House cosmique et techno galactique : on était au Big Bang Festival 2017

On con­nais­sait le Mar­vel­lous Island, de ses débuts à l’île de la Porte Jaune à la plage de Tor­cy, et on avait hâte de s’attaquer à son petit frère inter­stel­laire. Le Big Bang Fes­ti­val affichait cette année une pro­gram­ma­tion à faire pâlir aus­si bien les adeptes de tech­no men­tale et mus­clée que les ama­teurs de house, avec un com­bo tri­col­ore de haute voltige le deux­ième jour avec Mézigue, Man­dar, Jere­my Under­ground et S3A. Après avoir démé­nagé à cha­cune de ses édi­tions, l’évènement se réin­stal­lait cette année dans les immenses espaces indus­triels des Docks de Paris à Aubervil­liers.

On arrive avant le gros des troupes aux alen­tours de 23 heures. Des murs de briques rouges, des hangars gigan­tesques, on se serait presque crû dans un épisode de Peaky Blind­ers si il n’y avait pas eu tout le reste. Le reste ? Un cir­cuit d’auto-tamponneuses lumi­nes­cent accom­pa­g­né de plusieurs enceintes dif­fu­sant de la tech­no qui tâche, des totems en bois, et des lights dans tous les sens. Devant l’entrée, un pre­mier bâti­ment trem­ble et résonne, illu­mine et scin­tille. On s’y fau­file et on ne se rend pas encore bien compte de la chance que l’on a d’avoir autant d’espace pour se mou­voir comme bon nous sem­ble. C’est Maxime Dan­gles der­rière les platines, et comme il nous l’avait révélé dans son inter­view fin octo­bre, le Valenti­nois envoûte la foule d’une tech­no min­i­male et psy­ché avant de s’énerver en fin de set, notam­ment avec cet unre­leased de Mote­ka à venir sur le label Skryp­töm dont il nous par­lait. On sort à la décou­verte de la sec­onde scène et on se prend mal­gré nous un coup de vieux quant à la pop­u­la­tion. On atteint le hangar prin­ci­pal, pour le moment encore acces­si­ble et viv­able, et on se prend lit­térale­ment une claque à la fois visuelle et sonore. Paula Tem­ple livre comme à son accou­tumée une tech­no brute de décof­frage en effec­tu­ant des tran­si­tions au hachoir don­nant alors des drops dan­tesques. La quin­zaine d’écrans LED dis­posé en losange der­rière elle fai­sait défil­er des paysages en 3D, accom­pa­g­nés d’innombrables lasers et stro­bo­scopes, ren­dant un tout inter­galac­tique à couper le souf­fle. À l’origine, le col­lec­tif hol­landais de VjingStv‐visuals, qui gère depuis main­tenant qua­tre ans la direc­tion visuelle du Mar­vel­lous Island. Ras­sas­ié de gros kicks et de drops bru­taux, on se retourne pour se diriger vers la sor­tie ce qui ne sera chose aisée car la pop­u­la­tion du hangar a facile­ment été mul­ti­pliée par trois. Oups. Par­don. Désolé. De l’air frais. On retourne devant la Lunar Stage où Mad­ben, rési­dent sur Tsu­gi Radio, effec­tu­ait un set à la fois per­cu­tant, mais aus­si tout en finesse. Après lui, l’Américaine Aval­on Emer­son prend place et nous sub­jugue telle­ment qu’on en oublie que Blawan joue en même temps. À contre‐pied des sets précé­dents qui ne ces­saient la surenchère de bass­es, l’ancienne développeuse infor­ma­tique s’est large­ment détachée par son éclec­tisme. Un début de set doux, gorgé de per­cus­sions, pour ensuite osciller entre deep et house col­orée, et finir en trombe sur de la tech­no men­tale et intel­li­gente dont elle a le secret.

On prend les mêmes et on recom­mence. Le lende­main, la Grav­i­ty Stage accueil­lait un line‐up exclu­sive­ment house, et cent pour cent français d’autant plus. Et c’est devant cette immense scène cos­mique que nous res­terons scotchés jusqu’au bout de la nuit. On prof­ite de la fin du set de S3A, le temps de tra­vers­er le hangar dans toute sa longueur pour rejoin­dre la fos­se. Le trio Man­dar prend la suite, et on se prend à nou­veau une immense claque sonore. Cha­cun leur tour, Lazare Hoche, SAM et Malin Génie déballe leur savoir‐faire. Une réelle com­plic­ité émane des trois com­pars­es, comme si cha­cun d’eux cher­chait à sur­pren­dre les autres avec LE track qui exor­cis­era la foule. Et à ce petit jeu, ce sera une égal­ité par­faite. Pour finir, Jere­my Under­ground prend le relai, et mal­gré l’envie de le boy­cotter pour cause de sauna­gate abusif, il faut avouer qu’il excelle der­rière les platines. Avec un début de set très smooth, où envolées de notes de piano se super­posent aux kicks et snares gen­til­lets, le DJ a très vite com­pris ce que la foule attendait. Du gras. Après quelques morceaux à la Ron Trent et Lar­ry Heard, le DJ com­mence à s’énerver pour le plus grand bon­heur des derniers sur­vivants du Big Bang Fes­ti­val 2017.

Meilleur moment : Le set d’Avalon Emer­son, de loin.

Pire moment : Quand un mec se retourne dans la foule, qu’il pose son bras sur ton épaule pour te dire quelque chose dans le creux de l’oreille, et finit par te vom­ir dessus.

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