En direct de Coachella 2017 : les meilleurs moments du dimanche

par Tsugi

L’un des deux frères n’a pas eu de visa : ce pre­mier week-end de fes­tiv­ités se fera sans PNL ! L’ab­sence du duo du moment a été large­ment comblée par la présence de Français comme Brodin­s­ki, DJ Snake et Break­bot same­di. Mais le lende­main, c’est Jus­tice qui a mis tout le monde d’ac­cord. Entre la grande messe du tan­dem Gas­pard Augé-Xavier de Ros­nay et un Kendrick Lamar en grande tête d’af­fiche, retour sur un dimanche pas­cal à Coachel­la.

Nos meilleurs moments

Jus­tice

21h45, la “Out­door The­atre” est dans la pénom­bre, quelques notes pro­fondes émanant de la basse nous pren­nent aux tripes… Jus­tice annonce la couleur en ouvrant les hos­til­ités avec “Safe And Sound”, aidé par un light show et leurs écrans d’am­plis Mar­shall que nous retrou­vons d’une tournée sur l’autre, de plus en plus nom­breux et per­fec­tion­nés à chaque fois. Deux morceaux plus tard, “Gen­e­sis” est lancé comme une bombe ! Gas­pard et Xavier jouent face à face sur un podi­um inondé de stro­bo­scopes spec­tac­u­laires, de cubes de LED rouges qui s’al­lu­ment et s’éteignent en rythme, et de pan­neaux lumineux gigan­tesques qui s’élèvent de toute part. Over­size. L’amer­i­can dream.

Le duo enchaîne les morceaux posté l’un der­rière l’autre puis car­ré­ment dos au pub­lic dans une ambiance bloc opéra­toire. Ils envoient “Alakazam” sous une lumière blanche et crue, un pub­lic d’au moins 25 000 per­son­nes toutes généra­tions d’Amer­i­cains con­fon­dus frôle la transe… Ils ne nous lais­sent aucun répit et nous sur­pren­nent ensuite par un change­ment de décor et d’é­clairage, nous plongeant dans une ambiance explo­sive, orgie de couleurs et de forme, autour, bien sûr, de la fameuse croix en néon de Jus­tice.

Kendrick Lamar

Ce pre­mier week-end de fes­ti­val se ter­mine en grande pompe avec Kendrick Lamar fédérant un parterre de dis­ci­ples à perte de vue. Celui qui a col­laboré avec Bey­on­cé, Maroon 5 ou encore U2 est venu prêch­er la bonne parole, tout de blanc vêtu. Acclamé par la foule, il a fait le choix d’in­viter sur scène ses apôtres et non moins potes — Future, School­boy Q et Travis Scott. Il s’aven­ture entre morceaux de son nou­v­el album Damn et des tubes comme “Bitch Don’t Kill My Vibe” ou “The Recipe” repris de con­cert par une foule deux fois plus nom­breuses que pour Lady Gaga, qui jouait pour­tant la veille à la même heure. Kendrick con­firme défini­tive­ment sa place d’artiste hip-hop le plus fédéra­teur de notre époque sur cette même scène squat­tée deux ans aupar­a­vant par Drake.

Mais aus­si…

  • L’am­biance roots du côté de l’e­space VIP sur ce ter­rain de polo géant, face à la main stage et le reg­gae de Toots & The May­tals pour com­mencer la journée (“54–46 Was My Num­ber”) accom­pa­g­né d’un “poke” suc­cu­lent (“fresh pacif­ic tuna”) servi avec le sourire.
  • Belleville Three ou la réu­ni­fi­ca­tion des trois fon­da­teurs de la tech­no de Detroit : Kevin Saun­der­son, Juan Atkins et Der­rick May venus propager leur son acid rehaussé d’un pied bien lourd mais bien plus groovy que les sets de Mar­cel Dettmann, Maya Jane Coles ou Tale Of Us qui jouaient juste après sous cette tente Yuma par­faite­ment revis­itée en club.
  • La scène et le back­stage Dolab : du bon son et une ambiance sans strass. On avait presque cru que les gens vrais n’ex­is­taient pas ici ! A côté de la sur­di­men­sion des équipements logis­tiques et tech­niques, du défilé de mode per­ma­nent des spring­break­ers venus arbor­er leurs espadrilles Chanel, c’est un véri­ta­ble oasis de décon­trac­tion que présente la scène Dolab. Une fête qui s’ap­par­ente d’a­van­tage à des allures de Burn­ing Man, pour la créa­tiv­ité de la déco, le joyeux bor­del de danseurs sur scène venus soutenir Auto­graph, ou encore les back­stages sim­ple­ment ornés de ban­quettes et de fau­teuils vin­tage sous des lou­pi­ottes mul­ti­col­ores de guinguette.

Nos déceptions

  • Vic­time de son suc­cès, la tente Sahara, loin d’être déser­tique comme son nom pour­rait l’évo­quer, a essuyé de nom­breux mou­ve­ments de foule, notam­ment pen­dant les deux gros shows EDM très atten­dus (Mar­tin Gar­rix same­di et Galan­tis dimanche) où nous avons été pris en sand­wich… A défaut de ne pou­voir en com­man­der : pénurie de sand­wich à par­tir de 23h mais surtout inter­dic­tion de ven­dre de la bière âpres cette heure.
  • La main stage pas tou­jours au top du son. On aurait pu s’at­ten­dre à un ren­du tech­nique sans faille, surtout en voy­ant le bud­get alloué aux murs faramineux de LED d’une pré­ci­sion unique. Mal­heureuse­ment, quelques petites lacunes tech­niques sont venus ternir le con­cert de Radio­head de ven­dre­di soir avec trois coupures élec­triques, ce qui a bien plom­bé l’am­biance : le groupe a fail­li quit­ter la scène bien avant la fin de leur show.

Gabrielle de Vill­outreys

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