© Remi Ferrante Hartman

đŸŽ™ïž Parcels : “Depuis quelques mois, on n’écoute que de la musique Ă©lectronique”

Les Aus­traliens de Parcels Ă©taient de retour pour une tournĂ©e esti­vale qui les a menĂ©s dans les fes­ti­vals français, en pas­sant par Cabaret Vert et Rock en Seine. Ils y ont prĂ©sen­tĂ© un live lumineux, pen­sĂ© comme un set house. C’est lĂ , Ă  St Cloud, qu’on a pu dis­cuter avec une par­tie de Parcels sous le soleil. Ren­con­tre avec Ana­tole “Toto” Ser­ret (bat­terie, per­cus) et Patrick Scott Het­her­ing­ton (claviers, gui­tare, chant).

 

Com­ment vous vous sen­tez, qu’est-ce que ça fait d’ĂȘtre retour Ă  Paris 4 ans plus tard ? 

Patrick : C’é­tait vrai­ment un show spé­cial, la derniĂšre fois qu’on est venus. J’en garde de trĂšs bons sou­venirs, une sen­sa­tion de bien-ĂȘtre. Trop con­tent d’ĂȘtre de retour !

Ana­tole : Oui et vrai­ment hĂąte, on a le meilleur crĂ©neau sur la plus grosse scĂšne. Ça va ĂȘtre trop bien, mais je suis entre exci­ta­tion et nervositĂ© !

 

Je vous ai dĂ©jĂ  vus jouer cet Ă©tĂ©, et dans votre set vous reprenez “I Fol­low Rivers” de Lykke Li. D’oĂč ça vient ?

Ana­tole : On la joue depuis peu de temps, et c’est venu d’un bƓuf. On Ă©tait en train de jouer une de nos chan­sons qui s’ap­par­ente pas mal Ă  un track dance : “Reflex”. Et pen­dant une ses­sion, vu que les accords se ressem­blent, j’ai plaquĂ© les accords sur le rythme de “I Fol­low Rivers”. Ça nous a fait mar­rer, on s’est tous mis Ă  chanter
 En fait c’est sou­vent comme ça que ça marche chez nous, pour les repris­es. On s’est dit “Ok on le fait !” À chaque fois on prend vrai­ment du plaisir, c’est une super chanson.

 

C’est aus­si pour que le pub­lic chante (ou plutĂŽt gueule) avec vous ?

Ana­tole : (rires) Exacte­ment ! C’est par­fait pour les festivals.

 

L’EP Day/Night Remixed est sor­ti en fin d’étĂ©, avec des remix­es de Parcels par Folam­our, Gas­pard AugĂ© et Vic­tor Le Masne, Man­qo et The Reflex. Vous pou­vez nous en parler ?

Patrick : C’est mar­rant comme process, mĂȘme si on n’a pas trop Ă©tĂ© impliquĂ© dedans. On aime l’idĂ©e d’en­ten­dre l’in­ter­pré­ta­tion de notre musique par d’autres artistes, leur pro­pre vision, surtout avec la musique dance. Parce qu’en ce moment on est vrai­ment trĂšs TRÈS inspirĂ©s par ce genre. Dans cet album on rĂ©flĂ©chis­sait davan­tage, on Ă©tait sur des orches­tra­tions trĂšs ciné­ma­tiques etc. J’adore voir d’autres artistes met­tre leur petite touche dance sur nos morceaux. Par exem­ple, t’as Ă©coutĂ© le remix de Gas­pard Jar­riveĂ dire­lenom [[en effet, “Gas­pard AugĂ©â€ pour un Aus­tralien, ça peut ĂȘtre com­pliquĂ© niveau pronon­ci­a­tion, ndlr]] ? Gas­pard de Jus­tice quoi. Parce que nous on l’a adorĂ©, vraiment !

 

On voit que vous avez fait un tra­vail sur les tran­si­tions, tout sem­ble pen­sĂ© comme un set house. Vous vous inspirez de la musique Ă©lectronique ?

