House et techno, mode et underground, le premier album de Honey Dijon est un délicieux patchwork

Com­ment ne pas être influ­encé par une house puis­sante et per­cu­tante, gorgée de soul, quand on naît et grandit à Chica­go, le berceau du genre par excel­lence ? Hon­ey Red­mond alias Hon­ey Dijon com­mence dès l’âge de douze ans à pass­er des dis­ques lors de fêtes organ­isées par ses par­ents dans leur cave. Et c’est le point de non-retour pour elle, la vie de DJ venait de com­mencer. Plus tard, elle ren­con­tre Der­rick Carter qui devient son men­tor, et l’introduit à la scène under­ground de la cité ven­teuse ain­si qu’à la tech­no de Détroit. L’artiste démé­nage à New-York où elle ren­con­tre un autre illus­tre pro­duc­teur, Dan­ny Tenaglia. “Sa façon de mix­er et ses pris­es de risque m’ont mon­tré la façon dont je voulais délivr­er ma musique. Bien sûr, Der­rick et la house de Chica­go ont égale­ment joué un rôle très influ­ent dans mon développe­ment en tant qu’artiste, c’est cette com­bi­nai­son de Chica­go et de New York qui m’a amenée à ce que je pro­duis main­tenant”, racon­te Hon­ey Dijon. La trame est donc posée pour saisir le mélange de gen­res que con­tient le pre­mier album de la DJ et pro­duc­trice, The Best Of Both Worlds, sor­ti aujourd’hui sur le label de Der­rick Carter et Luke Solomon, Clas­sic Music Com­pa­ny. 

En douze morceaux, l’icône trans­genre de la house nous entraîne aus­si bien sur les traces de Frankie Knuck­les avec “Thun­da” et ses flûtes syn­thé­tiques, que dans les tré­fonds du Panora­ma Bar sur “Per­son­al Slave”. Hon­ey Dijon réus­sit à livr­er un album house super éclec­tique où l’on retrou­ve aus­si bien ses inspi­ra­tions under­ground pêchues que celles plus soul et r’n’b du milieu de la mode dans lequel elle on a pu la voir évoluer. Un album trans­genre et mixte qui reflète par­faite­ment un des pré­ceptes de l’artiste : “Le dance­floor est un moyen de pro­duire de l’égalité”.

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