupér­er des cen­taines à droite à gauche, sur Lebon­coin… pour créer une com­pi­la­tion de 14 tracks (chaque track = une dis­quette dif­férente) et, hon­nête­ment, c’est un super beau support. »

Un beau sup­port tou­jours fidèle au côté incisif de Music for Com­mer­cials puisque les art­works sont tirées de vieilles pubs de l’en­tre­prise améri­caine de biotech­nolo­gie Mon­san­to. « Monsanto-Bayer, c’est un peu le mal incar­né ; on voulait utilis­er ce que l’homme avait créé de plus malé­fique pour en faire des œuvres d’arts belles et détournées. On n’est pas graphistes, mais si ça con­tin­ue on va vrai­ment devenir une start-up de la flop­py cus­tomisée et lancer des think tanks autour de la flop­py ! » s’amuse Pierre.

« J’aimerais qu’on injecte le contenu de nos floppys dans les vaccins » 

Entre noise, IDM et hyper-pop, Music For Com­mer­cials ne choisit pas. « Tant que les artistes (dont Nunu, Eszter Muzin­s­ki, Kodek…) sont ouverts d’esprit, on est ouverts à tout. Tous ceux qui ont par­ticipé au pro­jet l’ont fait bénév­ole­ment, ils ne toucheront pas de rémunéra­tion puisque tout ira aux asso­ci­a­tions ; c’est vrai­ment beau de pou­voir compter sur la petite com­mu­nauté qu’on est entrain de réu­nir, on reçoit de plus en plus en plus de démos, ça fait plaisir. »

Que souhaiter au promet­teur Music For Com­mer­cials pour 2021 ? « Eh bien que Jeff Bezos démis­sionne [et c’est le cas, ndr], que des artistes fassent des DJ sets sur dis­quette, que Tsu­gi nous offre des pubs gra­tu­ites dans son mag, une panne mon­di­ale des pan­neaux JC Decaux, qu’on puisse injecter le con­tenu de nos flop­py dans des vac­cins, que les comp­teurs Linky soient con­nec­tés directe­ment à notre Sound­Cloud, que la bam­boche ne revi­enne jamais, qu’on sorte un jeu vidéo sur flop­py d’un punk qui doit retrou­ver son chien… Enfin bref, que du bonheur. »

La com­pi­la­tion Flop­py have more soul than be ɪ zoʊs est déjà disponible en pré­com­mande dig­i­tale sur Band­camp pour 10€, puis 30€ pour la box en bois avec les 14 floppy.

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