Crédit : Nicolas Bresson

En direct de Rave Or Die aux Nuits Fauves avec Marc Acardipane

Les soirées Rave Or Die ont eu la bonne idée d’inviter Marc Acardi­pane, la légende du hard­core alle­mand. Avec en prime un autre vétéran tech­no : Neil Land­strumm. Comme on n’est pas vrai­ment pressés de se retrou­ver en qua­tre planch­es, on a choisi de raver. Grand bien nous en a pris. 

La dernière fois qu’il avait joué à Paris c’était il y a presque 20 ans dans une grande rave du côté de Rungis. Lui, c’est Marc Acardi­pane, l’un des créa­teurs si ce n’est LE créa­teur du son tech­no hard­core à l’orée des années 90 avec ce track qui résonne étrange­ment avec la scène indus­trielle d’aujourd’hui : “We Have Arrived”. Quand on a appris qu’il se pro­dui­sait aux Nuits Fauves dans le cadre d’une soirée Rave Or Die – organ­isée par AMS Book­ing et le DJ/producteur lyon­nais Umwelt – autant vous dire qu’on a pas vrai­ment hésité. Après un rendez‐vous raté l’année dernière au Rex Club juste après les atten­tats du 13 novem­bre – il avait annulé et nous n’avions pas vrai­ment le cœur à cela — voilà l’enfant ter­ri­ble de la scène alle­mande enfin de retour dans la ville lumière. Pour nous faire patien­ter, Rave Or Die pro­po­sait en amont deux lives d’artistes non moins renom­més. Neil Land­strumm, légende tech­no bri­tan­nique, nous accueille donc avec une per­for­mance entre tech­no et bass music, assez ghet­to, avec des grooves par­fois presque housey. Voilà un pro­duc­teur qui a su s’adapter à son temps tout en restant dans une atti­tude et une musique farouche­ment under­ground. Lui suc­céde aux machines son vieux com­plice Bill Young­man et son pro­jet anonyme Head­less Horse­man – le vis­age caché der­rière une fausse crinière main­tenue par sa cas­quette, assez impres­sion­nant. Une tech­no volon­tiers indus­trielle, som­bre et ryth­mique, n’hésitant pas à emprunter des chemins plus breakés. Belle per­for­mance, belle mise en jambe.

Crédit : Nico­las Bres­son

3 heures du matin. On com­mence à crois­er de plus en plus de vieilles con­nais­sances de la scène hard­core parisi­enne. Les quadras – voire plus – sont de sor­tie et celui qu’ils sont venus retrou­ver appa­raît enfin der­rière les platines. Marc Acardi­pane, grand ordon­na­teur du mythique label PCP, reste un éter­nel jeune homme avec son sweat à capuche et sa cas­quette à l’envers. S’il s’est un peu per­du dans les années 2000 avec des pro­duc­tions gab­ber navrantes – ce “Pum Pum Nani Nani” de sin­istre mémoire – il ne va pas en être ques­tion ce soir. Il est d’ailleurs annon­cé sous son alias The Mover, plus tech­no, plus expéri­men­tal. Insi­dieuse­ment, il va pren­dre le pub­lic par la main, pour l’emmener vers des sonorités de plus en plus dures et rapi­des. Il débute ain­si son set avec une tech­no presque atmo­sphérique, entame un pas­sage IDM avec un clin d’œil à Aphex Twin, avant que le pied ne se fasse plus mas­sif, plus per­cu­tant. Il abor­de main­tenant une tech­no lourde et indus­trielle, celle qui plait tant aux kids des ware­hous­es, et établit des ponts avec les pro­duc­tions les plus lentes de ses labels Cold Rush et PCP avant de con­clure la pre­mière moitié de son set avec “We Have Arrived”. Puis, le natif de Franc­fort, va se lancer dans une sorte de best‐of de ses influ­ences, faisant plaisir aux anciens non sans réjouir les plus jeunes. Dans une sorte de megamix infer­nal on retrou­ve ain­si “The Art Of Stalk­ing” de Sub­ur­ban Knight, “Men­tasm” de Joey Bel­tram, l’incroyable “Thou­sand” de Moby et même le clas­sique tech­no belge “James Brown Is Dead”. Dans les vingt dernières min­utes il choisit d’accélérer enfin le tem­po et de jouer cer­tains de ses hymnes pure­ment hard­core comme l’inoubliable “Pitch Hik­er” ou “Six Mil­lions Ways To Die”. Le pub­lic exulte sous le regard amusé de Rubik, dis­trib­u­teur his­torique du genre en France et vieux com­plice d’Acardipane. Bien sûr, ce n’était pas tech­nique­ment le set le plus pro­pre de l’année, ni celui nous sor­tant des pépites incroy­ables chinées on ne sait où, mais on s’est bien amusés. Et c’est là l’essentiel.

Crédit : Nico­las Bres­son

Meilleur moment : L’hystérie col­lec­tive quand les BPM ont franchi le mur des 180. Hard­core will nev­er die !
Pire moment : Nuits Fauves est un club à tem­péra­ture ambiante, sans chauffage. Bon, en même temps, on a économisé le ves­ti­aire…

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