Crédit : Benoît Hermet

Garorock 2018 : GaroHot!

par Tsugi

Mal­gré l’annulation du dernier soir, le Garo­rock de Mar­mande a fait vibr­er plus de 100 000 fes­ti­va­liers avec des temps forts des stars du rap français et des DJs et pro­duc­teurs comme Bicep, Dixon ou Nina Krav­iz.

C’est sous une chaleur canic­u­laire et dans une ambiance tou­jours aus­si fes­tive que s’est tenue la 22e édi­tion du Garo­rock. Fidèle aux années précé­dentes, le fes­ti­val affichait une pro­gram­ma­tion éclec­tique très riche. Mal­gré l’annulation du dernier soir en rai­son d’un arrêté pré­fec­toral pour men­ace de tem­pête, le fes­ti­val a large­ment tenu ses promess­es. Au total, 110 500 per­son­nes sur 3 jours et une myr­i­ade d’artistes très en forme. Sans oubli­er l’accueil vrai­ment ami­cal et la grande disponi­bil­ité des équipes sur place.

Du côté des têtes d’affiche, on trou­vait aus­si bien Indo­chine, Mar­i­lyn Man­son, Char­lotte Gains­bourg, DJ Snake ou les rappeurs Mack­le­more, Eddy de Pret­to, Orel­san et Nek­feu. Mar­i­lyn Man­son a allumé les pre­mières flammes le ven­dre­di soir avec un show hal­lu­ci­nant. Eddy de Pret­to a réu­ni l’une des plus gross­es jauges du fes­ti­val, inau­gu­rant la nou­velle scène Garo­club Deez­er. Un énorme coup de cœur du pub­lic pour le charisme du jeune artiste qui enchaîne les dates en 2018. Même qual­ité d’interprétation d’Orelsan et autant d’interactivité avec le pub­lic. L’autre star du rap français, Nek­feu, a fait décoller le same­di soir. Acca­blés jusque‐là par la chaleur étouf­fante, les fes­ti­va­liers ont été polar­isés par l’arrivée du rappeur qui a vrai­ment fait mon­ter la pres­sion… Un peu trop même apparem­ment dans les pogos de la fos­se !

Char­lotte Gains­bourg. Crédit : Benoît Her­met

Plus tôt dans la journée, le flow très groovy de Smokey Joe & The Kid avait cap­tivé par ses sonorités cuiv­rées dans l’esprit brass band. Du côté des rock­ers, on a pu appréci­er le set des Anglais de Fat White Fam­i­ly et la voix puis­sante de leur chanteur Lias Saou­di. La per­for­mance de Black Rebel Motor­cy­cle Club a aus­si mon­tré une très grande effi­cac­ité avec une énergie dans la pure tra­di­tion du rock’n’roll.

De Char­lotte Gains­bourg, on pou­vait peut‐être s’interroger sur sa capac­ité à trou­ver sa place sur ses grandes scènes face à 15 ou 20 000 per­son­nes. Mais les com­po­si­tions de son dernier album, Rest, portées par son très bon back­ing band, ont trou­vé un espace à leur mesure, dans une belle scéno­gra­phie tout en traits de lumières. La chanteuse a mêlé morceaux planants aux claviers et chan­sons plus ryth­mées avec sa grâce habituelle.

La musique élec­tron­ique a aus­si tenu ses promess­es. Le duo Bicep, qui a par­cou­ru un sacré chemin depuis leurs débuts de blogueurs musi­caux à Belfast, a mon­tré tout son tal­ent à mix­er des influ­ences house, tech­no, jun­gle, avec un style bien à eux. À une autre échelle, dans un show XXL en mode feu d’artifice, DJ Snake n’a pas fail­li à sa répu­ta­tion de star inter­na­tionale pour son pre­mier Garo­rock. La place était chaude pour retrou­ver sur la scène du Garo­club Deez­er les sets du Berli­nois Dixon, superbe, entre deep house et tech house, puis de Nina Krav­iz. La DJ et pro­duc­trice russe a démul­ti­plié les sen­sa­tions fortes avec sa tech­no mixée de deep house et d’acid, con­nue pour ses beats hyp­no­tiques, ren­for­cés par des jeux de lumières hal­lu­ci­nants… Le dimanche soir, s’il n’y avait pas eu la men­ace de vio­lent orages, il y aurait eu MGMT, Petit Fan­tôme, Roméo Elvis et Thérapie TAXI… On aurait adoré mais ça sera pour une autre fois, le Garo nous a déjà tenu en haleine !

Meilleur moment : Le set de Nina Krav­iz, intense… Ou alors la vic­toire de l’équipe de France de foot quelques heures avant dans une ambiance sur­chauf­fée !

Pire moment : On aurait adoré voir sur scène les Thérapie TAXI fea­tur­ing Roméo Elvis pour inter­préter leur super “Hit sale”…

Benoît Her­met

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