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2 juillet 2016

La croisière s’amuse versus techno BTP : Astropolis, premier jour

par rédaction Tsugi

On ne va pas se mettre à faire les vieux rabougris et à digresser sur le temps, on laisse ça à l’édition brestoise de Ouest-France, mais on s’inquiétait de la météo. On n’a jamais pu dire qu’Astropolis, en 22 éditions, ait franchement échappé à la pluie (malgré une étoile plutôt bonne dans le domaine pour un festival finistérien), mais constater l’averse qui nous est tombée dessus en pleine mer à 19h45 aura pu nous faire flipper pour la suite de la soirée. Deux bonnes nouvelles : le dancefloor du bateau était à l’intérieur, et on n’a jamais plus entendu parler de pluie. De kick, un peu plus.

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© Ninon Rys

Cette croisière, que nous avions déjà eu le plaisir de tester l’année dernière, risque bien de devenir notre meilleur moment d’Astro si ça se passe comme ça chaque année. Chapeautée par les collectifs de matelots de la house Br|st et Echap, cette entrée en matière, toujours un peu timide au début (le temps de s’habituer au roulis) s’est finie avec une foule qui tape au plafond, du happy hardcore, de la drum’n’bass bien acide et un paquets d’acharnés chantant les paroles (d’une insondable complexion) du tube « Bololo Haha » de MC Bin Laden. Il y a parfois des choses qu’il vaut mieux ne pas comprendre. Mais avec cette ambiance d’after pour lémuriens à 20h45, nous voilà bien barrés.

Crêperie de rigeur (on pense à se faire sponsoriser vu notre fidélité quasi-séculaire à un établissement du port de commerce), et direction la Carène. La SMAC brestoise, souvent complète le vendredi soir d’Astropolis, vendait encore des billets sur place à l’entrée. La faute – grâce ? – à une thématique de soirée plutôt pointue et ambitieuse : mettre le label R&S à l’honneur. Conscients que le chaland ouestrien serait sans doute moins appâté par un plateau dédié au label belge qu’à un gros line-up Dixon / Tale Of Us / (insérer DJ trop chanmé ici), ils ont apparemment pris le risque de se faire plaisir. Gildas Rioualen, le co-boss du festival, nous confirmera sa satisfaction d’avoir calé Alex Smoke dans la petite salle, sans même s’attendre à ce que les foules se précipitent sur le live set de slow house mentale du producteur écossais. Les gens ? Ils sont là, et le taux de remplissage finira par être optimal. High five à Synkro également, un type apte à descendre le tempo à 110 et à varier les plaisirs, du break mental à l’électronica pour danseurs futés, cassant un peu le feeling général « de la techno sinon rien » qu’on retrouve dans la plupart des festivals électro en ce moment. +1, les enfants.

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Alex Smoke © Ninon Rys

Bon, niveau techno, on nous en a servi des plats entiers et on n’a pas craché dessus, bien au contraire : passé le live de Space Dimension Controller, Nastia, DJ ukrainienne passée maîtresse des platines dans ses contrées et respectée partout en Europe, ne livre sans doute pas le set le plus original de l’univers, mais déroule avec une application et une cohérence extrêmement appréciables, avec un excellent morceau de break glissé entre deux briques techno bien dark. Passé la prestation à l’avenant du dinosaure Renaat (trop de pains pour nous, désolé), on a fait comme tout le monde : on a subi. En l’occurrence, la pluie de bûches d’épicéa préparée par Paula Temple pour achever le public de la salle, qui en redemande. Implacable, frontal, sans concession. Sans groove aussi, mais personne n’est venu pour ça ce soir donc ça tombe bien. Rétamés mais ravis d’avoir vu notre prochain check-up chez l’ORL se rapprocher de deux ans d’un coup, on bascule tout de même dans le camp d’en face, à l’éternel club de la Suite, pour une fois pratiquable. Bon, on retrouve l’ambiance sauna, mais ça circule à l’intérieur, parfaitement ce qu’il nous fallait pour constater de près l’amour que se vouent Roman Flügel et Axel Boman, inventeurs du « back to back câlinou ». All is full of love, et le Soleil, visiblement d’accord avec nous, pointe son nez. Mauvaise gestion des points de vie sur le weekend ? Boah, advienne que pourra.

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Roman Flügel & Axel Boman © Ninon Rys
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