Crédit photo : Stéphanie Durbic

Eurockéennes : le bras de fer continue entre Matthieu Pigasse et la préfecture de Belfort

Décidé­ment, la sai­son des fes­ti­vals est pleine de rebondisse­ments cette année. Entre les cachots instal­lés à Dour et un viol pré­sumé au Hellfest, le fes­ti­val des Eurock­éennes, qui a eu lieu du 4 au 7 juil­let, a égale­ment eu à faire à deux vio­ls sur le camp­ing et une large opéra­tion anti-drogues. Des actu­al­ités dignes d’un thriller.

Le fes­ti­val des Eurock­éennes de Belfort a dû faire face à un ren­force­ment des con­trôles de stupé­fi­ants et des fouilles par les gen­darmes sur le camp­ing du fes­ti­val, à l’entrée des scènes mais égale­ment au niveau de l’espace mécènes (ce qui est démen­ti par la préfète Sophie Elizéon). Petit détail : l’organisation du fes­ti­val n’a pas été prév­enue de cette opéra­tion. Et ça n’a pas plu à Matthieu Pigasse, le prési­dent des Eurock­éennes. Il a donc écrit une let­tre à la préfète.

Dans une inter­view à L’Est Répub­li­cain, l’homme d’affaires français explique avoir été sidéré de cette venue sur­prise des forces de l’ordre avec les chiens. Selon lui, “c’est sans précé­dent au cours des trente dernières années.” Dès le pre­mier jour, les gen­darmes avaient déjà inter­pel­lé 45 personnes.

Le prési­dent du fes­ti­val a exprimé son incom­préhen­sion : “Quand on réduit de 60 % le nom­bre de gen­darmes sur le site, comme ils l’ont fait cette année, et que ceux-ci sont util­isés pour arrêter des gens qui ont trois grammes de cannabis sur eux, on se dit que ce n’est pas la priorité.”

Matthieu Pigasse

Matthieu Pigasse

La sécurité et les Eurockéennes : une histoire de désamour depuis 2018

Ces péripéties s’ajoutent au bras de fer entre les Eurock­éennes et la pré­fec­ture du ter­ri­toire de Belfort quant aux frais de sécu­rité du fes­ti­val.
Pour rap­pel, le coût du dis­posi­tif de sécu­rité assurée par les forces de l’ordre s’élevait à 80 000€ pour le fes­ti­val sur un total de 254 000€ en 2018. L’année d’avant, la total­ité de la fac­ture était seule­ment de 30 000€, soit une aug­men­ta­tion de 800%. Oui, vous avez bien lu, et non, ce n’est pas une erreur de frappe. Cette aug­men­ta­tion s’explique par la requal­i­fi­ca­tion du fes­ti­val en tant qu’événement à but lucratif.

En réac­tion, Matthieu Pigasse avait saisi le tri­bunal admin­is­tratif pour con­tester cette déci­sion. Dans l’interview don­née à l’Est Répub­li­cain, il explique ceci : “Nous avons fait une propo­si­tion, comme un geste d’ouverture et d’apaisement, qui con­sis­tait à accepter une hausse de 100% des frais de sécu­rité à notre charge cette année, alors qu’on a par ailleurs 60% de gen­darmes en moins, à con­di­tion que soit recon­nu notre car­ac­tère non lucratif. Cette propo­si­tion généreuse a été rejetée sans ménage­ment ni dis­cus­sion par la pré­fec­ture.” Affaire à suivre.

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