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1 août 2014

Jennifer Cardini : « le All Night Long c’est comme une partie de ping-pong géante »

par rédaction Tsugi

Figure de l’électro française depuis les années Pulp et résidente au Rex Club depuis 10 ans avec ses soirées « Correspondant », Jennifer Cardini continue de marquer la techno française de sa griffe avec le label qu’elle a créé en 2011 – « Correspondant », lui aussi. A quelques heures de son All Night Long au Zig Zag elle nous parle de ce qu’elle nous réserve pour ce soir… et pour plus tard. 

Comment te sens-tu à quelques heures de ton All Night Long et comment tu te prépares ?

C’est excitant. Pour me préparer, ça fait quelques jours que j’écoute beaucoup de musique. J’essaie d’avoir des histoires avec plusieurs développements possibles. C’est un exercice que j’aime bien faire. La plupart du temps tu fais des sets de 1h30, 2h. Ça te limite dans ce que tu dois jouer, il faut que tu passes du dancefloor. Avec le All Night Long, tu peux vraiment jouer ce que tu aimes, jouer de l’ambiance, des choses très down tempo. 

Mais l’histoire se raconte toujours avec le public, c’est un voyage. Ça leur demande un effort aussi, de la patience, c’est un truc que tu construis avec eux. L’histoire n’est pas prédéfinie. Je structure un peu ma préparation mais si c’était déjà fixé ça ne serait pas honnête, un peu égoïste : ça sera peut être parfait pour toi, mais pas pour le public. J’ai envie qu’on s’amuse, que les gens soient contents. Six heures d’échange d’énergie, comme une partie de tennis ou de ping pong géante. 

Tu es très éclectique dans tes sets. Tu y incorpores des influences rock, pop, new wave. C’est important de sortir ta musique de la sphère purement techno ? 

Je crois que, comme tout le monde, quand tu es passionné de musique, tout est connecté. Ta culture musicale se construit sur les émotions. Ça serait difficile de faire abstraction de ça. J’adore la techno, mais je n’arrive pas à rester dans un truc linéaire : j’aime que ça monte, que ça descende, les voix, les break… 

J’ai des influences rock, new wave, ça serait dommage de les contenir, et très difficile de les cacher. Mais je ne suis pas la seule à faire ça : Ivan [Smagghe] est très bon pour ça et j’ai souvent entendu Miss Kittin ou Chloé jouer des trucs pop. 

Trois morceaux qu’on va forcément entendre ce soir ? 

Je pense que comme tous les DJs qui vont jouer ce week-end, je vais passer « Conjur Superstar » de Maceo Plex. C’est LE tube. 

Il y a ce gars que j’aime beaucoup aussi, Sigwad, du label Something happening, Somewhere.

Je vais jouer des choses de Correspondant aussi, et peut être finir avec du Diana Ross.

Tu étais résidente Pulp, dans le même crew que Chloé, Sextoy, les filles du label Kill the DJ, Smagghe… qu’est ce que tu gardes de cette époque ? 

On a grandi ensemble, c’est génial. Dans le reportage d’Arte, Bienvenue au Club, tu nous vois, on a tous 25 ans. Aujourd’hui, on fait encore des choses ensemble. Plein de choses ont émergé grâce au Pulp, beaucoup d’acteurs de la scène parisienne étaient des assidus ! C’est fou, on m’en parle toujours, même à l’étranger. Notre petit bordel crade avec le pire sound system a bien fait du bruit !

Après la fermeture, je suis allé en Allemagne. Il y avait une ambiance un peu morose à Paris, peut être un contre-coup de la fermeture du Pulp. En ce moment, c’est génial, on retrouve une énergie qui ressemble à l’effervescence du Pulp. Tu regardes la Concrete, le Weather Festival, c’est hallucinant et la réponse du public est hyper chouette. 

Comment ta musique a évolué depuis ?

J’ose plus de choses. Et c’est un peu moins dark je crois, même si j’aime toujours les trucs tordus ! J’écoute beaucoup de disco, du funk, des trucs qui me mettent de bonne humeur. 

En ce moment par exemple, j’écoute beaucoup Midnight Magic, souvent le matin. 

Un projet d’album dans les tuyaux ? 

On prépare un second maxi avec David Shaw et on va essayer de le terminer dans l’été. 

Entre le label et mixer, c’est compliqué. J’aimerais bien passer plus de temps en studio, mais comme le label se construit et que la famille s’agrandit, pour l’instant mon focus est plus sur aider les autres à terminer leurs projets que de terminer mes projets persos. 

Quels sont tes prochains projets avec ton label ? 

On va commencer à faire des albums d’artistes, ce qu’on n’a jamais fait auparavant. C’est assez excitant pour moi de mettre un artiste sur son projet d’album. On écoute pleins de versions, on discute, c’est très enrichissant. Le premier album sera celui de Man Power. 

On prépare aussi une troisième compilation… enfin, plein de choses en prévision !

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