En direct du DGTL Festival à Barcelone

Barcelone ! Que l’on aime cette ville. Ses tapas, ses plages, son port avec ses énormes paque­bots, ses collines, l’ambiance de sa Ram­bla, ses chefs d’œuvres archi­tec­turaux signés Gau­di… Et puis ses fes­ti­vals élec­tro bien sûr. L’historique Sonar, le plus récent IR BCN et désor­mais le DGTL. En fait, ce nou­veau venu est le petit frère d’un grand raout organ­isé chaque print­emps du côté d’Amsterdam. L’édition cata­lane se tient, elle, depuis deux ans à la mi-août, en plein rush touris­tique, sur le site du Parc del Forum, là où se déroule un autre mastodonte : le Pri­mav­era Sound. Un lieu qui pos­sède beau­coup d’atouts. Facile­ment acces­si­ble en métro, en bord de mer et pos­sé­dant un décor pas pour nous déplaire : un gigan­tesque pan­neau solaire sous lequel pre­nait place un dance­floor, un vaste hangar qui accueil­lait lui aus­si une scène. L’alliance d’éléments immuables — la Méditer­ranée — et de con­struc­tions de métal et de béton inscrites dans une tem­po­ral­ité. Un truc très tech­no en somme. La con­fig­u­ra­tion adop­tée par le DGTL autori­sait une fête de taille moyenne. Du monde mais sans cette impres­sion sou­vent désagréable d’être dans un fes­ti­val pachy­der­mique et anonyme. Au total près de 30 000 per­son­nes se sont déplacées sur les deux jours de l’événement. On appré­ci­ait aus­si le fait que sur deux scènes, celle pure­ment tech­no et l’autre pure­ment house, les artistes n’avaient pas été placés trop en hau­teur, per­me­t­tant une belle prox­im­ité avec le public.

Quand KiNK redore le bla­son du live électronique 

KiNK au DGTL. Crédit : Nico­las Bresson

Les horaires du DGTL étaient eux aus­si atyp­iques. Ni vrai­ment une fête diurne, les fes­tiv­ités débu­tant à 15 heures, ni une bac­cha­nale noc­turne, les hos­til­ités s’achevant à 3 heures du matin. Un truc entre les deux. A moins que ce ne soit dû à la fameuse heure espag­nole. La plu­part des presta­tions live avaient été placées, on ne sait trop pourquoi, le ven­dre­di. Ain­si à notre arrivée nous sommes tout de suite hap­pés par le live tech­no et mod­u­laire du vétéran bri­tan­nique Sur­geon. Le nou­v­el ami de Lady Gaga a certes rasé sa barbe mais n’a rien changé à la rad­i­cal­ité de sa musique. Puis­sant ! Pas trop pressés d’aller voir des DJ’s on pour­suit sur notre lancée avec la per­for­mance de KiNK. Le bul­gare s’amuse comme un gamin avec ses jou­joux élec­tron­iques. Une petite impro au clavier par ci, un scratch aux platines sam­plé en direct par là. Et vas‑y que je te sors un boiti­er wire­less qui fait un bruit bizarre quand je le déplace ver­ti­cale­ment. En voilà un qui ne se con­tente pas d’appuyer sur play et de faire tourn­er vague­ment deux potards pour faire sem­blant de mod­i­fi­er quelque chose. Un vrai live, ludique, plein d’énergie et un KiNK vis­i­ble­ment ravi de partager cela avec son pub­lic. On ne peut pas en dire autant de Dixon, vis­i­ble­ment pas en super forme et délivrant un set cor­rect mais sans plus. La fin de notre pre­mière soirée au DGTL nous ver­ra pass­er de la house/techno légère­ment dark de Maceo Plex qui s’avère être l’un des meilleurs DJ actuelle­ment sur le cir­cuit, à un Ben UFO d’humeur très funky. Serait-ce dû au soleil de Barcelone ?

Leçon d’hypnose col­lec­tive par Âme et Rødhåd 

Rød­håd et Kris­t­ian Bey­er de Âme au DGTL. Crédit : Nico­las Bresson

Alors que la chaleur écras­ante a rameuté la foule des grands jours sur la plage, la raideur du set tech­no de Paula Tem­ple crée un con­traste sai­sis­sant. En quelques instants nous voilà passés d’une ambiance de touristes en tongs et servi­ette à celle d’une usine du nord, peut-être même à un haut fourneau. La DJ alle­mande assène un son indus­triel mar­qué du sceau des 90’s. Une belle entrée en matière pour ce same­di qui, on vous ras­sure, sera aus­si ponc­tué par des musiques plus douces. Alors que Robert Hood reprend avec sa tech­no métronomique on file voir John Tal­abot. Le local de l’étape nous fait une forte impres­sion avec sa house men­tale, froide et per­cu­tante à la fois. Mais le clou du spec­ta­cle est à venir avec la paire alle­mande con­sti­tuée par Rød­håd et Kris­t­ian Bey­er de Âme. Venus d’univers musi­caux sen­si­ble­ment dif­férents, on ne peut pas dire que les deux se cherchent pour autant. Ils se sont déjà trou­vés. A mi-chemin entre la tech­no polaire et rig­oriste de l’un et la house aven­tureuse et mélodique de l’autre, ils ont délivrés un set groovy, per­cu­tant et surtout hyp­no­tique, s’amusant à jouer avec notre per­cep­tion tem­porelle. En manque de musique plus black, on passe voir l’excellent Jere­my Under­ground, que l’on retrou­ve en plein exer­ci­ce house/garage/disco devant un pub­lic con­quis et souri­ant. Un peu de douceur et d’amour dans ce monde de brutes. On ne dit pas cela pour Mar­cel Dettmann et Ben Klock qui jouaient l’un à la suite de l’autre sur la scène tech­no “puriste”. Nous achevions ce DGTL avec Nina Krav­iz, il fal­lait d’ailleurs voir le monde qui s’agglutinait back­stage. Tou­jours prompte à ressor­tir des clas­siques tech­no 90’s elle nous grat­i­fi­ait même cette fois de deux morceaux du label belge Bon­zaï Records. A la lim­ite du bon goût et pour­tant très efficace.

Notre report vidéo avec – atten­tion — un dra­peau bre­ton à l’intérieur :

Meilleur moment : Se dire qu’on va rester un quart d’heure pour faire des images du set de Âme B2B Rød­håd. Etre tou­jours là à danser 90 min­utes plus tard.

Pire moment : Attein­dre la scène sans le pass adéquat le lende­main lors du “Brunch In The Park” avec Lau­rent Gar­nier pour faire quelques pho­tos. Se faire jeter direct par un organ­isa­teur bien remon­té — qui est aus­si celui de DGTL.

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