©Nina Orliange

Flavien Berger et Oklou : une collaboration idéale

L’un est l’artiste le plus roman­tique de la scène electro-pop française actuelle, l’autre une fig­ure de l’un­der­ground élec­tron­ique en pleine ascen­sion, Flavien Berg­er et Oklou se sont trou­vés sur le titre “Toy­ota” et nous racon­tent cette ren­con­tre.

Deux noms sym­bol­es de la douceur à la française, Flavien Berg­er et Oklou livrent une col­lab­o­ra­tion touchante pour le titre “Toy­ota” sor­ti le 22 jan­vi­er 2020. Ce morceau est une sorte de balade glacée qui ravive la douceur latente du print­emps encore timide. L’idée de départ ? Com­pos­er “un sim­ple riff de clavier, un clavier tout doux, un riff que t’ou­blies pas, idéale­ment, qui serait presque crée avec le désir incon­scient qu’il se trans­forme en madeleine de Proust pour quelqu’un qui aura 20 ans dans 15 ans”, explique Oklou. C’é­tait un pro­jet qu’ils lais­saient murir depuis 2018. Elle, est pro­duc­trice, chanteuse, com­positrice, et on ne s’est tou­jours remis de la beauté de son dernier EP The Rite Of May (2018). Lui, est égale­ment chanteur, pro­duc­teur et com­pos­i­teur d’al­bums signés chez Pan Euro­pean tels que Léviathan (2015) ou l’un des albums les plus applaud­is de 2018, Contre-Temps.

Une ren­con­tre comme sur une aire d’au­toroute en hiv­er, pour voir les chevreuils du matin, autour d’une bonne Ricoré lio­phylisée, avec de la neige à la radio.”

Ils avaient déjà partagé la scène lors du con­cert de Flavien Berg­er au Casi­no de Paris en décem­bre 2019. Mary­lou Mayniel, de son doux nom, a fait de “Toy­ota” sa pre­mière chan­son en français. Et, en com­pag­nie de Berg­er, elle a su dépass­er l’in­quié­tude de com­pos­er avec sa langue mater­nelle. Elle con­fie : “Au départ le texte était un brouil­lon en anglais, et finale­ment, le car­ac­tère très naïf de la mélodie du clavier m’a poussé à oser bal­bu­ti­er du français. Je savais que le résul­tat serait frag­ile, mais c’est comme si le clavier me dis­ait : “T’in­quiète, j’ac­cueille la vul­néra­bil­ité, allez viens, utilise la langue mère !” Quand il a été ques­tion de pub­li­er le morceau, j’ai voulu l’of­frir à Flavien comme une exper­tise, une sorte de par­rainage, j’avais besoin d’être ras­surée.” Pour Flavien Berg­er, col­la­bor­er avec Oklou a été l’oc­ca­sion de lui emprunter cer­taines qual­ités comme “les mélodies cyber-fantasy, le tra­vail de déshu­man­i­sa­tion des voix, la sen­si­bil­ité du choix des accords, comme une juste math­é­ma­tique des sen­ti­ments, le courage dans l’ex­plo­ration, les paysages sur­pris­es”.

Ce morceau “Toy­ota” est comme une ren­con­tre “sur une aire d’au­toroute en hiv­er, pour voir les chevreuils du matin, autour d’une bonne Ricoré lio­phylisée, avec de la neige à la radio”, racon­te à sa manière ce grand roman­tique. Et on espère en avoir d’autres comme ça.

©Nina Orliange

Oklou sera en con­cert le 4 juin au Pri­mav­era Fes­ti­val de Barcelone et le 16 juil­let au Dour Fes­ti­val.

Et on ne va pas se priv­er de (ré)écouter le dernier titre d’Ok­lou en solo qui laisse présager le meilleur :

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