En direct d’Acid Arab au Divan du Monde

On con­nais­sait Acid Arab il y a encore quelques années comme un duo de Dj. Chez Moune (Paris, XVI­I­Ie), ils éton­naient déjà il y a plusieurs années grâce à leurs influ­ences ara­bisantes. Aujour­d’hui, le pro­jet est devenu un groupe de live. Tsu­gi les a retrou­vé à quelques cen­taines de mètres de leur maison-mère, au Divan du Monde.

A vingt heures trente, le dance­floor est enfin prêt. C’est Rozzma qui s’est assuré de chauf­fer les murs du Divan du Monde à la nor­male saison­nière ori­en­tale. L’in­téres­sant Cairote, qu’on avait déjà vu à Dour, reste plus appré­cia­ble en pro­duc­teur qu’en MC. Et on com­prend vite pourquoi le duo Acid Arab appré­cie tant son pro­jet. Egyp­tien, Rozzma fait par­tie de cette généra­tion de musi­ciens ori­en­taux qui ont apprivoisé les sons de la tech­no et de la drum&bass. Sons d’oud syn­thétisé sur canapé tech­no. On a beau être un peu refroi­di par un auto-tune omniprésent, il n’y a pas de soucis à se faire pour le futur des clubs under­ground du Caire.

La salle est enfin pleine quand Acid Arab fait son appari­tion pour un live d’une petite heure. Après une courte intro­duc­tion, les trois musi­ciens nous envoient le célèbre titre “Saray­at”, puis­sant et si représen­tatif du pro­jet. En dépit de sur­pris­es, le show est très bien con­stru­it. Les tracks se suc­cè­dent en mon­tant en puis­sance jusqu’à l’en­trée sur scène du chanteur algérien Sofi­ane Saï­di. Les fans du groupe le con­nais­sent bien. C’est sa voix grave et sen­suelle qui accom­pa­gne le morceau “La Hafla”, titre phare de l’al­bum Musiques de France. On a par la suite recon­nu “Le Dis­co”, ou encore “Stil”, de quoi faire vibr­er les velours du Divan.

Il y a de quoi envi­er le clav­iériste. Lui, pen­dant qu’on tran­spire par chaque pore dans la fos­se comme sur les bal­cons, s’é­clate. Petites phras­es impro­visées au clavier, des coups de vibratos dans tous les sens. Superbe. Elec­trisé, le Divan danse, sue. La transe n’est pas loin. Dom­mage que le show ne dure pas plus.

Meilleur moment : les “youy­ous” très nour­ris pen­dant “La Hafla” avec Sofi­ane Saï­di.

Pire moment : L’auto-tune est assumé chez Rozzma, nous on a tou­jours du mal…

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