La Femme à Garorock. Crédit : Benoît Hermet.

La clameur du Garo

Avec 70 artistes pour une pro­gram­ma­tion éclec­tique et inter­na­tionale, l’édition de Garo­rock 2017 à Mar­mande a tenu ses promess­es. Retour sur quelques temps forts du fes­ti­val.

Garo­rock, c’est un con­cen­tré d’humanité et de jeunesse survi­t­a­m­inée qu’une météo capricieuse n’a pas découragé… Au con­traire ! Après avoir fêté ses 20 ans l’an dernier, avec 130 000 per­son­nes sur 4 soirées anniver­saire, Garo­rock refait le plein en 2017 avec plus de 90 000 fes­ti­va­liers pour trois soirs et 70 artistes réu­nis !! L’événement a été élu par le pub­lic troisième meilleur grand fes­ti­val aux Fes­ti­vals Awards, juste der­rière les Vieilles Char­rues et le Hellfest. Et ce week-end, on a com­pris pourquoi.

L’immense plaine du “Garo” avec ses trois scènes et celle du camp­ing attirent un pub­lic jeune, 22 ans en moyenne, qui a sur­mon­té par sa vigueur un ter­rain trans­for­mé en champ de boue par les intem­péries. Les Anglais de Foals ont allumé les pre­mières flammes du ven­dre­di soir avec leur rock puis­sant. Phoenix a ensuite porté les mil­liers de fes­ti­va­liers de leur pop pul­sée d’électro. Un show mag­né­tique, soutenu par un fond de scène en miroir placé der­rière les artistes. Les qua­tre garçons de Ver­sailles inau­gu­raient à Garo­rock leur nou­v­el album Ti Amo.

Phoenix. Crédit : Benoît Her­met.

Par­mi les DJs, Dip­lo le touche-à-tout a propul­sé le pub­lic dans ses col­lages ahuris­sants, mix­ant des stan­dards pop sur fond de jun­gle beat… Le same­di, le rap mus­clé des Flat­bush Zom­bies précé­dait le rock tonique de La Femme. Le groupe orig­i­naire de Biar­ritz est vrai­ment atyp­ique, avec un mélange de rock, d’esprit new wave, d’électro et de chan­son française, pour une très belle presta­tion.

Lon­don Gram­mar, dont c’était aus­si la sor­tie du nou­v­el album, a don­né une rup­ture de ton, avec des moments qua­si oniriques, portés par la voix de sa chanteuse, Han­nah Reid. Puis les bass­es et les beats ont repris avec la bouil­lon­nante M.I.A, dans l’une de ses dernières appari­tions puisque la rappeuse anglo-srilankaise a déclaré qu’elle stop­pait sa car­rière — cela dit, Math­an­gi Arul­pra­gasam de son vrai nom avait déjà fait une annonce sim­i­laire en 2008… Donc rien n’est moins sûr. À l’efficacité du show “à l’américaine”, on préfér­era le bondis­sant Mat Bas­tard, ex-chanteur des anciens Skip The Use. M.I.A et Mat parta­gent toute­fois ce tal­ent de capter leur pub­lic dès les pre­mières mesures ! Au milieu de la nuit, pour son nou­v­el album égale­ment, Vital­ic a créé un pur moment d’électro intense, tant par ses sonorités que son dis­posi­tif scénique : une sorte de Mec­ca­no® sus­pendu flot­tant autour de lui et dessi­nant des lumières hyp­no­tiques. Le dimanche, les Motivés ! ou les FFF se partageaient l’affiche avec Jus­tice, des valeurs sûres aux côtés du nou­veau prodi­ge du rap, Mac Miller, ou encore de Petit Bis­cuit, surnom­mé le Petit Prince de l’électro. Le “Garo” ? On re-signe pour l’année prochaine !

Meilleur moment : Le con­cert de Phoenix ! (facile) Men­tion spé­ciale à Mat Bas­tard pour sa pres­ta sur scène.

Pire moment : Les avers­es du ven­dre­di soir ? Le champ de boue qu’elles ont provo­qué ? Bof… Remar­que de vieux. Les jeunes ont fait front !

Benoît Her­met

(Vis­ité 895 fois)