Boum boum boum.

En direct de Boys Noize à la Gaîté Lyrique

Petite pré­ci­sion et débal­age de vie privée : j’ai cassé mes lunettes. La veille du con­cert de Boys Noize à la Gaîté Lyrique, le plus fran­cophile des alle­mands venant présen­ter son nou­v­el album May­day. Résul­tat ? Un live sans voir grand-chose. Ce qui n’est pas plus mal dans le cas de Boys Noize : il y avait claire­ment de quoi faire avec les autres sens.

Le touché d’abord… Dès les pre­mières notes du con­cert — ou plutôt les pre­miers gros kicks -, le sol de la Gaîté s’est mis à tanguer, valser, ond­uler, sous les coups de pieds rageurs d’un pub­lic com­posé d’an­cien kids élevés à la tur­bine. Car si May­day fait la part belle aux mélodies et à un Alexan­der Rid­ha plus calme et plus mature, en live, pas ques­tion de laiss­er tomber les anciens titres qui vont vite et de boost­er les nou­veaux. Et ce dès le pre­mier morceau de la setlist, le ghet­to “Over­throw”.

L’odor­at ensuite… For­cé­ment, à déchaîn­er une Gaîté Lyrique qui n’a peut-être jamais enten­du des bass­es aus­si fortes, ça sent rapi­de­ment le fauve… Mais aus­si la clope : en milieu de con­cert, l’in­cur­sion de “Starchild”, le beau duo avec Poliça présent sur May­day (et bien plus doux), aura fait se rem­plir le fumoir… Dom­mage, car c’est ce genre de res­pi­ra­tion qui fait la force des lives de Boys Noize, capa­ble du plus bour­rin comme de beaux moments de calme.

L’ouïe bien sûr… Beau­coup de “pat­a­clop pat­a­clop”, de “boum boum” et autres ono­matopées que les quin­quas utilisent pour par­ler de la tech­no (“c’est pas de la musique, c’est du bruit”, tout ça)… Mais ici plutôt jus­ti­fiées. Si bien qu’au bout d’un moment la migraine nous guette, notam­ment après la “pause” Poliça. Mais n’empêche, ça fonc­tionne, l’am­biance est explo­sive, surtout à la toute fin du con­cert quand Boys Noize a le droit à une standing-ovation avant d’en­tamer “Birth­day”, tou­jours extrait de May­day. Les lumières se ral­lu­ment d’un coup, un petit bain de foule et puis s’en va, d’un coup, récoltant quelques huées au pas­sage. For­cé­ment, après être allé si vite et si fort, dif­fi­cile de s’ar­rêter après 90 petites min­utes. Prochain shoot à Sol­i­days le 24 juin. 

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