Crédit : Nicolas Bresson

La nuit où KiNK a retourné la barge de Concrete

Si Con­crete est un peu devenu notre rési­dence sec­ondaire du week-end, la nuit du 5 mai voy­ait la présence d’un con­vive de choix : KiNK. Pour l’occasion, le chef étoilé bul­gare nous avait promis un live de 2 heures en guise de copieux plat de résis­tance. Avec une cote en con­stante hausse sur les dance­floors européens et même mon­di­aux, on ne s’étonnait donc pas de retrou­ver une barge bien gar­nie pour l’accueillir. Il faut dire que les per­for­mances de KiNK sont tou­jours des moments assez jouis­sifs. D’un part, parce que le pro­duc­teur accom­pli pos­sède plus d’un tour dans son sac pour nous men­er à l’orgasme sonique. D’autre part, parce que ses presta­tions très visuelles, où le bon­homme vire­volte comme un damné der­rière ses machines, le pla­cent d’emblée dans la caté­gorie des vrais lives élec­tron­iques. Là où beau­coup se con­tentent de sets entière­ment pré­parés à l’avance ressem­blant à une vul­gaire bar­quette surgelée, notre hôte nous sert sa généreuse ration gas­tronomique et authen­tique. Un petit mot pour le DJ qui le précé­dait — le bri­tan­nique Alex Downey — qui nous fit un énorme plaisir à la fin de son mix, en jouant “Eutow” de Autechre. Mer­ci, c’est telle­ment rare d’entendre cela en club !

Comme on respecte l’interdiction de pren­dre des pho­tos à Con­crete, un cliché de Kink pris lors du DGTL 2016 à Barcelone. Crédit : Nico­las Bres­son.

Voilà donc l’ami KiNK prenant place der­rière ses mar­mites élec­tron­iques. On est un peu sur­pris car il choisit d’attaquer rad­i­cale­ment tech­no, là où ses dernières pro­duc­tions nous lais­sait entrevoir des hori­zons plus deep et mélodieux. Mais cette énergique entrée en matière n’était en réal­ité qu’un leurre pour douce­ment apprivois­er les clubbeurs et les amen­er vers des sonorités plus groovy et house. Pas­sages jazzy, trib­al, acides, break­beat, house à piano old-school… KiNK nous pro­pose un large pan­el de saveurs qui témoigne de sa curiosité pour l’entièreté de la sphère tech­no, house et IDM. Car au-delà de ses pro­pres com­po­si­tions, il a tou­jours à cœur de gliss­er de-ci de-là quelques assaison­nements bien sen­tis. Une boucle d’“Ener­gy Flash” de Joey Bel­tram ou les vocaux de “Love Sen­sa­tion” de Loleat­ta Hol­loway. La con­fig­u­ra­tion de Con­crete, où les artistes ne sont pas mis sur piédestal à la vue de tous, a con­cen­tré une bonne par­tie du pub­lic devant le booth. Ceux qui savent qu’un live de KiNK s’écoute, se déguste, se danse… mais se regarde aus­si. Mélodie exé­cutée en live au clavier, vinyle scratché et sam­plé en direct, drôle de petite machine sans fil qui mod­i­fie le son lorsqu’elle est déplacée ver­ti­cale­ment et hor­i­zon­tale­ment. Le bul­gare se donne à fond avec une joie com­mu­nica­tive. En con­stant renou­velle­ment, il ne jouera d’ailleurs pas ses derniers “tubes” comme “Cho­rus” ou “Neu­tri­no”. Pas grave, on a été suff­isam­ment ras­sas­iés !


“Neu­tri­no”, dernière pépite en date de KiNK 

Meilleur moment : tou­jours un plaisir de voir le facétieux KiNK s’amuser comme un gosse avec ses machines.
Pire moment : l’attente aux toi­lettes devient de plus en plus prob­lé­ma­tique à Con­crete.

(Vis­ité 3 158 fois)