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En février 2020, Amelie Lens, Milo Spykers et Ahl Iver au Rex Club / ©David Boschet
23 septembre 2021

Et 18 mois plus tard, le Rex Club rouvre : l’équipe nous raconte

par Tsugi

Le temps commençait à être long. Comme tant d’autres, le Rex, emblème des nuits parisiennes, a dû fermer ses portes pendant 18 mois, sans discontinuer. Mais l’attente se termine enfin ce soir, et l’équipe du lieu a tout fait pour rouvrir dans les meilleures conditions possibles. Victorien Jacquemond, chargé de communication, et Antoine Molkhou, programmateur, nous racontent comment ils ont pu sortir la tête hors de l’eau. 

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Le Rex Club vide en 2020 / ©David Boschet

Comment avez-vous tenu le coup pendant ces 18 mois de fermeture, tant financièrement que moralement ?

Victorien : Sur le plan financier, déjà, on a loué le club à une société d’audiovisuel du nom de Lumens Box, entre janvier et début septembre de cette année. Ça nous a permis d’avoir une rentrée de loyer, et de faire vivre le lieu. À part ça, on a également bénéficié du chômage partiel, à la hauteur maximale pour tous les salariés. Les auto-entrepreneurs qui travaillent avec nous n’en ont malheureusement pas profité, l’aide dédiée n’était qu’à hauteur de 1 500 euros. Et on a également touché une aide supplémentaire équivalente à 20 % de notre chiffre d’affaires, ce qui a permis de maintenir le club. Au-delà de ça, le Rex n’a pas de loyer à rembourser, nous ne louons pas nos locaux, contrairement à des confrères comme le Badaboum ou le Sacré, ce qui est une chance pour nous.

Antoine : Moralement, il y a eu plusieurs étapes. Il y a bien sûr eu des moments où on était abattus, parce qu’on ne voyait pas le bout de la crise. Je pense que personne ne pensait que ça allait durer 18 mois. Il y a aussi eu des moments d’espoir. On a eu la chance de pouvoir bosser cet été, on a monté quelques projets, on a pu arrêter de penser à tout ça. On a essayé de ne pas trop se prendre la tête non plus, parce que de toute façon, il n’y avait rien à faire, et c’était pareil pour tout le monde. On pensait aux autres, les théâtres, les restaurants, les cinémas, etc. On savait qu’on était les premiers fermés et les derniers à rouvrir.

 

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Finalement, la voilà cette réouverture. Quel est le programme ? 

Victorien : On démarre avec beaucoup de résidents. Il y a déjà Mézigue et Mad Rey en b2b qui vont ouvrir, avec une nouvelle sur la scène, Louise Lavi. Le lendemain, c’est le collectif des Sœurs Malsaines qui propose un line-up 100 % féminin, puis La Mamie’s en format All Night Long le samedi, et Laurent Garnier le dimanche. Donc on a pensé français et proximité, mais en voyant aussi les choses en grand. On est surtout très contents de pouvoir faire retravailler des gens, qui plus est des gens chers au club, et importants pour nous.

Antoine : Pour le reste de l’année, on est déjà très avancés, avec aussi beaucoup de dates calées en 2022. Il y a 130 dates à reporter, ça a été un travail fastidieux, et certaines dates ont été reportées plusieurs fois parce qu’on a cru qu’on pourrait reprendre. Et il a aussi fallu parfois reprendre des avances qu’on avait faites, et ce n’était pas agréable de réclamer de l’argent à des gens qui ne travaillent pas non plus, mais les agents ont joué le jeu. Il y a encore des choses qui bougent. C’est très important qu’on puisse avoir de la visibilité à long terme, pour éviter les surcoûts, même si on ne peut pas être autant en avance qu’on ne l’était avant. 

Est-ce que des choses vont évoluer après cette longue pause ? 

Antoine : On s’est beaucoup rapprochés de la maison mère, c’est-à-dire du cinéma. Le groupe a souhaité que les deux entités, qui étaient quand même très séparées, se rapprochent. On se serre plus les coudes qu’avant. Et on a un nouveau chargé de production, l’ancien est justement parti au Grand Rex. Sinon, le fonctionnement reste le même, on veut toujours mettre en avant la scène française, continuer de travailler sur notre inclusivité. Notre principal objectif, tout ce temps, c’était la réouverture, même si on était moins sous pression que d’autres. Et l’état d’esprit est au beau fixe : on est prêts à affronter plein de choses. L’euphorie de la réouverture est passée, puisque les clubs ont pu rouvrir depuis plusieurs semaines. Mais on sait que des gens vont être contents de revenir. On a une année difficile qui arrive, mais ça ne peut pas être plus dur que ces 18 derniers mois.

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