Lone — Levitate

Extrait du numéro 93 de Tsu­gi (juin 2016)

La dernière fois qu’on a vu les courbes de vente de Beat­port par style, le break­beat raclait le bitume, bien en dessous de la trance et de la drum’n’bass. On trou­ve ça triste, et la bonne nou­velle du jour, c’est que Lone est d’accord avec nous. Galaxy Gar­den et Real­i­ty Test­ing, les deux derniers albums du pro­duc­teur anglais, finis­saient de définir un son qui tran­si­tait vers la house spa­tiale et futur­iste, sans jamais renier une cer­taine fil­i­a­tion à l’abstract hip-hop de ses débuts. Dès les pre­mières sec­on­des de Lev­i­tate, c’est du Lone qu’on entend. Les repères posés, Matt Cut­ler assume une sec­tion ryth­mique hyper breakée, qui rap­pelle les fan­tômes de Cut and Paste, voire de Grooverid­er pour le côté drum. Si la fran­chise Wipe­out n’était pas morte, on tuerait pour pilot­er un vais­seau de course au son de “Black Tail Was Heavy”, sorte d’écho mod­erne à un “Wind It Up” de The Prodi­gy. Si “Vapour Trail” et quelques autres restent dans le délire “house pour cos­mo­nautes” auquel il nous a habitués ces qua­tre dernières années, pour accepter Lev­i­tate, il fau­dra accepter de remon­ter dans le temps. Reste à savoir si la démarche de Lone est péd­a­gogique, hon­ori­fique ou réac­tu­al­isante… à défaut d’être mod­erne. Mais il serait dom­mage de boud­er son plaisir. (Math­ias Riquier)

Lev­i­tate (R&S/Modulor), sor­ti le 27 mai

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