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5 décembre 2013

En Direct de F/LOR et Dirty Beaches (Flèche d’Or, Paris)

par rédaction Tsugi

Hier soir, la soirée était placée sous le signe de l’expérimentation cheloue et du voyage astral. Entre un F/LOR qui nous livre une électro organique et répétitive, bizarre mais pop, et Dirty Beaches qui nous plonge dans un trip fantomatique, la soirée s’est déroulée quelque part dans les limbes. Récit.

On arrive donc pour le début du set de F/LOR. L’ex-NLF3 sort toutes ses petites machines accumulées au fil des années pour nous livrer un vrai set live de musique électronique. Scénographie minimaliste : il est debout devant ses machines avec des bois enneigés pour simple support visuel.

Notre peur de se taper un set d’électronica barbante se dissipe après quelques minutes. F/LOR possède l’art du bricolage. Certains diront qu’il a le cul entre deux chaises, ni vraiment expé, ni vraiment pop, nous on apprécie les syncopes, les basses qui s’arrêtent aussi vite qu’elles démarrent et tous ces sons qui – étrangement – nous rappellent la nature en hiver. F/LOR s’agite derrière ses machines, passant d’un controleur MIDI à un pad, le tout avec une gestuelle proche d’un Daniel Johnston excité. Le set finit sur des vibrations quasiment pures. Quelques minutes supplémentaires et on se laissait emporter.

Mais le gros du morceau de ce soir, c’est bien Dirty Beaches. La longue intro, faite à coup de pads stridents, et de micro plein d’effets et frappé à coups de baguette, pose d’emblée une atmosphère fantomatique. Les deux garçons sont dans l’obscurité, debouts en manteau noir. Puis, tout doucement, la guitare démarre et enfin Dirty Beaches envoie les basses, bien lourdes.

Les voix caverneuses sortent du fond des limbes. L’hypnose prend petit à petit mais le larsen qui conclut le premier morceau nous en sort. Et on replonge dès que le rythme noir reprend. Le son est très noisy et les distorsions presque funk. Un swing qui vient de loin. Alex Zhang Hungtai fait dans le chant habité, comme un Ian Curtis apaisé, et les instrus nous donne l’impression que nos oreilles sifflent en permanence. Le tout est lancinant, mais le rythme est celui d’un vieux blues. Dirty Beaches prend son temps et monte tranquillement en puissance. Quand les basses prennent le devant, il ne nous reste qu’une possibilité : la danse hantée. Toujours ponctuée par des cris d’outre tombe, la fin du set achève de nous plonger dans une transe profonde. « Mirage Hall », long morceau sur lequel Alex Zhang Hungtai hurle « Te quiero » conclue le concert magistralement. Coupure. Le son et la lumière clignotent. Les lumières se rallument, et on sort des ténèbres. C’était définitivement trop court.

Meilleur moment : Cette dame d’une soixantaine d’années cataleptique et habitée.

Pire moment : Là comme ça, on voit pas trop.

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