LCD Soundsystem en couv’ de Tsugi 105, en kiosque le samedi 9 septembre !

Depuis que l’an dernier au fes­ti­val We Love Green, on a assisté à l’un des meilleurs con­certs de toute notre vie (Dieu s’il y en a eu…), nous savions que le retour de LCD Soundsys­tem ne pou­vait être que tri­om­phal. Parce qu’il embra­sait d’un seul coup plusieurs class­es d’âges. D’abord évidem­ment celles et ceux con­quis d’avance, qui, au début des années 00, endormis par la tech­no min­i­male, s’étaient soudaine­ment réveil­lés surex­cités par l’énergie caus­tique des “Los­ing My Edge”, “Yeah” ou “Move­ment”. Mais aus­si la jeune généra­tion qui décou­vrait sub­juguée, grâce à la stupé­fi­ante présence de James Mur­phy, qu’il était pos­si­ble de sec­ouer une scène à plus de 40 ans passés. Amer­i­can Dream racon­te la même his­toire. Celle de femmes et d’hommes d’âges dif­férents portés pour­tant par les mêmes aspi­ra­tions, habités par les mêmes doutes. Un grand album pro­fondé­ment humain où le New-Yorkais a cepen­dant rem­bal­lé en grande par­tie la verve ironique de ses débuts. La mort suc­ces­sive de ses héros con­nus (Lou Reed, Alan Vega, David Bowie…) ou incon­nus et l’état de son pays sous le nou­veau règne de Trump ont habil­lé de noirceur, de rage et de mélan­col­ie, les com­po­si­tions de LCD Soundsys­tem. Sans que l’on en perde pour autant l’envie de danser. Avec quand même quelques larmes au coin de l’œil.

Tsu­gi : Quel a été le moment clé où tu t’es dit : “Je vais relancer LCD Soundsys­tem” ?

James Mur­phy : Il y en a eu plusieurs. Quand le groupe s’est séparé, je me suis lancé dans dif­férents pro­jets : des ban­des orig­i­nales de films, de la musique pour une pièce de théâtre, j’ai tra­vail­lé avec Arcade Fire et David Bowie, etc. Et à un moment don­né, des idées me sont venues et j’ai eu envie de com­pos­er des chan­sons. Je me suis alors demandé ce que j’allais faire. Ma femme m’a sug­géré de prof­iter de mon stu­dio pour faire des morceaux. J’ai suivi son con­seil. Mais une fois que j’en ai eu com­posé quelques-uns, encore un nou­veau ques­tion­nement. Mais qu’est-ce que je vais faire de ces chan­sons ? C’est alors que j’ai pro­posé à Pat Mahoney et à Nan­cy Whang (les deux autres mem­bres orig­inels de LCD Soundsys­tem, ndr) de venir me voir et je leur ai expliqué : “J’ai com­mencé à faire de la musique, qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce que c’est LCD Soundsys­tem pour vous ?” Et ils m’ont répon­du : “Oui, c’est LCD.” Il y avait alors plusieurs options. Soit cette musique ne sor­ti­rait jamais, mais ça voudrait dire que je suis fou, soit je prends un pseu­do, mais c’est un peu bidon, soit c’est un album de James Mur­phy. Mais pour les con­certs, j’allais bien sûr deman­der à Pat et à Nan­cy de jouer avec moi, donc pourquoi faire un ego trip alors que ce serait LCD Soundsys­tem ? Donc l’option la plus sim­ple était de relancer LCD Soundsys­tem.

Ta déc­la­ra­tion LCD, c’est fini” n’était-elle pas une manière de faire ta crise de la quar­an­taine ?

Non parce que j’avais déjà dépassé cet âge. (rires) C’était juste la bonne chose à faire à ce moment-là. J’avais l’impression qu’en con­tin­u­ant, je n’aurais plus eu de sat­is­fac­tion. Mais quand je me suis remis à faire de la musique et que ma femme m’a dit qu’il fal­lait la sor­tir, j’ai sen­ti que c’était le bon moment de le faire. C’est très sim­ple finale­ment.

Ne crois-tu pas qu’avoir mis à l’arrêt LCD a amené aus­si une plus grande exci­ta­tion au moment de l’annonce de son retour ?

Oui, bien sûr, mais cela aurait pu être le con­traire : les gens auraient pu m’oublier. En fait, plusieurs fois dans ma vie, j’ai eu beau­coup de chance. Dont une qui a été très impor­tante. Après Sound Of Sil­ver, mon sec­ond album, j’avais des affaires per­son­nelles à régler et j’ai pris une année sab­ba­tique. Quand je suis retourné en stu­dio, autour de moi tout le monde était nerveux, le label trou­vait que j’avais passé trop de temps sans rien faire. Mais à la fin de 2009, les jour­nal­istes ont placé Sound Of Sil­ver par­mi les meilleurs albums de la décen­nie écoulée. Soudain, il a été con­sid­éré comme un grand disque alors que ce n’était pas du tout le cas quand il est sor­ti. Il ne s’est pas très bien ven­du, même si les gens l’ont aimé, mais ce n’était pas Ok Com­put­er ! Mais qua­tre ans plus tard, c’est devenu un gros disque. Quand l’album suiv­ant This Is Hap­pen­ing a débar­qué, nous étions plus gros que lorsque nous avions com­mencé à l’enregistrer. On a eu de la chance ! Et main­tenant je dis que je ne veux plus faire LCD, qu’on arrête, et puis on décide de revenir et tout le monde est plus excité que jamais. C’est très étrange. D’autant plus qu’aujourd’hui, nous allons jouer sur scène devant des gens qui ne nous ont jamais vus. Rien de tout ça n’était plan­i­fié.

… La suite à retrou­ver en kiosque ! 

Tsu­gi 105, disponible en kiosque dès le 9 sep­tem­bre, avec LCD Soundsys­tem en cou­ver­ture, mais aus­si Ariel Pink en blind­test, une ren­con­tre avec Stef­fi, un por­trait de DAF, tout plein de chroniques, inter­views, sou­venirs de con­certs… Et un CD mixé par DJ Hell !

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