La battle du mois (1) : Bachar Mar‐Khalifé vs Chancha Via Circuito

On annonce la couleur : ceci est une nou­velle rubrique où il y aura du clash, de la bas­ton et du sang. Chaque mois deux de nos rédac­teurs s’affronteront et vous serez les juges de cette mise à mort. Et en plein mois d’août, on avait for­cé­ment envie de vous don­ner quelques envies d’ailleurs, avec des titres qui évo­quent voy­age et soleil. A vous de juger !

 

Coin rouge : Bachar Mar‐Khalifé — “Ya‐Nas”

C’est un cer­tain ven­dre­di 20 juin que je prends la claque. La France vient de bat­tre sèche­ment la Suisse pour son deux­ième match de Coupe du Monde, et Paris surfe alors sur une vague de « Allez les Bleus ! » et de dra­peaux tri­col­ores. C’est dans ce con­texte euphorique que j’arrive à l’Église Sainte Eustache, à l’improviste, pour le live de Bachar Mar‐Khalifé à l’occasion du Fes­ti­val 36 heures. Der­rière son piano, Bachar hyp­no­tise, remue, tran­scende, met la larme à l’œil en reprenant un chant liturgique com­posé par son père il y a plus de trente ans. Il se passe quelque chose. Portées par un beat min­i­mal­iste par­ti­c­ulière­ment entraî­nant, les notes de “Ya‐Nas” mon­tent en écho entre les colonnes grandios­es de l’église, jusqu’à ce final où toute l’humilité du per­son­nage éclate comme du cristal. C’est l’extase. (Ben­jamin Cerul­li)

Si vous souhaitez faire votre pro­pre expéri­ence en live, voici les prochaines dates de Bachar Mar‐Khalifé : Toulouse le 18 sep­tem­bre, Paris (Café de la Danse) le 3 octo­bre, Paris (Bouffes du Nord) pour le spec­ta­cle Le Par­adis de Hel­ki le 26 jan­vi­er 2015.

 

Coin bleu : José Larralde, “Quimey Neuquén” (Chancha Via Circuito remix)

Les affi­ciona­dos de Break­ing Bad recon­naitront le morceau. Pour­tant c’est bien loin de la cul­ture améri­caine que Chan­cha Via Cir­cuito inscrit sa musique. Mem­bre phare du col­lec­tif argentin — désor­mais label — ZZK (nom­mé après le philosophe pop Slavoj Zizek), l’artiste invite les tech­niques élec­tron­iques dans la musique tra­di­tion­nelle sud‐américaine. Dans ce morceau, com­posé en 1969 par Marce­lo Berbel and Napoleón Mil­ton Aguilar puis repris par le chanteur folk argentin José Lar­ralde et sa voix obsé­dante, Chan­cha invoque la faune au rythme lent des per­cus­sions – âme de la cum­bria tra­di­tion­nelle, lorsque les esclaves accom­pa­g­naient les veil­lées funèbres de leurs tam­bours. Entê­tant et chamanique, “Quimey Neuquén” résonne comme un voy­age ini­ti­a­tique au coeur des Andes. (Elsa Fer­reira)

Et le gag­nant est…
Bachar Mar‐Khalifé
Chan­cha Via Cir­cuito
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