Meilyr Jones — 2013

Extrait du numéro 90 de Tsu­gi (mars 2016)

Tous les albums sont per­son­nels et celui de Meilyr Jones n’échappe pas à la règle, mais la détourne allè­gre­ment. C’est une com­pi­la­tion, un recueil de mois, douze exacte­ment, un pour chaque morceau présent sur son pre­mier effort, 2013. Une année durant laque­lle le Gal­lois, ex-chanteur de Race Hors­es, a pris le temps de s’arrêter quelques semaines à Rome après avoir enchaîné tournées et ses­sions d’enregistrements. Il y a trou­vé l’inspiration, dans les musées, églis­es et autres mon­u­ments de la cap­i­tale ital­i­enne, ain­si que des matéri­aux bruts, comme ce poème réc­ité par une Ital­i­enne à la fin de “Fea­tured Artist”. Tout au long de 2013, la voix du Gal­lois, douce et timide, rap­pelle à la fois Stu­art Mur­doch (Belle & Sebas­t­ian) et Mor­ris­sey. Surtout, elle est sub­limée par les orches­tra­tions d’une trentaine de musi­ciens, par­mi lesquels on compte un harpiste, un haut­boïste ou encore un clavecin­iste… Un tra­vail d’orfèvre, par­ti­c­ulière­ment maîtrisé sur “Pas­sion­ate Friend”. Si le jazz a réus­si son retour en grâce avec le hip-hop, le clas­sique tient peut-être ici sa chance avec le rock indé. (Valentin Allain)

2013 (Moshi Moshi/PIAS), sor­ti le 18 mars.

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