© Marion Sammarcelli

🔊 Mac Declos x Nuits sonores x TGV INOUI : crĂ©er un track sur un Paris-Lyon

Les voilĂ  sur de bons rails. Afin d’encourager pub­lic et artistes Ă  priv­ilĂ©gi­er les voy­ages en train, notam­ment pour se ren­dre en fes­ti­val, Nuits sonores et TGV INOUI lan­cent un dĂ©fi Ă  un artiste : celui de com­pos­er un titre dans le train, le temps d’un tra­jet reliant Paris Ă  Lyon. Ils ont eu la bonne idĂ©e de pro­pos­er l’expĂ©rience Ă  Mac Dec­los, qui ne s’est pas fait prier. Tsu­gi l’a suivi dans ce challenge. 

Mac Declos

© Mar­i­on Sammarcelli

Lun­di, dĂ©but d’aprĂšs-midi Ă  Gare de Lyon. Sous les cli­quetis des roulettes de valis­es, au pays des hommes pressĂ©s, une grande sil­hou­ette Ă©lancĂ©e s’approche. VoilĂ  Mac Dec­los, l’une des derniĂšres recrues de Mama Told Ya, le label d’Anetha. Au fil de ses gigs remar­quĂ©s et de ses pro­duc­tions, il s’est rapi­de­ment fait un nom, notam­ment grĂące au trĂšs bon album Hard Work Always Pays Off sor­ti fin 2022. Jusqu’à devenir le vibrant tĂ©moin d’une nou­velle gĂ©nĂ©ra­tion de pro­duc­teurs, poussĂ©e par une Ă©nergie dĂ©bor­dante, une assur­ance dĂ©routante et un engage­ment assumĂ©. 

Sa musique est tan­tĂŽt club/dance­floor, tan­tĂŽt tech­no plus dure avec des touch­es house, ghet­to, hard groove ‑et par­fois mĂȘme trance. Le jeune DJ et pro­duc­teur Ă©tonne par son groove et par sa pas­sion dĂ©vo­rante pour l’expĂ©rimentation musi­cale. On bidouille, on tri­t­ure, bref on s’amuse. Alors Mac Dec­los ne recule pas devant les dĂ©fis. Au con­traire. Quand on lui pro­pose de se pro­duire en all night long, comme au RSO de Berlin pour un set de sept heures, il s’arme de fruits et de vit­a­mines –il con­somme peu d’alcool et un min­i­mum de sucres transformĂ©s- puis s’exĂ©cute, infati­ga­ble, pour faire danser les gens.

Pour toutes ces raisons, on com­prend que TGV INOUI et Nuits sonores l’aient con­tac­tĂ© pour rĂ©alis­er le savoureux dĂ©fi du jour : com­pos­er un track com­plet, le temps d’un tra­jet Paris-Lyon en TGV. On entre dans le train et Mac Dec­los s’installe. Un con­trĂŽleur Akai MIDIm­ix, un launch­pad et son ordi­na­teur, avec Able­ton lancĂ©. À la lumiĂšre d’une lampe bleue, lĂ  oĂč on lit (par­fois) ou qu’on regarde une sĂ©rie (le plus sou­vent), Mac Dec­los lui, va com­pos­er son prochain track.

 

Force Tranquille
Mal­grĂ© l’agitation et le tim­ing ser­rĂ© demandĂ© par Nuits sonores et TGV INOUI –env­i­ron deux heures entre Paris et Lyon‑, il sem­ble pais­i­ble: “je m’impose par­fois de com­pos­er pen­dant le voy­age, alors je ne suis pas trop stressĂ©. À un moment, j’é­tais sou­vent ‑voire toujours- meilleur dans le train qu’en stu­dio.” Le train dĂ©marre. “De toute façon, une heure me suf­fit” plaisante-t-il avant d’attaquer.
Mac Declos

© Mar­i­on Sammarcelli

Par oĂč et par quoi com­mencer ? De quoi on s’inspire ? “Quand je suis arrivĂ© dans le train, je me suis mis Ă  cĂŽtĂ© de la fenĂȘtre
 je voulais par­tir sur un truc un peu con­tem­platif, Ă©purĂ©, plus calme que d’habitude : pas for­cé­ment tech­no”. Alors sur le quai puis dans le train, il a enreg­istrĂ© toutes sortes de sons pour les incor­por­er plus tard Ă  sa musique. Ou du moins pour lancer des pistes. “Petite base de sound­scape, main­tenant je fais un clavier. On est dans le train et il fait beau
 Je vois bien un arpĂšge, en mineur pour le cĂŽtĂ© con­tem­platif.” Il con­tin­ue Ă  chercher, jusqu’à un “ah c’est pas mal ça!”. Evidem­ment, il com­pose au casque. Le mys­tĂšre reste donc entier pour les spec­ta­teurs. Mac Dec­los a sa basse et son syn­thĂ©, mais ne trou­ve pas de par­tie voix qui le sat­is­fasse. Il hĂ©site mĂȘme Ă  utilis­er celle de Nat­acha, notre ‘barista’ du jour sur ce Paris-Lyon, qui sort des hauts-parleurs.
La spontanéité comme maßtre-mot

