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Crédit photo : Nico Bustos
31 août 2018

Kiddy Smile, l’enfant de choeur devenu icône LGBT nationale

par Simon Brazeilles

La révélation de l’été. En juin, le nom de Kiddy Smile apparaît aux yeux des Français. Booké pour la Fête de la Musique à l’Élysée, l’artiste est sous les feux des projecteurs à gauche comme à droite. D’un côté de la route, on lui reproche de faire faveur à un « coup de com' » voulant prouver l’intégrité du gouvernement. De l’autre, son show accompagné de danseurs voguing « complètement déplacé » selon un député LR vaudra un « Au secours » de la part de Marine Le Pen. Or, avec son t-shirt « Fils d’immigrés, noir et pédé » recto et « Avec la loi asile et immigration, je n’existerais pas » verso, tout ce que souhaite Kiddy avec ce concert, c’est montrer qu’il existe, que les gens comme lui existent.

Deux mois plus tard, Kiddy Smile sort son premier album, déjà consacré dans les colonnes du New York Times. One Trick Pony – expression désignant une personne douée dans un seul et unique domaine – concrétise tout le travail du gamin originaire de Rambouillet, dans les Yvelines. Dès le premier titre « House Of God », il affirme son militantisme en évoquant racisme et homophobie, souhaitant rassembler tout le monde. Entre pop et house, le morceau est taillé pour les dancefloors à l’image du bien connu « Dickmatized » et rejoint autres « Slap My B*tt » – et ses géniales paroles trash assumées « Slap my butt and call me slutty, no, I don’t really give a fuck/I really really really need your touch, I really really really want to fuck » -, « Movin’ On Now » et « Burn The House Down ». Plus planants, « One Trick Pony », « Summer Rain » et « Stuck In A Story Line » paraissent aussi doux qu’un chamallow. Enfin, dans le clip de « Be Honest », dévoilé quelques jours plus tôt, Kiddy Smile revenait à ses origines d’enfant de choeur – qu’il a vite abandonnées, aussi bien en vrai que dans le clip – avec un morceau au refrain gospel pétillant. Des choeurs qui prennent une place toute aussi importante dans le clair-obscur « Dark Knight ».

Le léger « One Trick Pony » voit Kiddy Smile scander « I’m on my way up and I will show ya ». Modeste que d’utiliser le futur : : avec ce premier album faisant office de confirmation, il devient impossible de contester que le Français mérite amplement son surnom de « prince français du voguing ». Aujourd’hui, celui que The Fader appelait déjà « l’îcone LGBT dont la France a besoin en ce moment » a même tout pour devenir une icône noire et LGBT dans le monde entier. « I Don’t Need To Be Legendary » : il n’a pas besoin d’être légendaire, il l’est déjà.

Kiddy Smile sera en concert à la Gaité Lyrique le 25 octobre et à l’affiche de Climax de Gaspar Noé, en salles dès le 19 septembre.

En écoute :

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