En direct de Childish Gambino au Trabendo

Il est bien loin le temps où Don­ald Glover occu­pait le sim­ple poste de fig­u­rant dans le très chou­ette clip “Our Deal” (réal­isé par Drew Bar­ry­more) de Best Coast. Humoriste, acteur, musi­cien et rappeur, l’Améri­cain est un touche-à-tout pour qui tout sem­ble réus­sir. Après un pre­mier album plutôt cor­rect sor­ti en 2011 sous le pseu­do­nyme Child­ish Gam­bi­no, l’artiste a finale­ment retenu toute notre atten­tion à la sor­tie de Because The Inter­net en décem­bre dernier.

Pour son deux­ième pas­sage à Paris (le pre­mier datant de 2012), Child­ish Gam­bi­no a su trou­ver les mots pour séduire son pub­lic, venu en masse ce soir-là. Avant de décou­vrir un Tra­ben­do bondé par un pub­lic en ébul­li­tion, on dépose nos affaires au ves­ti­aire (on se doute qu’il va faire très chaud et on aura rai­son) juste avant de crois­er Stro­mae venu incog­ni­to avec un pote. Le temps de se trou­ver une place par­mi la foule, que les lumières s’éteignent et lais­sent place à la per­cu­tante intro­duc­tion de “Crawl”.

On se doutait bien que ce silence religieux avant le début du con­cert cachait quelque chose : le pub­lic, fausse­ment endor­mi, se met à bouger, à crier, à lever les mains en l’air pour for­mer une seule et même masse pleine d’én­ergie en osmose avec le Gam­bi­no. La clav­iériste — répon­dant au doux nom de Lynette — sem­ble appréci­er avec son air bien­veil­lant chaque sec­onde du spec­ta­cle auquel elle par­ticipe. Nous aus­si. Les tubes s’en­chaî­nent et marchent à mer­veille en live. Le groupe qui accom­pa­gne le rappeur améri­cain est aus­si tal­entueux que la vedette de la soirée : des choeurs jusqu’aux solos de gui­tare en pas­sant par les effets élec­tron­iques des machines, le con­cert qui se trame sous nos yeux est un régal. Child­ish assure le show avec son flow impa­ra­ble et par­fois on se méprend à con­fon­dre sa voix avec celle de Frank Ocean (gage de qual­ité évidem­ment) sur des titres plus chan­tés comme “Shad­ows” ou “Earth: The Old­est Com­put­er (The Last Night)” qui est — il l’a dit — l’une de ses chan­sons favorites. La foule ne con­naît pas de répit aux pre­mières notes du gros hit “3005″. On finit même par pos­er notre verre de bière pour agiter nos bras et sec­ouer nos mains façon gangs­ta de la West Coast. Lors du rap­pel, Child­ish Gam­bi­no se lance dans un freestyle avec un autre ami rappeur. Là encore ça envoie sévère. Après avoir lancé un “Paris vous avez été excep­tion­nels ce soir” et un dernier “Thank you”, Don­ald quitte la scène après une heure trente de con­cert où il s’est livré corps et âmes pour son pub­lic parisien. On en aurait bien repris encore un peu.

Meilleur moment : observ­er d’un air moqueur les groupies qui sont en train de s’ex­tasi­er devant Gam­bi­no. Faire la même chose cinq min­utes plus tard.

Pire moment : recevoir des touffes de cheveux de tous les coins et dans tous les sens.

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