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5 août 2019

« Initials S.G. » : Spotify réalise une belle série de podcasts sur Serge Gainsbourg

par Elie Chanteclair

Les icônes ne meurent pas. Ou, tout du moins, certaines semblent particulièrement increvables. Bob Marley, Kurt Cobain, Jimi Hendrix : leur date de mort sont parfois largement antérieures à la naissance des gamins qui les adulent. En 2019, les T-shirts Nirvana se vendent encore par remorques chez H&M, les Beatles sont aux fondements d’une comédie romantique grand-public. Mais il serait malhonnête de résumer la longévité de ces totems pop uniquement en observant les marchés juteux qu’ils pérennisent. Nos icônes résonnent dans le monde d’aujourd’hui, inspirent les nouvelles générations, les jeunes artistes qui s’en revendiquent pour créer du neuf. Et si le monde anglo-saxon, de par son influence, a enfanté les plus grandes idoles du XXe siècle, la France a quand même quelques atouts dans sa manche.

130 millions d’écoutes, dispersées dans l’espace francophone, mais également aux États-Unis et en Grande-Bretagne, où il a eu un grand succès. Une consommation quasi-homogène chez toutes les tranches d’âge, de 18 à 55 ans. Voici ce que représente Serge Gainsbourg sur Spotify, d’après une étude réalisée par la plateforme de streaming. Au mois de juin, les Suédois se sont offert une importante campagne de publicité pour leur nouvelle série de podcasts dédiée au chanteur français. Cette initiative peut sembler bien mercantile (elle l’est sans doute) ; toujours est-il qu’elle a pris une forme de très bonne facture.

Six épisodes d’environ trente minutes, retraçant la carrière musicale du prénommé Lucien Ginsburg, commencée sur le tard après des débuts dans la peinture. Basée sur les textes du biographe Bertrand Dical, la narration est confiée à l’acteur Melvil Poupaud. Quant aux paroles des chansons, elles sont récitées en prose par Clara Luciani, leur donnant une saveur poétique toute fraîche. Car au-delà de faire voyager entre les époques et relater une vie mondaine rythmée par les rencontres, les excès et les scandales, Initials S.G. rend compte de toute la puissance créatrice et littéraire de Gainsbourg. Les tubes écrits pour les autres, puis pour lui et ses muses (« Bonnie & Clyde », « Je t’aime moi non plus »), ou encore les albums concept ambitieux comme Histoire de Melody Nelson et L’Homme à tête de chou ont fait de lui un poète et un esthète d’exception. « 1957-1963, une espérance déçue », « 1967-1969, amours décisives » : malgré les périodes tumultueuses, son histoire avait de quoi passer à la postérité. Et, en pleine saison estivale, cette série audio participe agréablement à la légende.

 

 

 

 

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