Le label français Jerry Horny déboule sur la scène electro les deux pieds en avant

Par­mi les pépites créa­tives nées du con­fine­ment, on peut désor­mais compter le nou­veau label français JERRY HORNY. Entre ghetto-tech et elec­tro, JERRY HORNY a dévoilé hier sa pre­mière com­pi­la­tion CAPITAL RISQUE vol­ume 1, une généreuse mix­ture de styles et d’artistes venus de toutes parts, de Paris à Berlin en pas­sant par Moscou ou Buenos Aires : DJ Frankie, Viewti­ful Joe, DJ これからの緊急災害 , DJ Mell G, For­eign Secu­ri­ty, et d’autres encore. Une com­pile de 19 morceaux à la hau­teur de la vidéo teas­ing qui nous promet­tait du bon son, certes, mais servi avec une esthé­tique norm­core dans un univers cocasse, par­o­di­ant la com­mu­ni­ca­tion du busi­ness facile à l’américaine, avec un clin d’œil à la séquence désor­mais culte de « la ques­tion, elle est vite répon­due ». Ren­con­tre avec Paul, Math­ieu, Ril­lette et Ange, les qua­tre copains rigo­los à l’origine du label.

Jer­ry Horny, c’est quoi l’histoire ?

Jer­ry Horny, c’est surtout une bande de qua­tre copains. Paul, Math­ieu, Ril­lette et Ange, fans de musique élec­tron­ique et de cul­ture rave. On avait tous envie d’ap­porter notre pierre à l’éd­i­fice, il a juste fal­lu que l’un de nous se chauffe à lancer l’im­pul­sion, « viens gros, on monte un label, t’es chaud ? ». Con­fine­ment aidant, on était tous beau­coup plus disponibles. On a tous gran­di à Bois-Colombes, l’équiv­a­lent de la Sil­i­con Val­ley française, en somme. Sauf Ril­lette, aka DJ Von Riu, notre growth hack­er, qui est Orléanais. Quand on l’a ren­con­tré, il a joué du DeFeKT et du Mor­phol­o­gy, et on a tout de suite com­pris qu’on allait faire du busi­ness avec lui. De plus, il nous fal­lait une réelle exper­tise dans le domaine de la prise de son et de vidéo, car les forces vives de la boîte n’é­taient pas assez qual­i­fiées pour cela, c’est donc tout naturelle­ment que Jean et Clo­vis ont rejoint l’aven­ture. Musi­cale­ment, on est très branchés elec­tro, break, UK garage, tout en ayant des bases plus divers­es telles que la tech­no, la house, le post-punk, et 1 000 autres styles.

Si on a pu le faire, c’est que c’est à la portée de tout le monde. Alors chauffez-vous et mon­tez vos labels !”

Vous vous posi­tion­nez où sur le spec­tre électronique ?

Notre appé­tence pour les musiques breakées, et leur côté à la fois généreux, groovy et ultra lourd, cor­re­spond à notre idée de la fête. D’au­tant que dans la ghetto-tech, il y a un côté hip-hop un peu kitsch et fun. On trou­ve ça cool de contre-balancer le côté élé­gant, non­cha­lant et dark de la tech­no en ware­house (qu’on adore aus­si) avec des sonorités plus « bon délire », tout en restant lourd et généreux en terme de BPM. C’est ce que Paul et Math­ieu, qui diri­gent le col­lec­tif de soirées Patates-Braves, essayent de créer dans leurs soirées. Des lieux accueil­lants, des line-ups ghetto-tech bien lourds et bien débiles, avec une générosité dans la scénographie.

C’est quoi cette com­pile de fou ? Qui sont les artistes ?

Pour notre pre­mière com­pile, on voulait vrai­ment créer quelque chose à base de DJ tools et de clubs-bangers. De la musique pour danser et faire danser. Nos artistes, c’est un mélange de copains parisiens (For­eign Secu­ri­ty, DJ Raven) et de DJ bookés aux soirées Patates Brave, notam­ment DJ Frankie et DJ これからの緊急災害. Mais la plu­part, ce sont des DJ qu’on a con­tac­tés via Insta­gram et Sound­Cloud. Inter­net a ce côté mag­ique qui nous a per­mis de ramen­er des Allemand·e·s, Anglais, Argentins, Brésiliens, Russ­es ou Aus­traliens. Jer­ry Horny, c’est presque comme une multi­na­tionale ! Blague à part, on était assez impres­sion­nés de la facil­ité avec laque­lle on a réu­ni tous ces super artistes. Si on a pu le faire, c’est que c’est à la portée de tout le monde. Alors chauffez-vous et mon­tez vos labels !

Com­ment crée-t-on un col­lec­tif post-COVID alors que les clubs n’ont pas rou­verts et que les teufs sont illégales ?

Pour l’in­stant, on se con­sacre surtout à faire con­naître nos com­piles. Je ne pense pas que l’achat ou la vente de musique soient impactés par la COVID-19, per­son­nelle­ment je n’ai jamais autant acheté de musique que pen­dant cette péri­ode [Ange, ndlr]. Mais, bien sûr, on a tous très envie de faire une release par­ty et d’autres soirées, dans des open-spaces ce serait fou ! Pour ça, on ver­ra en sep­tem­bre, et puis il y a des petits dance­floors privés qui se met­tent en place. À base de DJ locaux et en petit comité. D’ailleurs, les soirées à line-up local avec moins d’ef­fec­tif sont train de chang­er, et pas for­cé­ment pour le pire. Même si aujour­d’hui la scène bat de l’aile, il y a de nou­velles idées qui entrent dans les têtes. Si on ne peut pas book­er tout·e·s nos artistes, leurs tracks reten­tiront à nos soirées et ce sera génial quand même !

C’est quoi la suite ?

On est déjà en train de réfléchir à une deux­ième com­pile, cette fois avec un disque physique, ce serait extrême­ment cool. Comme on l’a évo­qué, on attend de voir ce qu’il se passe en sep­tem­bre pour fêter notre com­pile. Tout le monde est trop mignon avec nous et on reçoit plein de force, que ce soit de la part de nos artistes, de nos potes, du pub­lic, etc. On est soutenus par des chaînes de pre­mière comme Child­splay, Drill ou encore Bal­lacid et bien-sûr Tsu­gi ! Tout ça nous rend très ent­hou­si­astes et nous donne envie de bom­barder pour la suite.

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