Junior Boys — Big Black Coat

Extrait du numéro 89 de Tsu­gi, févri­er 2016.

Quand un artiste ren­con­tre son pub­lic ou accède à une forme de recon­nais­sance, il peut vite se retrou­ver pris­on­nier d’une cer­taine image, à devoir com­pos­er avec les attentes des fans et de la cri­tique. C’est pour soulager cette pres­sion que Jere­my Greenspan et Matt Dide­mus ont pris le temps de tra­vailler séparé­ment depuis It’s All True en 2011. L’un a sor­ti trois EPs sur Jiao­long et copro­duit l’excellent album de Jessy Lan­za pour Hyper­dub, l’autre a mon­té son label et s’est égale­ment lancé en solo. Avec le titre et la pochette de ce cinquième album, le duo cana­di­en prend claire­ment le contre-pied de la mar­que Junior Boys. Mal­gré cela, Big Black Coat est un disque aus­si sen­si­ble, sen­suel et sen­ti­men­tal que ses prédécesseurs : les onze morceaux affichent trois “baby”, deux “love” et un “for­ev­er”. Musi­cale­ment, la pas­sion de Jere­my Greenspan pour les syn­thé­tiseurs analogiques donne un aspect plus direct à leurs pro­duc­tions tou­jours classieuses, du banger à la berceuse, à l’image des influ­ences croisées et revendiquées de Robert Hood et 10cc : éman­ci­pa­tion réussie ! (Benoît Repoux)

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