©Charlotte Steppé

Le vrai Michel nous a fait une playlist que d’electro deep d’Europe de l’Est

Aujour­d’hui, entre rap et musique élec­tron­ique, il y a Michel. Le vrai Michel. À l’oc­ca­sion de son dernier album juste­ment inti­t­ulé Le vrai Michel 2, on a voulu en savoir plus sur son kiff qu’il étale sur ses instrus, l’elec­tro deep ou la hip-house (au choix) d’Eu­rope de l’Est.

Ces derniers temps, quand on demandait à la jeune généra­tion qui des artistes qu’elle écoute fait le mieux le pont entre rap et musique élec­tron­ique, on obte­nait par­fois une vari­a­tion à l’habituelle réponse Lay­low, un cer­tain Michel. Michel com­ment ? Peu importe puisque c’est le vrai Michel. Survête en tout temps, coupe au bol et mèche teinte sur le devant, lunettes de soleil de daron des années 90 sur le nez, Michel est peut-être un per­son­nage avant d’être un rappeur, même si côté punch­line il n’y aurait rien à redire (T’es qu’un click­os, un boloss, une vicos / On va t’cro­quer comme une chips, comme une Vico / Tu peux ren­tr­er chez papa, prends ton Oui­go / J’su­is sur l’bi­go, dans l’van avec huit go – sur “Racli”).

Le truc de Michel c’est de creuser le sil­lon de l’au­todéri­sion. Non, bar­rez ça, ce n’est pas vrai­ment de l’au­todéri­sion, mais plutôt l’as­suma­tion de tout ce qui lui plaît, sans vrai­ment se deman­der si c’est cool ou totale­ment ringard (mais, quand même, surtout ce qui est ringard). Tout est dans le prénom finale­ment : “Longtemps, en soirée, dire que je m’ap­pelle Michel, ça m’an­gois­sait presque, con­fi­ait le gosse des Hauts-de-France dans La Voix du Nord. Mais main­tenant je trou­ve ça cool.”

Dans cette zone floue entre do et don’t, c’est du côté de la hip-house d’Eu­rope de l’Est que Michel puise ses influ­ences pour cer­taines de ses instrus, et après la tra­ver­sée de son dernier album Le vrai Michel 2, de son rythme 4/4 et notam­ment sa col­lab­o­ra­tion avec l’artiste élec­tron­ique Vladimir Cauchemar, on ne peut s’empêcher d’y voir le spec­tre d’O-Zone tirant la langue. Et ça fait du bien parce que, merde, ça change un peu du tout-venant trap. Alors on en voulait encore sur cette “tex­ture elec­tro deep”, comme il le décrit, et donc le garçon nous a pré­paré une playlist de 11 tracks aux “kicks poin­tus” et aux “syn­thés 90’s”.

Je vous ai con­coc­té une playlist bien froide pour accom­pa­g­n­er vos nuits “calientes”. Il y a une majorité d’artistes d’Europe de l’Est (Eldzhey, Gre­bz, Nublu…) pour ceux qui aiment l’hiver et quelques his­paniques pour réchauf­fer vos petits cœurs ten­dres (Chico Blan­co, Soto Asa…). Le seul élé­ment qui relie le chaud et le froid, c’est cette tex­ture elec­tro deep qu’on retrou­ve dans chaque morceau. Des kicks poin­tus et des syn­thés 90’s qui, je l’espère, vont vous ravir. Mon morceau préferé : « Ik Zweer Het Je », et vous ?”

©Char­lotte Step­pé

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