L’autre passion de : Joseph Mount (Metronomy) et le skate

Il lui a apporté Le fun, le look, la musique, la fumette et les os brisés… Avant de se pas­sion­ner pour les syn­thés, le leader de Metron­o­my vivait pour et par le skate­board.

La mode du skate est arrivée tard ici (Totnes, ville de 7 000 habi­tants du sud-ouest de l’Angleterre, ndlr), je devais avoir 11 ans, en 1993, mais je com­mençais à voir des images à la télé, ça avait l’air vrai­ment cool. Mon voisin et grand copain James s’y était mis alors j’ai suivi. Ma grande soeur avait une planche en plas­tique de très mau­vaise qual­ité, que je lui ai piquée. Avec James on pas­sait des heures après l’école à rouler dans le quartier. 

J’étais très mau­vais… d’ailleurs je ne suis jamais devenu bon (rires). Rouler ça allait, faire des tricks c’était une autre affaire. Sur le chemin qui mon­tait au réser­voir (lieu qui a inspiré une chan­son sur le dernier album de Metron­o­my Love Let­ters, ndlr), il y avait une rampe, je regar­dais James en sauter, il était plus aven­tureux que moi. Au Noël de mes 13 ans je me suis fait offrir une vraie planche, avec les deux extrémités cour­bées vers le haut. Enfin !

Le ven­dre­di soir, on allait skater en ville, sur un park­ing de super­marché. D’autres sont venus nous rejoin­dre, c’est devenu un rendez-vous. On était une ving­taine, il y avait des vieux, genre 20 ans, de l’université voi­sine. L’un d’eux ame­nait sa grosse radio, un autre nous fai­sait fumer des joints… Un par­fait cliché ado­les­cent, on écoutait du trip-hop, high, et on skatait. Dif­fi­cile de s’amuser plus. Ensem­ble on a même réus­si à con­va­in­cre la ville de con­stru­ire un skatepark ! Quelques filles traî­naient autour du groupe mais j’essayais plutôt d’impressionner les plus vieux.

Cette phase de ma vie a eu un gros impact sur ma musique. L’un des mecs du groupe achetait 411 Video Mag­a­zine, pre­mier mag­a­zine de skate en for­mat vidéo, pas­sait la VHS à mon pote Ian, dont le père tra­vail­lait dans notre col­lège et pou­vait utilis­er une machine pour pirater et dupli­quer ces vidéos. Ma préférée s’appelait Wel­come To Hell, j’avais 14 ans et dessus on entendait Pink Floyd, Son­ic Youth, Jef­fer­son Air­plane… J’ai absorbé toute la cul­ture skate, bag­gy affreux, posters, stick­ers… J’étais fan de beau­coup de skaters mais c’était sou­vent déce­vant, ils ont l’air super cool mais en fait ils sont genre… végé­tal­iens (rires). Mon idole c’était Ed Tem­ple­ton, le seul qui por­tait de chou­ettes pan­talons près du corps, ça m’impressionnait.

Je me sou­viens d’une chute trau­ma­ti­sante. Un des vieux avait une R5 et on s’accrochait à l’arrière pen­dant qu’il roulait. Ce coup-ci il avait accéléré, mes deux potes ont lâché, le con­duc­teur pen­sait qu’il n’y avait plus per­son­ne alors il s’est mis à rouler nor­male­ment. Je me suis explosé la gueule sur plusieurs mètres, je me suis cassé le bras et déchiré la peau sur tout mon flanc droit, j’ai mis des mois à m’en remet­tre.

Au début de l’âge adulte, j’ai fini par arrêter le skate pour le rem­plac­er par Tony Hawk (le jeu vidéo de skate le plus con­nu, ndlr). Oscar (clavier de Metron­o­my, ndlr) a un morceau punk à lui qu’il chante tout le temps, “The Day I Broke My Board”, je devrais peut-être en faire un moi aus­si, une réponse au “Sk8r Boy” d’Avril Lav­i­gne (rires). Je m’étais racheté une planche pour la dernière tournée, on vis­i­tait les villes comme ça avec Oscar, mais je l’ai oubliée en Pologne. J’ai même fait un peu de skate à Paris, quai de Jemmapes. Je roule encore bien… Mais tomber est devenu beau­coup plus douloureux. Main­tenant j’ai hâte d’apprendre le skate à mon fils.

 

 

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