Franz Ferdinand en couv’ de Tsugi 108, en kiosque samedi 9 décembre !

Ce mag­a­zine est unique. Oui par­faite­ment. La preuve : est‐ce que vous en con­nais­sez un autre sur toute la sur­face de cette putain de planète capa­ble d’enchaîner sans sour­ciller sur sa cou­ver­ture King Krule, Rød­håd et Franz Fer­di­nand ? Une suc­ces­sion qui n’est rien de moins que logique, puisque ces trois artistes livrent trois albums qui comptent par­mi les plus pas­sion­nants de ces derniers mois. Cor­rec­tion. Il vous fau­dra quand même atten­dre un petit peu pour écouter Always Ascend­ing de Franz Fer­di­nand, qui ne sor­ti­ra que début févri­er. Nous avons eu un vrai coup de foudre pour ce disque où les Écos­sais, magis­trale­ment dri­vés par Philippe Zdar à la pro­duc­tion, retrou­vent une nou­velle inven­tiv­ité en puisant une énergie de tous les instants dans une inspi­ra­tion très élec­tron­ique. Comme nous avons eu la chance d’en voir la tra­duc­tion scénique lors d’un con­cert sur­prise au Point Éphémère en octo­bre, on peut déjà annon­cer que les fes­ti­vals où ils ne man­queront pas de se pro­duire en 2018 vont se trans­former en dance­floor géant.

Notre avant‐dernier numéro de l’année (notez la date du 23 décem­bre pour la sor­tie du hors‐série d’hiver) hon­ore égale­ment la jeune généra­tion. Que ce soit dans le rap avec Ichon et Kekra, ou l’électronique avec Dar­ius, auteur d’un splen­dide pre­mier album et les col­lec­tifs Pos­i­tive Edu­ca­tion, Metaphore et BFDM qui inven­tent aujourd’hui l’activisme tech­no (mais pas que…) de demain.
L’activisme, c’était le cheval de bataille de Renaud Gay, que l’on appelait famil­ière­ment Reno Expres­sil­lon, du nom du label qu’il avait créé en 1998. À la suite de sa dis­pari­tion le mois dernier, nous lui ren­dons un juste hom­mage dans ces pages. Lui qui s’est bat­tu toute sa vie pour faire plus de bruit n’aurait sans doute pas appré­cié la ridicule lim­i­ta­tion du son dans les clubs et salles de con­cert mise en chantier par le gou­verne­ment au soi‐disant nom de la san­té publique. Une baisse de quelques déci­bels qui pour­rait plomber l’ambiance des futures teufs. Alors d’ici là, on ne se privera pas de tout pouss­er dans le rouge. Avec mod­éra­tion naturelle­ment.

Rendez‐vous le same­di 9 décem­bre en kiosque, avec Franz Fer­di­nand donc, mais aus­si un CD mixé par DJ AZF, l’album du mois par Hec­tor Gachan, The Juan Maclean qui nous par­le de sa pas­sion pour les vieilles motos, D’Julz qui dévoile ses inspi­ra­tions, des ren­con­tres avec Folam­our, Myd, Lenpar­rot, Dil­lon, Unno, Matthew Her­bert, Trevor Jack­son, des chroniques, Dar­ius qui joue au blind­test, un com­para­tif Ichon/Kekra, une enquête sur la lim­i­ta­tion sonore dans les clubs, toutes les infos sur vos fes­ti­vals favoris… etc. Mais en atten­dant, on est super gen­til et on vous laisse lire le début de l’interview de Franz Fer­di­nand par Benoît Car­reti­er :

Après quinze années d’une car­rière jalon­née de suc­cès, Franz Fer­di­nand fait sa révo­lu­tion. Avec son cinquième album Always Ascend­ing, le désor­mais quin­tette effectue un reboot com­plet à grand ren­fort de groove élec­tron­ique. Direc­tion le dance­floor.

