©Sticky Fingers ©Thibault Bourdin

Live report : un samedi soir à Dream Nation, en direct de l’espace

Dream Nation avait d’emblée annon­cé la couleur en faisant trem­bler la veille, pour sa soirée d’ou­ver­ture, le sol béton­né du Bour­get. Les fes­ti­va­liers avaient pu digne­ment taper du pied et nav­iguer entre les trois dif­férentes scènes, retournées tout au long de la nuit par un pan­el déjà excep­tion­nel : Vital­ic, I Hate Mod­els, Maud Gef­fray, Rebekah, Pavel. K b2b Mayeul… Bref, de quoi lancer les hos­til­ités pro­pre­ment. Pour son deux­ième soir, la soirée a fait muer ses trois scènes en trois ambiances tech­no dif­férentes bien définies : trance, bass music et hard techno.

Cer­tains arrivent à la bourre en taxi, d’autres se pressent à la sor­tie du RER B. Teufeurs con­ver­tis, débu­tants en la matière ou fes­ti­va­liers aguer­ris, ils sont nom­breux à se ren­dre au fes­ti­val le plus tech­no de la ren­trée, où ils auront l’oc­ca­sion mag­ique de danser sur trois styles de musiques élec­tron­iques dif­férents. À tra­vers un Parc des Expo­si­tions du Bour­get trans­for­mé en rave géante, nous avons eu le plaisir de tournoy­er, pen­dant dix heures, entre les dif­férents stages du site. Bondis­sant d’un genre à un autre, sur le son de bass­es sur­voltées, envoyées à un vol­ume sonore réglé en mode réac­teur d’avion. 

Des autos-tamponneuses, des fusées et de la hard techno 

Indis­cutable­ment, le décor spa­tial et aérien du Bour­get se prê­tait aux vibes astronomiques qui se déver­saient des trois scènes, avec des fusées Ari­ane qui se fondaient par­faite­ment dans l’am­biance. Cette année, Dream Nation avait fait fort en pro­posant à Casu­al Gab­berz de pren­dre le con­trôle total de la pro­gram­ma­tion de la scène Tech­no to Hard. Pour cette occa­sion inédite, le quatuor le plus tur­bu­lent de la scène tech­no actuelle, nous a régalés en invi­tant de grands noms de la Hard tech­no. Comme Clouds, ou encore la queen Rebe­ka War­rior qui a tout de suite mis tout le monde d’ac­cord en envoy­ant un set bien effi­cace. Grâce à une scéno­gra­phie excep­tion­nelle, s’ap­parentant à une sorte de por­tail spatio-temporel vers les enfers, le final en toute bru­tal­ité d’Ophid­i­an suivi d’N‑Vitral n’en était que plus mythique.

 

Dream Nation

La red­outable scène tech­no to hard © Thibault Bourdin

 

Côtés drops vio­lents, on a égale­ment pu assis­ter à des cas­sages de nuques sur la scène bass music qui a envoyé, dix heures durant, des vibes entre drum et dub­step avec notam­ment Mid­night Tyr­tanosaurus et Funt­case. On a aus­si eu la chance d’as­sis­ter à un set envoû­tant des Aus­traliens Pen­du­lum, qui ont encore une fois prou­vé leur savoir-faire en matière de drum’n’bass. C’est d’ailleurs à cette occa­sion qu’on a croisé le chemin de per­son­nages fan­tas­magoriques, nymphes et guer­ri­ers venus d’ailleurs, aux cos­tumes scin­til­lants com­posés essen­tielle­ment de néons arc-en-ciel et de pail­lettes, per­chés sur des échas­s­es, à la queuleuleu, slalo­mant entre les fes­ti­va­liers. Ce genre de ren­con­tres inopinées, aux­quelles on ne s’at­tend pas du tout, ren­tre dans le cadre de la “nor­mal­ité” à Dream Nation. Le fes­ti­val avait égale­ment prévu un coin auto-tamponneuses qui a, sans sur­pris­es, fait sen­sa­tion et una­nim­ité. Ambiance fête foraine sous grosse musique tech­no et lumières mul­ti­col­ores, dans des mini-voitures con­duites pinte à la main par des humains euphoriques. Bon, à cinq euros les trois min­utes, ça fait vite mal au porte-monnaie. Ce qui ne nous a pas empêchés d’en faire trois fois dans la soirée et de beau­coup rire (la troisième fois, grâce à un jeton oublié à nos pieds par nos prédécesseurs).

