En direct de Lost In A Moment à Saint-Malo

Depuis une paire d’an­nées, Lost In A Moment pro­pose aux ravers des évène­ments one shot dans des lieux uniques — sous l’égide d’In­nervi­sions, le label d’Âme et Dixon. Au hasard : le Château de Vin­cennes, un monastère espag­nol ou encore le tar­mac de l’aéro­port du Bour­get à Paris. Cette année, leur idée avait de quoi plaire à plus d’un tech­noïde puisque la com­mu­nauté était atten­due sur une petite île, l’Ile du Guesclin, à quelques enca­blures de Saint-Malo.

Comme on pou­vait s’y atten­dre, les places se sont ven­dues comme des petits pains et tout le monde attendait l’event avec impa­tience. Mais c’é­tait sans compter sur la pré­fec­ture de police qui, deux jours avant le jour J, a annulé l’au­tori­sa­tion pour des raisons de sécu­rité dans le con­texte ten­du que l’on con­naît. C’est en tous cas ce que l’or­gan­i­sa­tion de Lost In A Moment déclare, bien qu’à en croire le jour­nal Ouest France, l’au­tori­sa­tion n’au­rait tout bon­nement pas été déposée à la mairie.

A vrai dire, on s’en fiche un peu, puisque Lost In A Moment aura su rebondir à mer­veille en moins de 48 heures, et c’est bien peu dire ! Une solu­tion est en effet trou­vée rapi­de­ment par les organ­isa­teurs — heureuse­ment car l’on appren­dra plus tard que des per­son­nes du pub­lic sont venues de Hol­lande, voire de plus loin encore — et un nou­veau rendez-vous est donc don­né au Fort de Saint-Père; lieu que l’on con­naît bien puisqu’il sera le théâtre, la semaine prochaine, d’un des plus cools fes­ti­vals de l’Hexa­gone : la Route du Rock.

Enfin, une par­tie du Fort de Saint-Père seule­ment, une petite clair­ière, par­faite­ment amé­nagée avec des filets de pro­tec­tion pour délim­iter la zone de fête, des boules à facettes accrochées dans les arbres et des petites lanternes chi­nois­es pour égay­er le tout. Le lieu a un petit côté berli­nois — on pense au club ://about blank — et on trou­ve tous cela plutôt cool, voire car­ré­ment génial pour certains.

Un bar, un stand d’huîtres (Bre­tagne oblige), des toi­lettes sèch­es… tout a été instal­lé à la va-vite mais tout s’ac­corde par­faite­ment et on se sent rapi­de­ment bien en ces lieux. Cer­tains chil­lent couchés dans l’herbe, d’autres siro­tent leurs cock­tails au rhum, gra­cieuse­ment offerts par l’or­gan­i­sa­tion en guise de petit dédom­mage­ment. D’autres encore dansent au son de la musique de manière com­plète­ment décomplexée.

Car bien sûr, c’est bien la musique qui nous rassem­ble tous ici. Sont atten­dus der­rière les platines les trois fon­da­teurs du label Innervi­sions : Âme et Dixon. A notre arrivée, Dixon est déjà en train de servir les plats. Un set par­fait en tous points qui don­nera le ton de la soirée puisque les sets des trois mastodontes font claire­ment par­tie de ce que l’on a enten­du de mieux depuis bien longtemps.

Impos­si­ble, en effet, de ne pas suc­comber à la deep-house envoû­tante et world de l’un et à la tech­no plus indus­trielle et mélodieuse des autres. Et inutile de pré­cis­er que l’on se sent tous — nous, les quelques 600 rescapés de Lost in a Moment — un peu priv­ilégié d’avoir pu assis­ter dans un lieu si feel-good aux per­for­mances de ces trois géants de la scène élec­tron­ique actuelle, en si petit comité.

Alors oui, cer­tains diront que pour le prix du bil­let (plus de cinquante euros, mais vingt euros ont été rem­boursés aux par­tic­i­pants), ils pou­vaient espér­er mieux. Mais au final, on aura per­son­nelle­ment passé une excel­lente soirée, sans fausse note aucune et sans aucun prob­lème d’or­gan­i­sa­tion, bien au con­traire (big up à la sym­pa­thie des agents de sécurité).

Le plus : l’am­biante épurée mais chaleureuse.
Le moins : on serait bien resté trois jours de plus dans cette clair­ière, coupé du monde, tiens ! 

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