© Mar­i­on Sammarcelli

Finale­ment, il se servi­ra d’une note vocale envoyĂ©e par une amie le matin-mĂȘme : une voix qui par­le en anglais avec un accent ger­manique. Par­fait. Les rayons de soleil s’immiscent dans la voiture. “Est-ce que je mets les ‘Sun­glass­es At Night’ ?” demande-t-il dans un rire, cer­taine­ment une rĂ©fĂ©rence au titre de Corey Hart et mĂȘme au “TGV remix” par Tiga
 Mac Dec­los con­nait ses clas­siques et sait les manier. En tout cas, on a tou­jours les deux pieds dans le thĂšme. Le temps file Ă  mesure que le TGV avale les kilo­mĂštres. Et Mac Dec­los reste fleg­ma­tique. Il enreg­istre, coupe des sĂ©quences, les allonge ou les sup­prime sans l’ombre d’une hĂ©si­ta­tion. Tout a l’air instinc­tif et bien rodĂ©. “La spon­tanĂ©itĂ© prime sur la longĂ©vitĂ©â€ assĂšne-t-il. “Quand l’idĂ©e me vient, je le fais direct et je colle Ă  la suite. Pas le temps de me deman­der si c’est bien.” D’un Ɠil extĂ©rieur, c’est mĂȘme bluffant. C’est ce qu’on appelle le work­flow (ou ‘flux de tra­vail’ en français), soit l’organisation d’une mĂ©th­ode de tra­vail qui revien­dra Ă  chaque fois, ce qui lui fera gag­n­er du temps et des rĂ©flex­es. Mac Dec­los sim­pli­fie : “c’est comme la recette d’un gĂąteau. Un quatre-quarts c’est beurre, farine, sucre et Ɠufs ; chez moi un morceau c’est drums, basse, une mĂ©lodie, une gamme, une voix”. La musique qu’il com­pose prend forme, on n’entend tou­jours pas le rĂ©sul­tat mais le pro­duc­teur, casque vis­sĂ© sur les oreilles, hoche de la tĂȘte et de la nuque: c’est tou­jours bon signe. Pour rester dans une mĂ©taphore culi­naire, la may­on­naise a l’air de pren­dre. L’artiste ne s’étire pour la pre­miĂšre fois qu’au bout d’une heure et demie : “on s’en sort bien les amis”. VoilĂ  c’est fini, Mac Dec­los va pou­voir peaufin­er, ajouter une mĂ©lodie sup­plé­men­taire, com­mencer le mixage


 

 

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Du raver au rail vert

Il s’offre mĂȘme le temps d’aller faire l’annonce d’arrivĂ©e du train, trans­mise directe­ment par les haut-parleurs. “Chers voyageurs ici Mac Dec­los, dans quelques instants nous arriverons en gare de
 Lyon (
) Avec TGV INOUI vous avez choisi le mode de trans­port le plus Ă©cologique pour le voy­age. N’oubliez pas de me retrou­ver au fes­ti­val Nuits sonores du 17 au 21 mai.” Con­trat rem­pli, le titre est ter­minĂ© dans le temps impar­ti. Il s’intitule ‘PART 6617â€Č, comme le numĂ©ro du train dans lequel il fut composĂ©. 

 

Mac Dec­los se dit recon­nais­sant, il remer­cie TVG INOUI et Nuits sonores pour l’invitation : out­re son rap­port Ă  la com­po­si­tion dans le train, c’est l’aspect Ă©cologique qui le touche par­ti­c­uliĂšre­ment. “Pour nous chez Mama Loves Ya, ça compte beau­coup : au niveau de ce qu’on mange, com­ment on se dĂ©place, du tri, du chauffage, des douch­es
 On y est atten­tifs et l’agence investit sur de nom­breux pro­jets”. Il veut, autant que pos­si­ble, rĂ©duire ses Ă©mis­sions en car­bone car en tant qu’artiste de musique Ă©lec­tron­ique, il est amenĂ© Ă  se dĂ©plac­er trĂšs sou­vent. Alors pour voy­ager, quel meilleur moyen que le train (0,4% du total des Ă©mis­sions de gaz Ă  effet de serre pro­duits par le trans­port, tout con­fon­du) ? “J’ai dĂ©jĂ  fait des Paris-Berlin en train, pen­dant huit heures, explique Mac Dec­los. Parce que j’avais la volon­tĂ© de le faire”. De quoi s’inspirer et sus­citer des envies ? 

Alors vous aus­si, pensez à vous déplac­er en train avec TGV INOUI pour vous ren­dre en fes­ti­val, notam­ment à Nuits sonores du 17 au 21 mai !

Mac Declos

© Mar­i­on Sammarcelli

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