Crédit photo : Nico Bustos

Kiddy Smile, l’enfant de choeur devenu icône LGBT nationale

La révéla­tion de l’été. En juin, le nom de Kid­dy Smile appa­raît aux yeux des Français. Booké pour la Fête de la Musique à l’Élysée, l’artiste est sous les feux des pro­jecteurs à gauche comme à droite. D’un côté de la route, on lui reproche de faire faveur à un “coup de com’ ” voulant prou­ver l’intégrité du gou­verne­ment. De l’autre, son show accom­pa­g­né de danseurs vogu­ing “com­plète­ment déplacé” selon un député LR vau­dra un “Au sec­ours” de la part de Marine Le Pen. Or, avec son t‐shirt “Fils d’immigrés, noir et pédé” rec­to et “Avec la loi asile et immi­gra­tion, je n’existerais pas” ver­so, tout ce que souhaite Kid­dy avec ce con­cert, c’est mon­tr­er qu’il existe, que les gens comme lui exis­tent.

Deux mois plus tard, Kid­dy Smile sort son pre­mier album, déjà con­sacré dans les colonnes du New York Times. One Trick Pony — expres­sion désig­nant une per­son­ne douée dans un seul et unique domaine — con­cré­tise tout le tra­vail du gamin orig­i­naire de Ram­bouil­let, dans les Yve­lines. Dès le pre­mier titre “House Of God”, il affirme son mil­i­tan­tisme en évo­quant racisme et homo­pho­bie, souhai­tant rassem­bler tout le monde. Entre pop et house, le morceau est tail­lé pour les dance­floors à l’image du bien con­nu “Dick­ma­tized” et rejoint autres “Slap My B*tt” — et ses géniales paroles trash assumées “Slap my butt and call me slut­ty, no, I don’t real­ly give a fuck/I real­ly real­ly real­ly need your touch, I real­ly real­ly real­ly want to fuck” -, “Movin’ On Now” et “Burn The House Down”. Plus planants, “One Trick Pony”, “Sum­mer Rain” et “Stuck In A Sto­ry Line” parais­sent aus­si doux qu’un chamal­low. Enfin, dans le clip de “Be Hon­est”, dévoilé quelques jours plus tôt, Kid­dy Smile reve­nait à ses orig­ines d’enfant de choeur — qu’il a vite aban­don­nées, aus­si bien en vrai que dans le clip — avec un morceau au refrain gospel pétil­lant. Des choeurs qui pren­nent une place toute aus­si impor­tante dans le clair‐obscur “Dark Knight”.

Le léger “One Trick Pony” voit Kid­dy Smile scan­der “I’m on my way up and I will show ya”. Mod­este que d’utiliser le futur : : avec ce pre­mier album faisant office de con­fir­ma­tion, il devient impos­si­ble de con­tester que le Français mérite ample­ment son surnom de “prince français du vogu­ing”. Aujourd’hui, celui que The Fad­er appelait déjà “l’îcone LGBT dont la France a besoin en ce moment” a même tout pour devenir une icône noire et LGBT dans le monde entier. “I Don’t Need To Be Leg­endary” : il n’a pas besoin d’être légendaire, il l’est déjà.

Kid­dy Smile sera en con­cert à la Gaité Lyrique le 25 octo­bre et à l’affiche de Cli­max de Gas­par Noé, en salles dès le 19 sep­tem­bre.

En écoute :

Si vous êtes plutôt Spo­ti­fy :

(Vis­ité 1 491 fois)