En direct de The xx au Zenith de Paris

Quand Jamie xx vole la vedette à ses deux cama­rades.

Et le Zenith s’enflamma. Enfin. Mais il aura fal­lu atten­dre une bonne heure et un final étour­dis­sant emmené par une fameuse ver­sion live de “Loud Places” pour voir la salle de la Porte de Pan­tin se lever et se met­tre à décoller sous les coups de boutoirs de Jamie xx qui don­nait en direct “la” ver­sion que l’on attendait tant depuis ses faux vrais lives de l’an dernier. Frus­tré que l’on avait été d’assister à de sim­ples DJ-sets. Mais c’est quand même un para­doxe que ce soit un titre de l’album solo de l’un de ses mem­bres qui a con­sti­tué sans aucun doute “le” grand moment de ce con­cert de The xx. Eux, qui n’avaient pas joué dans la cap­i­tale depuis 2012 et un con­cert lumineux au Cirque d’hiver. Tout au long de leur per­for­mance, Oliv­er Sim et Romy Madley Croft (ne deman­dons pas à Jamie de par­ler, faut pas décon­ner) fer­ont d’ailleurs de mul­ti­ples références à leur attache­ment à Paris. Le bassiste mesurait même tout le chemin par­cou­ru jusqu’à aujourd’hui en se rap­pelant de leur pre­mier con­cert au Point Ephémère. Alors oui tout cela était émou­vant, à l’image du trac avoué par Romy au moment d’entamer toute seule un touchant “Brave For You”, mais on gardera surtout en mémoire la dif­fi­culté du trio d’occuper l’espace tant physique que sonore du Zénith. Pour­tant, la scéno­gra­phie très réussie, basée sur de haut miroirs tournoy­ant et entourant un groupe jouant sur un sol recou­vert de dalles lumineuses à la Sat­ur­day Night Fever, con­sti­tu­ait un écrin chaleureux, prop­ice à toutes les audaces. Mais hormis le moment de gloire de Jamie, d’audace il n’y eu point tout au long de cette courte heure et quart où le trio sem­ble tout faire pour surtout ne jamais sor­tir de l’espèce de faux rythme qu’il s’est imposé. De là à penser que l’on aurait mieux fait de rester à la mai­son devant sa télé pour voir le PSG étriller Barcelone, même pour un sup­port­er de l’OM, cela aurait pu être envis­age­able.

Meilleur moment : “Loud Places” bien évidem­ment.
Pire moment : Pas sur scène, mais dans la salle avec l’inévitable ser­pentin humain pour con­duire au graal hou­blon­né. Nous, on a renon­cé.

(Vis­ité 5 719 fois)