Ø [Phase] : son dernier EP, sa vision de la techno et ses projets

Ven­dre­di dernier, le pro­duc­teur anglais Ø [Phase] offrait un nou­v­el EP chez Token Records, son label de prédilec­tion avec lequel il a sor­ti la plu­part de ses dis­ques dont Emer­gence, Moro­dem ou encore Bina­ry Oppo­si­tion. Le trois-titres Sub­merged Met­ro­pol­i­tain est fidèle à l’am­biance des pro­duc­tions d’Ash­ley Burchett, et aux émo­tions qu’elles pro­curent. En effet, les morceaux d’Ø [Phase] ont cette fac­ulté à vous trans­porter dans un autre univers, grâce à des détails sub­tils, de longues boucles stel­laires ou encore des rythmes syn­copés. On a souhaité ren­con­tr­er le pro­duc­teur afin de savoir qui se cachait der­rière ces titres mys­térieux.

Com­ment es-tu tombé amoureux de la tech­no ? Est-ce qu’il y a une soirée, un morceau, un artiste ?

C’est arrivé pro­gres­sive­ment. J’ai tou­jours aimé les sonorités de la musique élec­tron­ique, quand j’ai décou­vert la tech­no j’ai directe­ment plongé dedans. Les fêtes per­dues dans Lon­dres ont aus­si été une grande influ­ence.

Dans tes morceaux, tu joues avec la transe, grâce notam­ment à de longues boucles. Il y a tou­jours quelque chose de som­bre et trib­al. Qu’est-ce qui est si intéres­sant pour toi dans ce type de tech­no très pro­fonde et tran­scen­dan­tale ?

Per­son­nelle­ment, je dirais plutôt “sou­vent” que “tou­jours”. Pour moi, la tech­no est générale­ment plus une ques­tion de syn­cope, de mou­ve­ment et d’é­va­sion plutôt que de gros kicks et de notes de syn­thé vire­voltantes.

Tu n’as jamais voulu pro­duire des morceaux un peu plus joyeux ?

Cela dépend com­ment tu défi­nis le mot “joyeux”. Je ne con­sid­ère pas ma musique comme triste. Je ne peux pas dire que je suis intéressé par l’EDM.

La plu­part de tes pro­duc­tions sont hébergées sur Token : pourquoi ? 

Les sept pre­mières années j’ai édité mes prods en dehors de Token, j’ai inté­gré l’équipe seule­ment en 2007. On a partagé notre intérêt pour le développe­ment du label donc j’y suis resté au fur et à mesure qu’il gran­dis­sait.

Lorsque tu es en stu­dio, penses-tu à quelque chose en par­ti­c­uli­er, une per­son­ne, un moment, un sujet ?

Je pense un peu au dance­floor, mais aus­si aux choses qui m’in­téressent au moment de l’écri­t­ure. Pas exem­ple, je lisais un livre à pro­pos d’une ville noyée quand j’ai pro­duit mon dernier EP.

Les cou­ver­tures de tes dis­ques sont tou­jours très esthé­tiques, c’est quelque chose d’im­por­tant pour toi ? Qui est-ce qui les des­sine ?

Oui c’est très impor­tant. La plu­part du temps les art­works sont faits par Lies­beth Bon­ner. Les déci­sions finales vien­nent après délibéra­tions entre le label et moi.

Quels ont été tes instru­ments pour ce nou­veau disque ? 

Quelques syn­thés, quelques sam­ples et une boîte à rythmes.

Après cet EP tu as d’autres pro­jets ? Un album, un bande son …

Depuis le lance­ment du live show Ø [Phase],  j’ai une bonne tournée à faire cette année. Je tra­vaille déjà sur pas mal de morceaux ain­si qu’un remix, mais pour l’in­stant je n’ai pas de pro­jet de long for­mat. Il vien­dra quand il vien­dra.

Est-ce qu’il y a des artistes avec lesquels tu aimerais col­la­bor­er ? Pro­duire ou jouer avec ?

La col­lab­o­ra­tion m’in­téresse, il y aura d’ailleurs quelques annonces les mois prochains à pro­pos de cela.

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