Mer­cre­di 25 octo­bre, Point Éphémère, Paris. Quelque 300 per­son­nes se pressent à l’invitation d’un site de stream­ing pour un con­cert intimiste des Écos­sais de Franz Fer­di­nand. Une con­fig­u­ra­tion inhab­ituelle pour un groupe désor­mais habitué à jouer devant 30 000 per­son­nes, comme deux mois aupar­a­vant à Rock‐en‐Seine. Mais le choix de la petite salle du quai de Valmy n’a rien d’anodin. Le chanteur Alex Kapra­nos avait prof­ité en avril dernier d’une pause pen­dant le mix­age du cinquième album de son groupe dans les stu­dios du pro­duc­teur Philippe Zdar pour y assis­ter à un con­cert de The Moon­land­ingz. Tombé sous le charme de l’atmosphère chaleureuse du lieu, il s’était promis d’y jouer un jour. Et c’est devant un pub­lic entière­ment acquis à sa cause que la bande de Glas­gow se chargeait en cette froide soirée de dévoil­er quelques extraits d’Always Ascend­ing le temps d’un con­cert dif­fusé en simul­tané sur les réseaux soci­aux. Un véri­ta­ble pari. Décou­vrant en direct les nou­velles com­po­si­tions, l’audience sem­blait par­fois désarçon­née par ces nou­veaux titres, préférant s’époumoner sur les stan­dards du groupe comme “Walk Away” ou “Take Me Out”. Franz Fer­di­nand a muté, et le résul­tat est sur­prenant. Fini l’immédiateté et la ful­gu­rance de sa for­mule guitares/basse/batterie qui fai­sait danser les foules. À la faveur d’éléments favor­ables et con­traires, le groupe a fait sa révo­lu­tion. Il y a eu d’abord en 2015 le pro­jet FFS, en col­lab­o­ra­tion avec les vénérables Sparks, avec un album débridé et déca­dent, suivi du départ de Nick McCarthy (gui­tares et deux­ième voix du quatuor) pour s’occuper de sa famille (il ne voulait plus tourn­er). Réduit au trio Alex Kapra­nos (gui­tares et voix), Paul Thom­son (bat­terie) et Robert Hardy (bassiste et voix addi­tion­nelle), Franz Fer­di­nand s’est décidé poussé par son leader à revenir à ses inten­tions de départ, faire danser les gens. Si le groupe a tou­jours inté­gré l’électronique à sa musique, quitte à s’y per­dre comme sur le troisième album Tonight, sa for­mule se prê­tait par­ti­c­ulière­ment bien à l’exercice des remix­es. Mais aujourd’hui, l’intégration du multi‐instrumentiste Julian Cor­rie, respon­s­able sous le nom de Miaoux Miaoux d’une poignée d’albums synth‐pop, et la col­lab­o­ra­tion avec Zdar (qui compte à son pal­marès de pro­duc­teur Phoenix, Beast­ie Boys ou The Rap­ture) a propul­sé Franz Fer­di­nand dans une autre dimen­sion. L’ambitieux Always Ascend­ing, à la fois com­plexe et léger, lou­voie entre pop et italo‐disco, no wave, psy­chédélisme, balearic ou house, à l’image du pre­mier sin­gle homonyme et de sa mon­tée inter­minable qui évoque le meilleur de Soul­wax. Un album inclass­able que le charis­ma­tique Alex Kapra­nos, attablé dans un salon de thé/restaurant lon­donien quinze jours après le con­cert du Point Éphémère, défend avec verve tout en engloutis­sant une étrange salade à base de graines ger­mées. Au menu, obses­sion pour le change­ment et dance music.

On vous a lais­sés il y a un an sur la charge anti‐Trump “Dem­a­gogue”, un titre toutes gui­tares en avant, enreg­istré dans le cadre de l’opération de protes­ta­tion “30 days 30 songs”, qui précé­dait l’élection prési­den­tielle améri­caine de 2016. On vous retrou­ve avec un album léger, groovy… Que s’est-il passé ?

Dem­a­gogue” est né au début de l’écriture d’Always Ascend­ing, mais son sujet, Don­ald Trump, a influé sur la musique. Nous voulions cette chan­son bru­tale, gênante, hor­ri­ble, repous­sante, comme celui a laque­lle elle était dédiée. Il y a de la colère dans ce morceau, et il y en aurait encore plus aujourd’hui quand on voit tout ce qui s’est passé depuis l’élection de Trump : le Brex­it qui se pro­file, les lég­isla­tives en Grande‐Bretagne, et plus glob­ale­ment le résul­tat des élec­tions partout dans le monde. On a vrai­ment l’impression de vivre un cauchemar dystopique. Il existe plusieurs manières de répon­dre à cette sit­u­a­tion angois­sante. Soit par la colère, soit par l’espoir. “Dem­a­gogue” était une réponse colérique, Always Ascend­ing est une réponse pos­i­tive.

La suite à retrou­ver en kiosque ou à la com­mande ici à par­tir du same­di 9 décem­bre ! 

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