Ana­tole : Depuis quelques mois, je n’é­coute que de la musique Ă©lec­tron­ique, exclu­sive­ment ça. Et c’est trĂšs inspi­rant pour un live set ! Le fait que le son ne s’ar­rĂȘte jamais vrai­ment, mais aus­si l’art de la tran­si­tion entre les morceaux et les mĂ©langes qui s’opĂšrent. Et tu n’es jamais vrai­ment sĂ»r de oĂč et quand ter­mine une chan­son, et quand la suiv­ante a com­mencé  C’est trĂšs inspi­rant et Ă©videm­ment, tout ça vient de la musique Ă©lec­tron­ique. J’ai l’im­pres­sion que les DJs ont Ă©tĂ© des pio­nniers lĂ -dedans.

 

Qui tu Ă©coutes en ce moment ? 

Ana­tole : J’é­coute Ă©nor­mé­ment les pre­miers gros noms de Detroit, Jeff Mills, Robert Hood, Richie Hawtin
 C’est mar­rant quand tu com­mences Ă  dig­ger ce qu’ont fait ces pio­nniers. J’é­coute leur musique, et j’é­coute des inter­views d’eux. Ils par­lent d’autres artistes, que for­cé­ment je vais Ă©couter. Et ces artistes Ă©vo­quent d’autres noms, et ain­si de suite. Plus tĂŽt dans notre car­riĂšre, on avait dĂ©jĂ  eu la mĂȘme dĂ©marche avec le jazz, avec le dis­co des annĂ©es 70
 Je me sens comme un Ă©tu­di­ant, un Ă©lĂšve assidu ! Mais je sens que je suis au tout tout dĂ©but de la dĂ©marche, je m’en rends compte quand je vais chez un dis­quaire
 Pu***n il y a telle­ment de noms, j’aimerais tou­jours con­naĂźtre plus de choses. C’est vrai­ment comme un pro­gramme de recherche trĂšs acadĂ©mique, et en mĂȘme temps trĂšs per­son­nel (rires)

 

Pour revenir Ă  l’al­bum, on y retrou­ve encore la notion de dual­itĂ©, qui vous suit depuis les dĂ©but. Est-ce que les opposĂ©s inspirent le pro­jet Parcels ? 

Patrick : Com­plĂšte­ment! L’idĂ©e de l’al­bum est venue d’une volon­tĂ©, d’ĂȘtre capa­ble de faire des choses dif­fĂ©rentes, de ne pas blo­quer sur un seul son ou une seule maniĂšre de faire
 D’ĂȘtre capa­bles de nous divis­er en plusieurs facettes. C’é­tait trĂšs exci­tant. Et oui, le con­cept de dual­itĂ© et de con­trastes, c’est la base, les racines du groupe. Et ça l’a tou­jours Ă©tĂ© ! Notre musique vient sou­vent d’un endroit trĂšs per­son­nel
 Tu vois, cer­taines paroles nais­sent de sit­u­a­tions dif­fi­ciles, de moments durs et trĂšs per­son­nels. Mais ensuite ça passe par le groupe et par nos rĂ©pĂ©ti­tions, oĂč on s’a­muse beau­coup, oĂč on fait beau­coup de choses ensem­ble, oĂč on rigole pour faire de la musique. C’est lĂ  que le con­traste prend forme, et il y a cette idĂ©e du dual­itĂ© dans tout ce qu’on fait.

 

Laque­lle de vos chan­sons rĂ©sume le mieux ce qu’est Parcels aujour­d’hui ? L’i­den­titĂ© du groupe.

Patrick : J’ai l’im­pres­sion qu’on est dĂ©jĂ  passĂ©s Ă  autre chose, notre iden­titĂ© a changĂ© depuis cet album. On avance trop vite haha.

Ana­tole : Est-ce qu’il y a une chan­son sur le fait d’a­vancer vite, ou sur le change­ment ? (
mini pause rĂ©flex­ion) “Free” ?

 

Patrick : Ça me sem­ble pas mal oui ! Surtout quand on regarde les paroles, ça fait sens.

Ana­tole : C’est l’idĂ©e d’ĂȘtre libres, dĂ©bar­rassĂ©s de toute Ă©ti­quette
 Sim­ple­ment pou­voir ĂȘtre nous-mĂȘme. Et chang­er, ça fait par­tie de nos identitĂ©s.

