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19 octobre 2016

Golden Bug, passion sculpture

par rédaction Tsugi

Producteur, patron du label La Belle Records, Golden Bug vient de sortir un superbe clip pour illustrer « Accroché à moi », extrait de son dernier album V.I.C.T.O.R

Mais Golden Bug est aussi un sculpteur accompli qui expose dans des galeries d’art, où ses oeuvres se négocient jusqu’à 5 000 € pièce. Récit d’une « autre passion ». 

« Quand j’étais jeune, ma mère avait une boutique de jouets spécialisée en importation de robots japonais, ‘La maison du robot’. J’ai donc toujours évolué au milieu des jouets et de cet univers. Un jour, elle est rentrée chez nous avec un prototype vu sur un salon nommé V.I.C.T.O.R. C’était l’un des premiers robots télécommandés. J’ai repris son nom comme titre de mon album et de mon live, c’est un clin d’oeil amusé à mon enfance. Je m’intéresse à l’art contemporain et surtout à la sculpture depuis plus de vingt ans. J’essaye de rester curieux, je vais régulièrement voir des expos, mais en 2007, j’ai été amené à mettre les mains à l’ouvrage. J’avais besoin d’un bol d’oxygène, en dehors de la musique et une société espagnole m’a commandé des jouets de collection qui allaient être distribués partout. Il s’agissait d’objets dont le thème tournait autour des insectes. Surtout, je devais en imaginer trente, on était donc proche d’un rythme industriel. Étant débutant, j’ai commencé en tâtonnant à sculpter ces objets. Cette première expérience m’a donné goût à cet art, j’ai ensuite cherché à développer des projets plus personnels. D’ailleurs, c’est à cette même époque que j’ai commencé à travailler mon projet musical actuel. Au moment de sa sortie sur le label allemand Gomma, je cherchais un nom de groupe et je me suis inspiré du nom d’une de mes figurines, un insecte coloré et un peu baveux. Je fais les choses d’une façon ludique, je ne me considère donc pas comme un artiste, mais plutôt comme un ‘bidouilleur’ d’art contemporain. Je n’ai d’ailleurs pas d’ambition dans ce milieu sinon de faire des choses qui me plaisent.

Depuis, je me suis lancé sur de plus grosses sculptures en utilisant l’ancêtre de l’imprimante 3D. C’est ainsi qu’est né V.I.C.T.O.R, une figurine d’un mètre de haut que j’ai fabriquée en série limitée et numérotée de trente exemplaires, en quelques coloris donnant parfois des modèles uniques. Elles étaient présentées dans des galeries d’art à Paris et vendues 5 000 € pièce. Je travaille à partir de la technique de la stéréographie 3D dans laquelle j’injecte de la résine de polyuréthane. Une fois prêtes, je peins les pièces via une société spécialisée en carrosserie dans la banlieue de Barcelone. Pour sortir les prototypes, il faut au moins six ou sept mois, le suivi technique est très long. C’est d’ailleurs devenu le logo de Golden Bug. J’ai toujours le moule et j’aimerais en réaliser en édition spéciale et en plus petit format pour la sortie de mon prochain album. La société française Polenn AM développe un scanner 3D très performant et j’aimerais lancer une collaboration afin de créer peut-être une centaine de robots. Cette passion est assez périodique. Il y a des moments ou j’ai besoin de déconnecter du studio, de faire autre chose. D’autres, comme actuellement, où je me consacre entièrement à ma musique. C’est sûr que ce n’est pas la sculpture qui me fait manger le soir, mais je le fais par envie. C’est motivant parce qu’il y a un travail de geek derrière. Ces procédés techniques te poussent à trouver de nouveaux moyens et t’ouvrent des portes jusqu’alors impensables. Et puis ça évolue tellement vite que j’ai parfois l’impression d’être un détective du dimanche ! »

Réécouter V.I.C.T.O.R :

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