Initials S.G.” : Spotify réalise une belle série de podcasts sur Serge Gainsbourg

Les icônes ne meurent pas. Ou, tout du moins, cer­taines sem­blent par­ti­c­ulière­ment increvables. Bob Mar­ley, Kurt Cobain, Jimi Hen­drix : leur date de mort sont par­fois large­ment antérieures à la nais­sance des gamins qui les adu­lent. En 2019, les T‑shirts Nir­vana se vendent encore par remorques chez H&M, les Bea­t­les sont aux fonde­ments d’une comédie roman­tique grand-public. Mais il serait mal­hon­nête de résumer la longévité de ces totems pop unique­ment en obser­vant les marchés juteux qu’ils péren­nisent. Nos icônes réson­nent dans le monde d’au­jour­d’hui, inspirent les nou­velles généra­tions, les jeunes artistes qui s’en revendiquent pour créer du neuf. Et si le monde anglo-saxon, de par son influ­ence, a enfan­té les plus grandes idol­es du XXe siè­cle, la France a quand même quelques atouts dans sa manche.

130 mil­lions d’é­coutes, dis­per­sées dans l’e­space fran­coph­o­ne, mais égale­ment aux États-Unis et en Grande-Bretagne, où il a eu un grand suc­cès. Une con­som­ma­tion quasi-homogène chez toutes les tranch­es d’âge, de 18 à 55 ans. Voici ce que représente Serge Gains­bourg sur Spo­ti­fy, d’après une étude réal­isée par la plate­forme de stream­ing. Au mois de juin, les Sué­dois se sont offert une impor­tante cam­pagne de pub­lic­ité pour leur nou­velle série de pod­casts dédiée au chanteur français. Cette ini­tia­tive peut sem­bler bien mer­can­tile (elle l’est sans doute) ; tou­jours est-il qu’elle a pris une forme de très bonne fac­ture.

Six épisodes d’en­v­i­ron trente min­utes, retraçant la car­rière musi­cale du prénom­mé Lucien Gins­burg, com­mencée sur le tard après des débuts dans la pein­ture. Basée sur les textes du biographe Bertrand Dical, la nar­ra­tion est con­fiée à l’ac­teur Melvil Poupaud. Quant aux paroles des chan­sons, elles sont réc­itées en prose par Clara Luciani, leur don­nant une saveur poé­tique toute fraîche. Car au-delà de faire voy­ager entre les épo­ques et relater une vie mondaine ryth­mée par les ren­con­tres, les excès et les scan­dales, Ini­tials S.G. rend compte de toute la puis­sance créa­trice et lit­téraire de Gains­bourg. Les tubes écrits pour les autres, puis pour lui et ses mus­es (“Bon­nie & Clyde”, “Je t’aime moi non plus”), ou encore les albums con­cept ambitieux comme His­toire de Melody Nel­son et L’Homme à tête de chou ont fait de lui un poète et un esthète d’ex­cep­tion. “1957–1963, une espérance déçue”, “1967–1969, amours déci­sives” : mal­gré les péri­odes tumultueuses, son his­toire avait de quoi pass­er à la postérité. Et, en pleine sai­son esti­vale, cette série audio par­ticipe agréable­ment à la légende.

 

 

 

 

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