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© Remi Ferrante Hartman
26 septembre 2022

đŸŽ™ïž Parcels : « Depuis quelques mois, on n’Ă©coute que de la musique Ă©lectronique »

par Corentin Fraisse

Les Australiens de Parcels Ă©taient de retour pour une tournĂ©e estivale qui les a menĂ©s dans les festivals français, en passant par Cabaret Vert et Rock en Seine. Ils y ont prĂ©sentĂ© un live lumineux, pensĂ© comme un set house. C’est lĂ , Ă  St Cloud, qu’on a pu discuter avec une partie de Parcels sous le soleil. Rencontre avec Anatole « Toto » Serret (batterie, percus) et Patrick Scott Hetherington (claviers, guitare, chant).

 

Comment vous vous sentez, qu’est-ce que ça fait d’ĂȘtre retour Ă  Paris 4 ans plus tard ? 

Patrick : C’Ă©tait vraiment un show spĂ©cial, la derniĂšre fois qu’on est venus. J’en garde de trĂšs bons souvenirs, une sensation de bien-ĂȘtre. Trop content d’ĂȘtre de retour !

Anatole : Oui et vraiment hĂąte, on a le meilleur crĂ©neau sur la plus grosse scĂšne. Ça va ĂȘtre trop bien, mais je suis entre excitation et nervositĂ© !

 

Je vous ai dĂ©jĂ  vus jouer cet Ă©tĂ©, et dans votre set vous reprenez « I Follow Rivers » de Lykke Li. D’oĂč ça vient ?

Anatole : On la joue depuis peu de temps, et c’est venu d’un bƓuf. On Ă©tait en train de jouer une de nos chansons qui s’apparente pas mal Ă  un track dance : « Reflex ». Et pendant une session, vu que les accords se ressemblent, j’ai plaquĂ© les accords sur le rythme de « I Follow Rivers ». Ça nous a fait marrer, on s’est tous mis Ă  chanter… En fait c’est souvent comme ça que ça marche chez nous, pour les reprises. On s’est dit « Ok on le fait ! » À chaque fois on prend vraiment du plaisir, c’est une super chanson.

 

C’est aussi pour que le public chante (ou plutĂŽt gueule) avec vous ?

Anatole : (rires) Exactement ! C’est parfait pour les festivals.

 

L’EP Day/Night Remixed est sorti en fin d’Ă©tĂ©, avec des remixes de Parcels par Folamour, Gaspard AugĂ© et Victor Le Masne, Manqo et The Reflex. Vous pouvez nous en parler ?

Patrick : C’est marrant comme process, mĂȘme si on n’a pas trop Ă©tĂ© impliquĂ© dedans. On aime l’idĂ©e d’entendre l’interprĂ©tation de notre musique par d’autres artistes, leur propre vision, surtout avec la musique dance. Parce qu’en ce moment on est vraiment trĂšs TRÈS inspirĂ©s par ce genre. Dans cet album on rĂ©flĂ©chissait davantage, on Ă©tait sur des orchestrations trĂšs cinĂ©matiques etc. J’adore voir d’autres artistes mettre leur petite touche dance sur nos morceaux. Par exemple, t’as Ă©coutĂ© le remix de Gaspard JarriveĂ direlenom [[en effet, « Gaspard Augé » pour un Australien, ça peut ĂȘtre compliquĂ© niveau prononciation, ndlr]] ? Gaspard de Justice quoi. Parce que nous on l’a adorĂ©, vraiment !

 

On voit que vous avez fait un travail sur les transitions, tout semble pensé comme un set house. Vous vous inspirez de la musique électronique ?

Anatole : Depuis quelques mois, je n’Ă©coute que de la musique Ă©lectronique, exclusivement ça. Et c’est trĂšs inspirant pour un live set ! Le fait que le son ne s’arrĂȘte jamais vraiment, mais aussi l’art de la transition entre les morceaux et les mĂ©langes qui s’opĂšrent. Et tu n’es jamais vraiment sĂ»r de oĂč et quand termine une chanson, et quand la suivante a commencĂ©… C’est trĂšs inspirant et Ă©videmment, tout ça vient de la musique Ă©lectronique. J’ai l’impression que les DJs ont Ă©tĂ© des pionniers lĂ -dedans.

 

Qui tu écoutes en ce moment ? 

Anatole : J’Ă©coute Ă©normĂ©ment les premiers gros noms de Detroit, Jeff Mills, Robert Hood, Richie Hawtin… C’est marrant quand tu commences Ă  digger ce qu’ont fait ces pionniers. J’Ă©coute leur musique, et j’Ă©coute des interviews d’eux. Ils parlent d’autres artistes, que forcĂ©ment je vais Ă©couter. Et ces artistes Ă©voquent d’autres noms, et ainsi de suite. Plus tĂŽt dans notre carriĂšre, on avait dĂ©jĂ  eu la mĂȘme dĂ©marche avec le jazz, avec le disco des annĂ©es 70… Je me sens comme un Ă©tudiant, un Ă©lĂšve assidu ! Mais je sens que je suis au tout tout dĂ©but de la dĂ©marche, je m’en rends compte quand je vais chez un disquaire… Pu***n il y a tellement de noms, j’aimerais toujours connaĂźtre plus de choses. C’est vraiment comme un programme de recherche trĂšs acadĂ©mique, et en mĂȘme temps trĂšs personnel (rires)

 

Pour revenir Ă  l’album, on y retrouve encore la notion de dualitĂ©, qui vous suit depuis les dĂ©but. Est-ce que les opposĂ©s inspirent le projet Parcels ? 

