Jon Hopkins en couv’ de Tsugi 112, en kiosque mercredi 9 mai !

La drogue c’est mal. Per­son­ne ne dira le con­traire, sauf qu’aujourd’hui elle a infil­tré absol­u­ment toutes les strates de la société et que l’on ne peut plus se con­tenter de cette unique affir­ma­tion abrupte. Face à une con­som­ma­tion stupé­fi­ante (dans tous les sens du terme), la préven­tion est plus que jamais indis­pens­able. On vient de le con­stater avec la recrude­s­cence du GBL/GBH dont nous vous par­lons dans ce numéro. Une drogue respon­s­able de la série d’overdoses à laque­lle ont dû mal­heureuse­ment faire face cer­tains étab­lisse­ments de nuits de la cap­i­tale. On aimerait bien voir se généralis­er dans les soirées et les clubs des stands d’information et de test­ing comme ceux de Tech­no+ au début des années 00, dont la présence a sans aucun doute per­mis d’éviter de nom­breux drames ! Parce que se voil­er la face ou en appel­er à la seule répres­sion est plus que jamais irre­spon­s­able dans un con­texte où la disponi­bil­ité de tous les pro­duits n’a jamais été aus­si grande. Notre jour­nal­iste Clé­mence Meu­nier a égale­ment beau­coup par­lé drogues avec Jon Hop­kins. Mais pas celle util­isée de manière récréa­tive. Le pro­duc­teur bri­tan­nique évoque ici ses expéri­ences avec les champignons hal­lu­cinogènes dans le but d’éveiller sa con­science et de “met­tre au jour des par­ties de sa psy­ché dont [il] ne con­nais­sait même pas l’existence”. Puisse la lec­ture de ce numéro de Tsu­gi vous pro­cur­er un effet sim­i­laire. À con­som­mer sans mod­éra­tion, par con­tre.

Vous retrou­verez égale­ment dans ce numéro un CD mixé par Luke Slater, une ren­con­tre sur­réal­iste avec GAS, une plongée dans le rap indé mex­i­cain, un entre­tien avec la mys­térieuse SOPHIE, et bien sûr de nom­breuses chroniques, inter­views, reportages, bons plans et por­traits… En kiosque (ou sur notre bou­tique en ligne) ce mer­cre­di 9 mai ! En atten­dant, vu qu’on est sym­pa, voilà le début de l’interview de Jon Hop­kins par Clé­mence Meu­nier : 

Cinq ans après la sor­tie de son acclamé Immu­ni­ty, Jon Hop­kins est de retour avec un nou­v­el album. Sin­gu­lar­i­ty joue tou­jours avec les con­trastes, entre tech­no pétrie de sons drones et ambi­ent avec chorale. Mais Jon Hop­kins y infuse un psy­chédélisme nou­veau, pour un album plus abouti rap­pelant par­fois Mod­er­at. Une réus­site encore une fois hal­lu­ci­nante (et hal­lu­cinée).

C’est la Cen­drillon de l’électronique. L’histoire d’un mec qui sort un, puis deux, puis trois albums, dans l’indifférence qua­si générale. Pour­tant, le CV de Jon Hop­kins était alléchant: pianiste de for­ma­tion clas­sique, passé notam­ment par le Roy­al Col­lege Of Music de Lon­dres, il est recruté tout juste diplômé pour accom­pa­g­n­er au clavier Imo­gen Heap sur sa tournée. Après ses deux pre­miers albums, il se met à pro­duire pour d’autres, et notam­ment pour Cold­play aux côtés de Bri­an Eno. Jon Hop­kins aurait pu rester un homme de l’ombre. Mais son qua­trième album sera le bon : Immu­ni­ty, sor­ti en 2013, est un suc­cès aus­si bien cri­tique que com­mer­cial, lui per­me­t­tant même de rem­porter un pres­tigieux Mer­cury Prize. Le disque n’était pour­tant pas si acces­si­ble, entre sa pre­mière par­tie tech­no imprégnée de drone et sa deux­ième moitié ambi­ent. Aujourd’hui, l’Anglais de 38 ans est de retour avec Sin­gu­lar­i­ty, nou­v­el album écrit sans pres­sion, inspiré entre autres de ses expéri­ences avec dif­férentes drogues psy­chotropes. C’est en tout cas ce qu’il racon­te sans détour un radieux matin de mars, dans les locaux français de son label Domi­no Records, avec son fort accent anglais un poil aris­to.

Tu as com­mencé à con­cep­tu­alis­er cet album en Cal­i­fornie, où tu as vécu pen­dant un an. Penses‐tu que cet envi­ron­nement a eu une influ­ence sur le résul­tat final ?

Sûre­ment oui. J’habitais un petit apparte­ment à Los Ange­les dans le quarti­er de Sil­ver Lake, c’était très sym­pa. Je ne com­po­sais pas vrai­ment, je notais sim­ple­ment quelques idées ici et là. J’avais évidem­ment plus d’espace qu’à Lon­dres, avec le désert au sud, des mon­tagnes au nord, des lacs, l’océan… J’ai beau­coup prof­ité de la nature. C’est pour ça que le son de l’album est plus “éten­du”, moins claus­tro­phobe.

Il y a tou­jours une ten­sion cela dit…

C’est vrai qu’il y a tou­jours une par­tie de moi qui tend vers les sonorités per­tur­bantes, gran­uleuses, voire crissantes. Je pense que présen­ter un son qui donne “seule­ment” une impres­sion d’espace, un peu trip­pant, ça peut être bien, mais il lui faut un ancrage et des con­trastes, comme dans la vie en général. Ça se retrou­ve bien dans les titres “Every­thing Is Con­nect­ed” et “Feel First Life”, où un morceau très lourd et tech­no s’enchaîne avec une chorale. C’est comme un micro­cosme qui représente l’album en général.

… La suite le 9 mai! 

(Vis­ité 835 fois)