 

Un artiste / un pro­jet que vous avez aimĂ© rĂ©cem­ment, et que vous voudriez partager avec nous ? 

Ana­tole : Julia Jack­lin a sor­ti un nou­v­el album. Ça s’ap­pelle PRE PLEASURE et c’est incroy­able. J’ai rĂ©al­isĂ© Ă  quel point j’é­tais impa­tient de l’é­couter, Julia est l’une des seules artistes dont je scrute chaque sor­tie. Et je crois que Arc­tic Mon­keys pré­pare un nou­v­el album, hĂąte de l’en­ten­dre! Pour voir s’ils ont changĂ© et dans quelle direc­tion ils vont.

Patrick : Ah il y a ce groupe de Berlin, The Zen­menn. Ils ont un album trĂšs ambi­ent, trĂšs groovy, trĂšs mignon. Je vous con­seille d’y jeter une oreille, surtout pour une ambiance dĂ©tente.

 

Ok, je n’ai jamais rĂ©us­si Ă  trou­ver une rĂ©ponse con­ven­able Ă  cette ques­tion mais
 Pourquoi les titres de vos chan­sons sont Ă©crits sans espace entre les mots ?

Ana­tole : C’est sim­ple, ça a com­mencĂ© avec un clavier cassĂ©. La touche espace ne fonc­tion­nait plus sur le clavier de Pat. Et on en a fait quelque chose de con­ceptuel! J’aime penser que de cette maniĂšre on crĂ©e de nou­veaux mots, on leur donne une autre forme.

 

Dans le dernier album de Parcels, il y a une chan­son inti­t­ulĂ©e “Famous” : quel est votre rap­port au suc­cĂšs et Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© ?

Ana­tole : On a plus d’in­ter­views qu’a­vant ! (Je plaisante) Plus on grossit, plus j’es­saie d’éviter la cĂ©lĂ©britĂ© en fait. Et ça devient nĂ©ces­saire de couper entre ma vie per­so loin de Parcels, et ma vie avec le groupe.

Patrick : Je pense que le suc­cĂšs est tou­jours dĂ©sir­able. Mais il y a une dif­fĂ©rence entre le suc­cĂšs et la cĂ©lĂ©britĂ©. Je pense qu’on sait tous Ă  quel point ce jeu-lĂ  est creux. On est for­cé­ment en quĂȘte de recon­nais­sance en tant que per­son­ne. En tant que groupe, ce qu’on veut c’est que le pub­lic appré­cie notre musique. Et c’est un sen­ti­ment mer­veilleux quand il nous le rend !

Ana­tole : Tu pens­es pas que l’un dĂ©coule de l’autre ? Je pense comme toi, ça fait du bien d’ĂȘtre recon­nu pour ta musique, mais que ce soit suc­cĂšs ou cĂ©lĂ©britĂ©, c’est le mĂȘme point de dĂ©part.

Patrick : Je pense qu’il y a une forme de vacuitĂ© si tu tra­vailles pour la gloire, pour la cĂ©lĂ©britĂ©, si c’est ton seul objec­tif. Tu vois? Tout est dans l’in­ten­tion. Si tu boss­es en faisant la musique que tu aimes, parce que tu la ressens, parce que tu veux faire de la musique cool et que dans un sec­ond temps le pub­lic l’ap­pré­cie, lĂ  ça n’est pas creux.

Ana­tole : Je suis d’ac­cord mais
 Imag­ine un autre
 Non laisse tomber, je vais trop loin (rires)

Patrick : Et ça va faire beau­coup à tran­scrire (rires)

 

DerniĂšre ques­tion, vous allez avoir le temps d’aller voir des con­certs aujourd’hui ?

Ana­tole : Car­ré­ment, on a trĂšs envie de voir Nu Genea. Et ils jouent dans 5 minutes !

 

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Parcels passe par Paris et sera en con­cert au Zénith Paris-La Vil­lette same­di 2 octo­bre ! Prenez vos places ici.

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