Patrick : ComplĂštement! L’idĂ©e de l’album est venue d’une volontĂ©, d’ĂȘtre capable de faire des choses diffĂ©rentes, de ne pas bloquer sur un seul son ou une seule maniĂšre de faire… D’ĂȘtre capables de nous diviser en plusieurs facettes. C’Ă©tait trĂšs excitant. Et oui, le concept de dualitĂ© et de contrastes, c’est la base, les racines du groupe. Et ça l’a toujours Ă©tĂ© ! Notre musique vient souvent d’un endroit trĂšs personnel… Tu vois, certaines paroles naissent de situations difficiles, de moments durs et trĂšs personnels. Mais ensuite ça passe par le groupe et par nos rĂ©pĂ©titions, oĂč on s’amuse beaucoup, oĂč on fait beaucoup de choses ensemble, oĂč on rigole pour faire de la musique. C’est lĂ  que le contraste prend forme, et il y a cette idĂ©e du dualitĂ© dans tout ce qu’on fait.

 

Laquelle de vos chansons rĂ©sume le mieux ce qu’est Parcels aujourd’hui ? L’identitĂ© du groupe.

Patrick : J’ai l’impression qu’on est dĂ©jĂ  passĂ©s Ă  autre chose, notre identitĂ© a changĂ© depuis cet album. On avance trop vite haha.

Anatole : Est-ce qu’il y a une chanson sur le fait d’avancer vite, ou sur le changement ? (…mini pause rĂ©flexion) « Free » ?

 

Patrick : Ça me semble pas mal oui ! Surtout quand on regarde les paroles, ça fait sens.

Anatole : C’est l’idĂ©e d’ĂȘtre libres, dĂ©barrassĂ©s de toute Ă©tiquette… Simplement pouvoir ĂȘtre nous-mĂȘme. Et changer, ça fait partie de nos identitĂ©s.

 

Un artiste / un projet que vous avez aimé récemment, et que vous voudriez partager avec nous ? 

Anatole : Julia Jacklin a sorti un nouvel album. Ça s’appelle PRE PLEASURE et c’est incroyable. J’ai rĂ©alisĂ© Ă  quel point j’Ă©tais impatient de l’Ă©couter, Julia est l’une des seules artistes dont je scrute chaque sortie. Et je crois que Arctic Monkeys prĂ©pare un nouvel album, hĂąte de l’entendre! Pour voir s’ils ont changĂ© et dans quelle direction ils vont.

Patrick : Ah il y a ce groupe de Berlin, The Zenmenn. Ils ont un album trĂšs ambient, trĂšs groovy, trĂšs mignon. Je vous conseille d’y jeter une oreille, surtout pour une ambiance dĂ©tente.

 

Ok, je n’ai jamais rĂ©ussi Ă  trouver une rĂ©ponse convenable Ă  cette question mais… Pourquoi les titres de vos chansons sont Ă©crits sans espace entre les mots ?

Anatole : C’est simple, ça a commencĂ© avec un clavier cassĂ©. La touche espace ne fonctionnait plus sur le clavier de Pat. Et on en a fait quelque chose de conceptuel! J’aime penser que de cette maniĂšre on crĂ©e de nouveaux mots, on leur donne une autre forme.

 

Dans le dernier album de Parcels, il y a une chanson intitulée « Famous » : quel est votre rapport au succÚs et à la célébrité ?

Anatole : On a plus d’interviews qu’avant ! (Je plaisante) Plus on grossit, plus j’essaie d’Ă©viter la cĂ©lĂ©britĂ© en fait. Et ça devient nĂ©cessaire de couper entre ma vie perso loin de Parcels, et ma vie avec le groupe.

Patrick : Je pense que le succĂšs est toujours dĂ©sirable. Mais il y a une diffĂ©rence entre le succĂšs et la cĂ©lĂ©britĂ©. Je pense qu’on sait tous Ă  quel point ce jeu-lĂ  est creux. On est forcĂ©ment en quĂȘte de reconnaissance en tant que personne. En tant que groupe, ce qu’on veut c’est que le public apprĂ©cie notre musique. Et c’est un sentiment merveilleux quand il nous le rend !

Anatole : Tu penses pas que l’un dĂ©coule de l’autre ? Je pense comme toi, ça fait du bien d’ĂȘtre reconnu pour ta musique, mais que ce soit succĂšs ou cĂ©lĂ©britĂ©, c’est le mĂȘme point de dĂ©part.

Patrick : Je pense qu’il y a une forme de vacuitĂ© si tu travailles pour la gloire, pour la cĂ©lĂ©britĂ©, si c’est ton seul objectif. Tu vois? Tout est dans l’intention. Si tu bosses en faisant la musique que tu aimes, parce que tu la ressens, parce que tu veux faire de la musique cool et que dans un second temps le public l’apprĂ©cie, lĂ  ça n’est pas creux.

Anatole : Je suis d’accord mais… Imagine un autre… Non laisse tomber, je vais trop loin (rires)

Patrick : Et ça va faire beaucoup à transcrire (rires)

 

DerniĂšre question, vous allez avoir le temps d’aller voir des concerts aujourd’hui ?

Anatole : Carrément, on a trÚs envie de voir Nu Genea. Et ils jouent dans 5 minutes !

 

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Parcels passe par Paris et sera en concert au ZĂ©nith Paris-La Villette samedi 2 octobre ! Prenez vos places ici.

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