Les créa­tures fan­tas­tiques de la Dream © Sticky Fingers

 

Une scène trance absol­u­ment hors du temps

Cette année, le fes­ti­val a fait la part belle à la trance. Et on l’en remer­cie du fond du cœur. Déjà bien sportive avec les sets enflam­més d’Omi­ki et Ran­ji, la soirée prend un autre tour­nant lorsque  Man­drago­ra laisse réson­ner ses pre­mières notes. Légende et représen­tant de la trance music depuis plusieurs années, Eduar­do Neto alias Man­drago­ra était évidem­ment celui que tout le monde s’est empressé d’aller voir à 1h du matin. Ce fou de la psy­trance aux références musi­cales mul­ti­ples, toutes plus orig­i­nales que les autres, a encore épaté par son sens du show. On a très vite eu le droit à des dingueries dont seul lui à le secret, à savoir un remix psy­trance de “Look At Me !”, célèbre hit du regret­té XXXTENTACION. Man­dragore oblige, le mex­i­cain nous a égale­ment délec­té de son fameux morceau Codéine, où on a eu le plaisir d’entendre Hermione Granger réciter les pro­priétés de la Man­dragore au pro­fesseur Chourave (prof de botanique de Poud­lard, pour celles et ceux qui n’ont pas les ref’). Le tout, BIEN ÉVIDEMMENT, accom­pa­g­né de visuels absol­u­ment dingues, avec notam­ment une man­dragore flu­o­res­cente qui se dan­dine sur les écrans géants. 

 

 

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Bref, on n’a même pas le temps de digér­er toutes ces infos que le prince de la trance Astrix prend le con­trôle des platines. Nos pass Presse nous per­me­t­tent de franchir les bar­rières pour se retrou­ver entre foule et scène. Le set psy­trance qu’on prend en pleine face n’en est que plus vio­lent, avec des bass­es plus bruts et un rythme exal­tant au pos­si­ble, qui fait sauter et hurler la foule à chaque drop. Parce que la pro­gram­ma­tion n’avait vis­i­ble­ment aucune inten­tion de nous laiss­er un min­i­mum de répit, on enchaîne direct avec Blas­toyz, qui a mag­nifique­ment fait bondir une foule de mil­liers de per­son­nes sous des lasers déchainés, grâce à ses drops et ses rythmes galopants. On a donc eu le plaisir de sauter dans tous les sens sur “Par­vati Val­ley et “Zoom (pro­duit d’ailleurs avec Ran­ji, qui jouait quelques heures plus tôt). Avec l’en­chaîne­ment cos­mique de l’I­tal­ien Gonzi et un clos­ing envoû­tant de Tala­m­as­ca en point d’orgue, l’in­croy­able scène trance de la Dream Nation 2022 nous aura bien fait voy­ager, remet­tant la psy­trance à sa juste place.

 

dream nation

La scène trance en feu
© Sticky Fingers

 

Un bilan donc ultra-positif pour un fes­ti­val qui ‑ça se sent- invite à célébr­er les musiques élec­tron­iques dans toute leur diver­sité. En pro­posant des artistes plus fous et tal­entueux les uns que les autres, appar­tenant à des courants dif­férents de la musique élec­tron­ique, la Dream Nation est apparue plus que jamais fédéra­trice. Et elle et nous a don­nés une vision stel­laire et tran­scen­dante du sens de la fête. 

Meilleur moment : vivre les sons d’As­trix en back­stage, tout en ser­rant la pince à une mascotte/princesse tech­no phos­pho­res­cente de deux mètres.

Pire moment : le lende­main, au moment de décou­vrir nos genoux criblés de bleus. La faute au bat­tle d’auto-tamponneuses.

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