Interview : 5 questions à Suuns

De pas­sage au fes­ti­val M Pour Mon­tréal, on a ren­con­tré nos chou­c­hous locaux pour une inter­view express.

Vous venez d’annoncer le deux­ième album. Vous êtes ten­dus ? Excités ?
La pres­sion c’était l’enregistrement, elle est tou­jours dans le proces­sus créatif ! Arriv­er à quelque chose dont on est fier et qui n’aura pas à rou­gir face au pre­mier album. Main­tenant c’est fini tout ça. Là je suis juste con­fi­ant. Après si cer­tains n’aiment pas… Whatever !

Le pre­mier album était var­ié, même s’il y avait une pat­te forte, la pat­te Suuns. Vous vouliez faire quoi du deux­ième ?
On ne voulait pas du tout renier ce qui a été fait sur le pre­mier, il s’agissait vrai­ment de creuser ce qu’on fait. Il y a tou­jours un esprit élec­tro, une âme rock qu’on voulait con­tin­uer à pouss­er. Ce que je voulais, c’était d’être un peu plus lyrique, je voulais chanter plus, appro­fondir cette voie là. L’album est né sur la route, où quelques pièces ont com­mencé à s’écrire, cer­taines ont même con­nu leur pre­mière ver­sion live sur la fin de la tournée. Le plus gros du tra­vail s’est fait de retour à Mon­tréal, pen­dant l’hiver dernier puis au print­emps. Ça a pris la majeure par­tie des douze derniers mois. On vit tous ici et on bosse aux stu­dios Break­glass (où bossent beau­coup de gros groupes québé­cois, de Puri­ty Ring à Mala­jube en pas­sant par Patrick Wat­son et feue Lhasa, ndlr).

Tu n’as jamais été ten­té de quit­ter ta ville de Mon­tréal ?
Je suis tou­jours là en tout cas ! C’est une ville peu­plée de gens sym­pa­thiques et surtout faite pour ceux qui sont dans la musique ou dans les arts en général. Il y a énor­mé­ment de musi­ciens et d’opportunités de jouer, beau­coup de salles, de bars à con­certs, une grande scène de théâtre, énor­mé­ment de fes­ti­vals. Et puis ma famille est ici, je veux rester proche d’eux. Ça ne veut pas dire que je ne démé­nagerai jamais. Mais si j’essayais de faire les mêmes choses à New York, les pro­jets que je mène ici en par­al­lèle ne sur­vivraient pas. Je com­pose beau­coup d’autres musiques, de la musique con­tem­po­raine, de la musique pure­ment élec­tron­ique, beau­coup de pièces pour des sta­tions de radio. Par exem­ple j’avais com­posé une pièce en deux par­ties, dif­fusées cha­cune par une sta­tion de radio, et qu’il fal­lait donc écouter avec deux postes en même temps. Récem­ment j’ai com­mencé à faire des gen­res de per­for­mances avec des voitures, j’ai écrit des pièces de musique et en plus des espèces de choré­gra­phies entre la voiture et moi, genre je danse, je pousse la voiture, j’ouvre des portes en syn­chro­ni­sa­tion avec des élé­ments de la musique. C’est bizarre, mais marrant. 

Tu as par­lé de chanter plus. Ça ne t’est pas naturel ?
Non, c’est arrivé avec Suuns en fait. J’essaye de me trou­ver, comme chanteur, je n’ai jamais vrai­ment été à l’aise avec l’idée. La posi­tion du “front man” qu’engage le fait de chanter m’a beau­coup stressé. Chanter en pub­lic c’est gênant. C’est l’aspect de notre musique qui m’angoisse le plus, alors que la gui­tare c’est le pro­longe­ment de mon bras depuis que je suis petit. D’autant qu’au début je savais que je n’étais pas très bon. Main­tenant je ne pense pas être bien meilleur, mais je suis un peu plus à l’aise… C’est drôle au début je savais que je n’étais pas doué comme chanteur, mais je me demandais si c’était vrai­ment pour­ri ou juste moyen. Ce n’est qu’aujourd’hui que mes amis osent me bal­ancer “t’étais vrai­ment mau­vais au début”. Si on me l’avait dit à l’époque j’aurais sûre­ment lâché l’affaire. En général avant les shows on boit des ver­res avec les amis au bar, c’est tout ce dont j’ai besoin comme échauf­fe­ment et anti­stress. Main­tenant j’entraîne aus­si un peu ma voix, je fais des cov­er des Bea­t­les. C’est “fuck­ing” dur. En plus je fais ça au piano pour appren­dre à en jouer en même temps.

Ce qui fait la pat­te de Suuns c’est la retenue. Et ça donne une atmo­sphère très sex­uelle à votre musique, presque dépravée. Vous en êtes con­scients ?
(Très sur­pris) Wow, euh, non. On n’est pas con­scient de ça. Bon en fait pour être hon­nête je l’ai déjà enten­du, tu n’es pas le pre­mier à le dire. Mais je ne sais pas pourquoi. Ce n’est pas inten­tion­nel. Mais je prends ça comme un com­pli­ment. Est-ce que Suuns a aidé ma vie sex­uelle ? Car­ré­ment ! Enfin je ne sais pas si je devrais par­ler de ça (rires). Si tu es sur une scène, que ce soit avec un groupe ou autre chose, tu deviens plus atti­rant, c’est automatique.

 

Pro­pos recueil­lis par François Blanc 

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