Crédit photo : Julie Montel

Paris Electronic Week : une édition qui sent le renouveau

Du 25 au 29 sep­tem­bre, la Paris Elec­tron­ic Week reve­nait inve­stir la cap­i­tale avec sa sep­tième édi­tion. Au pro­gramme : cinq jours et cinq nuits dédiés aux musiques élec­tron­iques. Et la douce impres­sion d’une envie de faire bouger les choses.

15 con­férences, 40 inter­venants, 10 work­shops, 1 défilé, la Tech­no Parade et beau­coup (beau­coup) de soirées. Les chiffres par­lent d’eux-mêmes : la semaine allait être chargée.

Santé mentale, diversité et safe-space

Les trois pre­miers jours, réservés au salon pro­fes­sion­nel, pro­po­saient une cohorte de con­férences, d’ateliers et de work­shops au sein de la Gaîté Lyrique. Enfon­cés dans les fau­teuils jaunes de l’auditorium (fort con­fort­a­bles, il faut l’avouer), les pro­fes­sion­nels du milieu ont débat­tu de thé­ma­tiques aus­si var­iées que la san­té men­tale des artistes, l’avenir de la scéno­gra­phie, la fête immer­sive, les influ­enceurs ou encore les safe-space. L’un des sujets les plus mar­quants de cette édi­tion reste sans con­teste la diver­sité et l’inclusion.  Le jeu­di, une con­férence dédiée fai­saient débat­tre DJs et asso­ci­a­tions sur le sujet. Pour Mar­i­ana San­chotene, du fes­ti­val pro­fes­sion­nel Ams­ter­dam Dance Event, l’inclusion serait le moment où le vivre-ensemble sera naturel et où la diver­sité ne sera plus à penser en amont. Mais en atten­dant ce jour béni, que faire ?

Ébauche de réponse le ven­dre­di, dernier jour des con­férences, avec la dis­cus­sion lancée autour des safe-space, ces espaces où la sécu­rité doit être effec­tive à 100% pour les per­son­nes habituelle­ment mar­gin­al­isées (comme partout, nous direz-vous). Elodie Vital­is, la jour­nal­iste qui ani­mait la con­férence, intro­dui­sait d’ailleurs le sujet de la sorte : “Pourquoi sommes-nous oblig­és de par­ler de ça aujourd’hui?”. De leur côté, les haters pour­raient être ten­tés de cri­ti­quer : la Paris Elec­tron­ic Week se contente-t-elle de surfer sur les sujets “in” ? Au con­traire. Les débats étaient autant de sujets socié­taux prég­nants alors que “plus d’une femme sur deux a déjà été vic­time de vio­lences dans un espace fes­tif” d’après Domi­t­ille Reveau de Con­sen­tis, l’association du savoir-être en club. 

Crédit pho­to : Julie Mon­tel

« Chaque événement consacré aux musiques et cultures électroniques a son importance »

Et la fête dans tout ça ? Au-delà des talks, la PEW s’attache à organ­is­er divers événe­ments poin­tus tout au long de l’événement. Tout d’abord avec les soirées du “in” (Darza­ck, u.r.trax, Claude Mur­der et Spiel au Sacré le mer­cre­di, Dj Deep, Ben Vedren et Lowris au Yayoku le same­di…) mais aus­si celles du “out” (Beat Grafters w/ Sik­dope au Rex Club le jeu­di, Roman Flügel et Ele­na Colom­bi au Bad­aboum le ven­dre­di, Open Air de Make It Deep à la Prairie du Canal le same­di…). Sans oubli­er l’un des piliers de l’événement : la Tech­no Parade. Pour mar­quer cette 21ème édi­tion, plusieurs dizaines de mil­liers de par­tic­i­pants étaient réu­nis pour danser au rythme des dif­férents chars, mais égale­ment pour ren­dre hom­mage à Steve Caniço, le fes­ti­va­lier nan­tais décédé le soir de la fête de la musique. Le mot d’ordre, “Dan­sons pour Steve”, a été respec­té à la let­tre. Dix chars et leurs sound-systems ont bat­tu le pavé. Avec une pre­mière : celui de l’Institut du Monde Arabe. Et une belle danse de Jack Lang sur celui de la SACEM en bonus. 

Moins fla­grant en ter­mes de nom­bre de par­tic­i­pants mais peut-être plus intriguant, un défilé avait lieu au pre­mier étage de la Gaîté Lyrique le ven­dre­di en fin d’après-midi. Fash­ion Week oblige ! Co-organisé par les col­lec­tifs MYST et Nou­velle Vogue, il rendait hom­mage au mou­ve­ment Club Kids et rassem­blait « toutes les plus envoû­tantes des créa­tures noc­turnes ». Le pub­lic était au rendez-vous, sage­ment répar­ti tout au long de la salle de tra­vail de la Gaîté, entre les étu­di­ants ou free-lance con­cen­trés sur leurs ordi­na­teurs. Les man­nequins, apparu(e)s depuis les march­es et marchant tout autour de l’étage, repre­naient les looks du monde de la nuit new-yorkaise des années 80 : long drapé de nymphe, muselière à car­reaux, pein­tures sur le vis­age, corset vert…  Mau­vais Genre, du col­lec­tif MYST, nous racon­tait après le show : « Chaque événe­ment con­sacré aux musiques et cul­tures élec­tron­iques a, à son échelle, son impor­tance. C’est tou­jours trop peu représen­té pos­i­tive­ment et intel­ligem­ment ! ». Pein­ture bleue sur le vis­age pen­dant le défilé, il rajoute : « Les Club Kids font par­tie de l’histoire cul­turelle des clubs et du milieu queer, qui a grande­ment par­ticipé à l’évolution de ce milieu. C’était autant absurde que poli­tique. » Le signe que le monde de la nuit dépasse les fron­tières, et que la PEW l’a bien com­pris.

Crédit pho­to: Julie Mon­tel

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