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Crédit : Nicolas Bresson
9 mai 2017

La nuit où KiNK a retourné la barge de Concrete

par Nicolas Bresson

Si Concrete est un peu devenu notre résidence secondaire du week-end, la nuit du 5 mai voyait la présence d’un convive de choix : KiNK. Pour l’occasion, le chef étoilé bulgare nous avait promis un live de 2 heures en guise de copieux plat de résistance. Avec une cote en constante hausse sur les dancefloors européens et même mondiaux, on ne s’étonnait donc pas de retrouver une barge bien garnie pour l’accueillir. Il faut dire que les performances de KiNK sont toujours des moments assez jouissifs. D’un part, parce que le producteur accompli possède plus d’un tour dans son sac pour nous mener à l’orgasme sonique. D’autre part, parce que ses prestations très visuelles, où le bonhomme virevolte comme un damné derrière ses machines, le placent d’emblée dans la catégorie des vrais lives électroniques. Là où beaucoup se contentent de sets entièrement préparés à l’avance ressemblant à une vulgaire barquette surgelée, notre hôte nous sert sa généreuse ration gastronomique et authentique. Un petit mot pour le DJ qui le précédait – le britannique Alex Downey – qui nous fit un énorme plaisir à la fin de son mix, en jouant « Eutow » de Autechre. Merci, c’est tellement rare d’entendre cela en club !

Comme on respecte l’interdiction de prendre des photos à Concrete, un cliché de Kink pris lors du DGTL 2016 à Barcelone. Crédit : Nicolas Bresson.

Voilà donc l’ami KiNK prenant place derrière ses marmites électroniques. On est un peu surpris car il choisit d’attaquer radicalement techno, là où ses dernières productions nous laissait entrevoir des horizons plus deep et mélodieux. Mais cette énergique entrée en matière n’était en réalité qu’un leurre pour doucement apprivoiser les clubbeurs et les amener vers des sonorités plus groovy et house. Passages jazzy, tribal, acides, breakbeat, house à piano old-school… KiNK nous propose un large panel de saveurs qui témoigne de sa curiosité pour l’entièreté de la sphère techno, house et IDM. Car au-delà de ses propres compositions, il a toujours à cœur de glisser de-ci de-là quelques assaisonnements bien sentis. Une boucle d’« Energy Flash » de Joey Beltram ou les vocaux de « Love Sensation » de Loleatta Holloway. La configuration de Concrete, où les artistes ne sont pas mis sur piédestal à la vue de tous, a concentré une bonne partie du public devant le booth. Ceux qui savent qu’un live de KiNK s’écoute, se déguste, se danse… mais se regarde aussi. Mélodie exécutée en live au clavier, vinyle scratché et samplé en direct, drôle de petite machine sans fil qui modifie le son lorsqu’elle est déplacée verticalement et horizontalement. Le bulgare se donne à fond avec une joie communicative. En constant renouvellement, il ne jouera d’ailleurs pas ses derniers « tubes » comme « Chorus » ou « Neutrino ». Pas grave, on a été suffisamment rassasiés !


« Neutrino », dernière pépite en date de KiNK 

Meilleur moment : toujours un plaisir de voir le facétieux KiNK s’amuser comme un gosse avec ses machines.
Pire moment : l’attente aux toilettes devient de plus en plus problématique à Concrete.

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