Crédit : Synestesia - Alberto Chiariglione

Movement Torino : on a rendu visite à la petite soeur du festival de Détroit

Voilà main­tenant 20 ans que le fes­ti­val Move­ment célèbre la tech­no dans son berceau natal de Détroit. Et si le prochain week-end du Memo­r­i­al Day améri­cain et l’édition 2020 du fes­ti­val sont encore bien loin, il est donc facile de com­pren­dre pourquoi nous n’avons pas hésité un seul instant à aller pren­dre le pouls de sa petite sœur turi­noise un soir d’Halloween 2019.

Oui, vous avez bien lu : la petite sœur. Mais pas celle aux cheveux hou­blon­nés com­mandée dans un bar alors que vous auriez dû ren­tr­er il y a 2h, ni même la jeune fille timide qui se cache encore der­rière papa-maman. Non, ici il s’ag­it de celle rebelle, ent­hou­si­as­mée par ses 15 print­emps et envahie par une irrémé­di­a­ble envie de mon­tr­er au monde qu’elle a défini­tive­ment pris sa place à la table des grands.

Crédit : Syneste­sia — Davide Dus­nasco

Arrivé à l’entrée du site peu après l’ouverture, il n’y a pas foule, on passe donc les con­trôles de sécu­rité en quelques min­utes. On pénètre alors dans l’enceinte du bâti­ment pour décou­vrir deux énormes hangars de béton. Le pre­mier est décoré aux couleurs d’une mar­que de bois­son alcoolisée à base de plante et dont le cerf emblé­ma­tique trône fière­ment dans un coin de la salle, affichant une imposante taille de 2,80m au gar­rot. De l’autre côté, une scène ornée d’une dizaine de grands car­rés lumineux dif­fuse le set de Jon­ny & Travis dont les sonorités tech-house sont portées par des bass­es déjà très lour­des. Il est 21h45 et ça claire­ment ça frappe bien fort.

Dans le sec­ond hangar les murs ont aus­si com­mencé à trem­bler avec Amélie Lens qui entame son mix devant une foule désor­mais nom­breuse et com­pacte. Ici, c’est le logo Seat qui s’est fait une place rel­a­tive­ment dis­crète dans les coins supérieurs de la scéno­gra­phie. Les ama­teurs d’histoire auto­mo­bile apprécieront d’ailleurs la douce ironie de la sit­u­a­tion, l’usine accueil­lant l’événement n’étant autre qu’une anci­enne fab­rique Fiat. Scène Tech­no oblige, la foule se sert devant les enceintes et entre les six piliers de béton qui ornent ce sec­ond dance­floor, don­nant à cette salle des airs de gigan­tesque bunker en pleine rave par­ty. L’atmosphère s’intensifie rapi­de­ment, tant et si bien que très vite réson­nent UR, “The Bells” et autres SRVD remix du “Anoth­er Club” de Radio Slave. Il est 00h et l’ambiance ravageuse pro­posée par la DJ belge a con­quis le pub­lic.

Crédit : Syneste­sia — Alber­to Chiariglione

Après quelques allers-retours entre le bar, la zone fumeur et les toi­lettes, c’est sur le set d’Anas­ta­sia Kris­tensen que l’on se fixe. On échange avec les dif­férentes per­son­nes du pub­lic, dans l’ensemble assez jeune, et on com­prend vite qu’ici on fait la part belle à la tech­no lourde, abra­sive, tout en appré­ciant ces espaces de res­pi­ra­tions indis­pens­ables offerts par la mélodie. À vrai dire on s’en doutait un peu entre leur fer­veur façon Dom­i­na­tor Fes­ti­val et ces hood­ies Thun­der­dome et Enzyme Records aperçus au loin. Sur la pre­mière scène Michael Bibi ne fait pas non plus dans la den­telle. Sa tech-house se fra­casse directe­ment sur un pub­lic déchaîné, où désor­mais les sil­hou­ettes des danseurs se con­fondent et lais­sent place à une marée de bras et de têtes tous rivés vers les enceintes. On passera une dernière fois la tête dans la salle tech­no, pour danser avec Jamie Jones et Joseph Capriati et finale­ment quit­ter les lieux au moment où résonne une reprise du “The Under­ground” de Cele­da en mode tur­bine. Il est 5h et 10000 per­son­nes ont fait de l’édition 2019 du Move­ment Tori­no un sold-out bien mérité. Espérons que les prochaines soient autorisées à accueil­lir plus de monde car vis­i­ble­ment la petite sœur s’est fait une belle et grande bande de potes !

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