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La free party au cœur d’un documentaire saisissant

LES ENFANTS DE LA NUIT, un doc­u­men­taire signé Ker­ri­an Juli­enne qui retrace avec bien­veil­lance une nuit en rave.

Suite à l’ac­tu­al­ité dra­ma­tique de ces dernières semaines, quoi de mieux qu’une immer­sion dans cet univers qui fait tant par­ler. Les free par­ty, ces événe­ments gra­tu­its et paci­fistes sont détru­its par des amal­games liés à la drogue et à la bru­tal­ité. Ker­ri­an Juli­enne, a voulu taire ces a pri­ori en fil­mant il y a plus d’un an, une nuit com­plète en rave. Au vu des dernières actu­al­ités, c’est seule­ment aujour­d’hui que l’on vous partage le court-métrage doc­u­men­taire LES ENFANTS DE LA NUIT. Les 18 et 19 juin, la free par­ty organ­isée à Redon a con­nu le chaos. Une guerre entre les forces de l’or­dre, les organ­isa­teurs et les par­tic­i­pants de la soirée a éclaté. Du matériel a été détru­it, cer­tains teufeurs ont été blessés, des grenades lacry­mogènes ont été lancés et tout cela devant les yeux des sec­ours. La pré­fec­ture aurait empêché les pom­piers d’in­ter­venir et de sec­ourir les blessés. Aujour­d’hui, plus que jamais, les organ­isa­teurs et le pub­lic des raves par­ty ont besoin de sou­tien. Ce doc­u­men­taire sen­si­bilise à une vérité sur ces soirées bien plus bien­veil­lantes qu’en apparence. Ker­ri­an Juli­enne nous racon­te la genèse de ce projet.

Peux tu te présenter ?

Hel­lo Tsu­gi, je m’ap­pelle Ker­ri­an Juli­enne, j’ai 22 ans et je suis le réal­isa­teur, mon­teur et cadreur de LES ENFANTS DE LA NUIT. Ce pro­jet c’est un peu une con­créti­sa­tion de mes deux plus grandes pas­sions : La musique élec­tron­ique et la vidéo, sous toutes ses formes. Pou­voir mêler les deux c’é­tait une expéri­ence ultra enrichissante. C’é­tait un pre­mier exer­ci­ce doc­u­men­taire pour moi et j’en ai retenu beau­coup de choses, notam­ment l’idée que plus un pro­jet est per­son­nel, plus il sera sus­cep­ti­ble d’être con­va­in­cant de part l’en­t­hou­si­asme, le ressen­ti per­son­nel et l’én­ergie qu’on y implantera.

Où et quand le doc­u­men­taire a été filmé ?

LES ENFANTS DE LA NUIT a été filmé en Mars 2020, aux alen­tours de Chau­nay dans le départe­ment de la Vienne, dans une car­rière. J’avais vu avec les organ­isa­teurs dont un ami à moi, pour venir filmer car je sais que ça peut déranger dans cer­taines sit­u­a­tions, mais là il n’y avait aucun soucis.

LES ENFANTS DE LA NUIT

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J’ai voulu décon­stru­ire l’idée reçue selon laque­lle ces fêtes impliquent inévitable­ment des débor­de­ments, tan­dis que le réel prob­lème réside seule­ment dans l’im­pos­si­ble con­trôle de ces rassem­ble­ments par les pou­voirs publics.”

Quels mes­sages as-tu voulu trans­met­tre en le réalisant ?

L’in­ten­tion du film était de s’ap­procher du doc­u­men­taire direct, avec quelques arrange­ments. On voulait avant tout mon­tr­er les choses de la manière la plus sim­ple pos­si­ble : n’in­ter­venir à aucun moment sur le réel et enreg­istr­er les moments les plus mar­quants dans ma pro­pre vision d’un voy­age en Free. On voulait immerg­er le spec­ta­teur dans cette ambiance unique. Beau­coup de plans fix­es donc, con­tem­plat­ifs. Au final, mon posi­tion­nement est pos­si­ble grâce au mon­tage. C’est pour ça que ce ne sera jamais du ciné­ma pure­ment direct, le mon­tage fait des choix, il influe donc sur le moment qui tend à être mon­tré comme l’in­stant T. En plus de ça, j’ai voulu décon­stru­ire l’idée reçue selon laque­lle ces fêtes impliquent inévitable­ment des débor­de­ments, tan­dis que le réel prob­lème réside seule­ment dans l’im­pos­si­ble con­trôle de ces rassem­ble­ments par les pou­voirs publics. LES ENFANTS DE LA NUIT veut donc met­tre en lumière un espace de lib­erté, d’in­clu­sion et d’échange, tout en restant direct en ne dis­sim­u­lant aucune­ment les faces jugées sen­si­bles de ces évènements.

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Après les actu­al­ités de ces dernières semaines, que penses-tu que ton doc­u­men­taire apporte ?

J’aimerais que dans le meilleur des mon­des, une évo­lu­tion soit notable pour la suite. Je ne sais pas si mon doc­u­men­taire y par­ticipera, mais ce genre de débor­de­ments comme à Redon, ça fait des années que ça dure. Et pour­tant, il n’y a aucune avancée. Les dia­logues sont inex­is­tants et mènent à la répres­sion. Je suis loin d’être un ancien, mais pour­tant, j’ai l’im­pres­sion que cet univers ne cesse de croître, que de plus en plus de per­son­nes se recon­nais­sent en ce mou­ve­ment qui s’é­tend et per­dure mal­gré les crises qu’il traverse.

 

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